17 octobre 1995, Koen De Vleeschauwer assiste au premier but en Coupe de l'UEFA de Francesco Totti. " L'AS Rome allait beaucoup plus vite que nous (4-0), mais en jouant ce match, je me suis dit : " Godverdomme, regarde ce que tu as fait ! ", se souvient celui qui défend alors les couleurs de l'Eendracht Alost. Trois ans auparavant, Koen évoluait encore en P1 avec Zottegem. Il est alors loin de s'imaginer une carrière de footballeur pro et préfère arroser ses week-ends avec des potes sans trop se soucier du match du dimanche.
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17 octobre 1995, Koen De Vleeschauwer assiste au premier but en Coupe de l'UEFA de Francesco Totti. " L'AS Rome allait beaucoup plus vite que nous (4-0), mais en jouant ce match, je me suis dit : " Godverdomme, regarde ce que tu as fait ! ", se souvient celui qui défend alors les couleurs de l'Eendracht Alost. Trois ans auparavant, Koen évoluait encore en P1 avec Zottegem. Il est alors loin de s'imaginer une carrière de footballeur pro et préfère arroser ses week-ends avec des potes sans trop se soucier du match du dimanche. Après des études secondaires en option scientifique, Koen avait tenté l'université. " En fait, j'y ai surtout profité de ma liberté ( rires). Ça a rendu mon père dingue, et il s'est empressé de m'envoyer à l'armée. " À sa sortie du camp militaire, vers 20 ans, le jeune homme combine alors un travail sur les toits avec son poste de médian à Zottegem. Tranquillement. Frappés par ses qualités physiques, plusieurs membres du club l'encouragent néanmoins à soigner quelque peu son hygiène de vie. Selon eux, il peut encore atteindre la D1. Deux ans plus tard, après un passage rapide par la D2 à Saint-Nicolas, De Vleeschauwer file à Alost avec qui il dispute la CE3 dans la foulée. Une évolution ultra rapide qui se poursuit à Mouscron, où le latéral droit dispute sept saisons pleines. " Je n'ai pas changé d'avis : au début de ce siècle, Mouscron produisait le meilleur football de Belgique. On n'avait pas peur de Bruges, de Genk ou d'Anderlecht...Il n'y avait peut-être pas de grands noms, au Canonnier, mais les joueurs se complétaientt bien : Vanderhaeghe le bosseur, Martic le relayeur, Tanghe efficace devant le but, Vidovic stable en défense avec sa patate... Et puis Hugo Broos, qui a formé un bon équilibre entre tous ces gars. " Régulier du top 6, l'Excelsior de Mouscron remplit alors son stade tous les quinze jours. " Je ne vais pas dire qu'ils étaient majoritaires, mais beaucoup de Flamands venaient encourager l'Excel. " La proximité des villes d'origine de Yves Vanderhaeghe, Stefaan Tanghe et Koen De Vleeschauwer, trois des favoris de l'équipe, a certes eu son importance. Le dimanche, après le décrassage, les joueurs mouscronnois repassaient d'ailleurs volontiers à la buvette pour papoter avec les fans. Heureux dans le Hainaut, De Vleeschauwer y découvre la deuxième grosse équipe festive de sa carrière. " Lors de la première saison d'Alost en D1, c'était toutes les semaines carnaval " dit-il. " C'est l'année où Gilles De Bilde a reçu le Soulier d'Or et où on a atteint la quatrième place. " Sans le savoir, notre homme n'était pourtant pas encore au sommet de sa carrière. Saison 2001-2002 : Mouscron atteint la finale de la Coupe de Belgique contre Bruges. Avec 38 matchs à son compteur, De Vleeschauwer est un pilier de l'équipe. À la même époque, le couloir droit des Diables Rouges n'est pas au mieux. Inquiétant en vue de la Coupe du Monde en Corée du Sud et au Japon. " Marc Degryse et plusieurs journalistes ont pris publiquement ma défense. Je pense que mon nom a circulé, j'y ai cru... mais je n'ai jamais reçu d'appel. " Ce même été, le latéral droit vit sa première frustration de joueur. En contact avec Genk, il est tout proche de rejoindre les Limbourgeois pour quatre saisons. Il se renseigne même pour une maison. " Puis Georges Leekens a débarqué au Canonnier et a voulu me garder. Le président Jean-Pierre Detremmerie a donc fixé mon prix à 45 millions de francs belges ( environ 1,1 million d'euros, ndlr). J'avais 31 ans, Genk n'allait évidemment jamais payer ça. " Passé à Roulers en 2005, Koen flambe complètement lors de sa deuxième saison sur place. Il s'offre le luxe de planter huit buts face, notamment, à Genk, Bruges et le Standard. " Mais ça ne s'est pas très bien passé avec le coach Dirk Geeraerd. Je pense que c'est parce que j'ouvrais trop ma gueule. " L'ancien mouscronnois rejoint alors Audenarde en D3 et se met à la recherche d'un autre emploi. " Via une connaissance, j'ai rejoint Cortina, qui venait tout juste de racheter la marque Patrick. " Dès le départ, De Vleeschauwer se met à la recherche de magasins-clients à travers toute la Belgique, puis le Luxembourg et les Pays-Bas. Désormais, il voyage même en Norvège, Suède et Pologne pour sonder les clients au gros potentiel. " La marque se porte bien : on travaille avec Zulte Waregem, les arbitres belges, l'En Avant Guingamp... On joue pas mal sur notre héritage : quand j'étais gamin, je jouais déjà avec les mêmes chaussures Patrick que Giresse et Platini. " En dix ans, l'ancien pro a grimpé dans la hiérarchie et est actuellement responsable des ventes. Il a même un pied dans les questions de marketing. " J'oeuvre à la mise en valeur de la marque. Naturellement, je ne crée pas : je n'ai qu'un passé de simple footballeur ", se marre-t-il. Comparé au foot, où la fatigue est principalement physique, c'est mentalement que le commercial accuse parfois le coup. " Il faut toujours justifier les chiffres, évoquer les marges et les prix alors qu'en tant que sportif, quand j'étais mort, c'est parce que je ne sentais plus mes jambes. Mais ici c'est une fatigue agréable. " Godverdomme, Koen, regarde ce que tu as fait !