À mi-chemin entre son Hainaut natal, où il revit aujourd'hui, et Liège, ville qui l'a vu éclore au plus haut niveau, Namur est le point de chute idéal pour rencontrer Jonathan Walasiak. " Il parait que c'est une jolie ville. Je n'ai jamais eu l'occasion de la visiter ", nous dira-t-il. Mais nous ne sommes pas là pour jouer les touristes. Aujourd'hui, on parle football avec Waly.
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À mi-chemin entre son Hainaut natal, où il revit aujourd'hui, et Liège, ville qui l'a vu éclore au plus haut niveau, Namur est le point de chute idéal pour rencontrer Jonathan Walasiak. " Il parait que c'est une jolie ville. Je n'ai jamais eu l'occasion de la visiter ", nous dira-t-il. Mais nous ne sommes pas là pour jouer les touristes. Aujourd'hui, on parle football avec Waly. " J'ai commencé le foot dans le club de mon village, à Tertre. Deux ans plus tard, j'ai atterri à Mons qui évoluait alors en D3. J'y suis resté 4 ans avant d'être repéré par le Standard ", se souvient-il devant un café chaud d'une célèbre chaîne américaine. " Les deux premières années, mon père faisait la route jusque Liège deux fois par semaine. Le Standard avait un partenariat avec un club de la région pour que nous puissions nous y entraîner car nous étions une dizaine du coin. " Sa formation sera une réussite puisque le jeune Rouche finira par émerger au sein du noyau A. " Au début, je faisais la navette entre les espoirs et l'équipe première. C'était avec TomislavIvic. C'est sous Michel Preud'homme que j'ai réellement été intégré à 100 % au noyau A. " Pendant quelques saisons, Walasiak anime le flanc droit liégeois avec brio. " Je me souviens de quelques victoires mémorables, comme ce 1-4 à Anderlecht, ou une victoire 5-1 contre Genk ", lance-t-il avec un grand sourire. Hélas pour lui, en 2004, un certain Sergio Conceiçao débarque en bord de Meuse. Le début de la fin pour notre homme. " C'est ce que tout le monde me dit ", grimace-t-il. " J'étais jeune, insouciant, pas assez mature. Avec le recul, je pense que je ne serais pas le même aujourd'hui si je n'avais pas vécu ça. " Prêté à Metz, sans grande réussite, l'ailier prend ensuite la direction de Mouscron. Une histoire qui se terminera par la faillite de l'Excelsior. De là, il prend la direction de l'Est et de Ujpest, en Hongrie. " J'avais un contact là-bas, j'ai été voir. J'avais la possibilité de rejouer après ma blessure mais... ", rembobine-t-il. " Pour moi, ça a surtout signifié la fin du foot pro. Je n'avais que 28 ans. J'ai été mal entouré. " De là, direction les divisions inférieures où il terminera à Wiers, en P2. " Quand ta carrière se termine, tu n'es pas préparé à affronter la vie réelle ", pose-t-il. " Tu ne sais pas ce que tu veux faire, tu cherches. Du jour au lendemain, tu dois te gérer toi-même. C'est un peu difficile car dans mes clubs, on faisait tout pour moi. Un problème de passeport ? Au Standard, c'était réglé le lendemain. Seul, ça prend trois semaines... " Soucieux de ne pas rester inactif, il se lance alors dans des études pour devenir éducateur. " Ça ne me convenait pas. Je n'avais pas vraiment d'intérêt pour ça ", explique-t-il. C'est finalement dans une école qu'il trouve sa voie. " Je donne cours de football à des gamins qui ont entre 13 et 18 ans. C'est une section foot-étude à Mons. Je donne 10 heures par semaine. " Et ça lui plait ! " Travailler avec les jeunes est un bonheur. J'aime les aider, les pousser, les conseiller, chercher ce qu'ils ont en plus et le développer. " Histoire aussi de leur éviter de faire confiance, comme lui, aux mauvaises personnes. " J'ai eu affaire à de mauvais managers. J'ai d'ailleurs raté des beaux transferts à cause de ça. Mönchengladbach, Lille, Cologne ou encore Schalke 04 étaient intéressés par mes services. Quand tu es joueur pro, une seule petite bêtise peut compromettre le reste de ta carrière ", avance-t-il avec fermeté. Son passé n'est d'ailleurs pas passé inaperçu auprès de ses étudiants. " Avec internet, ils ont le réflexe d'aller se renseigner, donc, oui, ils connaissent ma carrière. On en parle un peu, c'est sympa ", glisse l'ancien Rouche. Dans la même veine, Jonathan Walasiak est aussi entraîneur à Quévy-Mons. T2 avec l'équipe A et T1 avec les U19. " C'est ma quatrième année là-bas comme formateur. J'ai trouvé quelque chose qui me plaît ", lance-t-il avec le sourire. Son rôle avec les A lui convient bien aussi. " Je soutiens le coach, Christ Bruno, autre ancien pro, et je m'occupe parfois des exercices spécifiques aux joueurs offensifs ", dévoile-t-il. En D3 amateurs, les pensionnaires du Tondreau ont d'ailleurs un projet axé sur les jeunes qui sied à Walasiak. " L'équipe A, la B et les U19 forment " un seul noyau ", ce qui peut paraître surprenant. Mais notre équipe A est composée à 75 % de joueurs de 21 ans maximum. Les dirigeants tiennent à ce que notre équipe première soit composée au maximum de jeunes du cru. Ils veulent transférer le moins possible. " Le tout avec des ambitions élevées. " Cette saison, on n'est pas obligé de monter mais, sur le long terme, le club vise la D1B. C'est un projet qui va porter ses fruits. " Quant à savoir s'il se verrait un jour sur le banc d'une équipe de D1A, il y a peu de chance. " J'ai envie de rester dans la formation des jeunes, même comme entraîneur professionnel ", observe-t-il, sûr de lui. Julien Denoël