Sur le terrain, il a clôturé l'année 2017 en beauté par deux buts et un penalty provoqué contre Mouscron, son ancien club. Ce jour-là, Abdoulay Diaby a montré le meilleur de lui-même :
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Sur le terrain, il a clôturé l'année 2017 en beauté par deux buts et un penalty provoqué contre Mouscron, son ancien club. Ce jour-là, Abdoulay Diaby a montré le meilleur de lui-même : -sur la phase qui a amené le penalty, il a appelé intelligemment le ballon et profité d'une déviation de Wesley pour foncer vers le gardien et s'écrouler après un tirage de maillot de De Medina ; -sur son premier but, il a de nouveau plongé dans l'axe, a été très bien servi par Vanaken,a profité de sa vitesse et de l'espace laissé par les deux défenseurs pour placer, du pied gauche, le ballon dans le coin opposé ; -sur son deuxième but, en contre, il a réceptionné un centre de Limbombe et s'est présenté seul devant le but pour glisser le ballon du droit au fond des filets. C'étaient ses quatrième et cinquième buts en dix jours et le troisième penalty provoqué au cours de cette brève période. Contre Anderlecht aussi, il a marqué deux fois : de la tête sur un centre de Vormer (1-0) et après une mésentente entre Boeckx et Spajic (2-0). Le troisième but est celui du penalty, après qu'il se fut immiscé entre Obradovic et Spajic. À Malines, un penalty lui a été accordé après que, lancé par Poulain, il s'est effondré dans un duel avec Cocalic. Puis il a marqué après avoir à nouveau surgi comme un diable de sa boîte dans le dos de la défense. Parfaitement servi par Cools, il s'est présenté seul devant Coosemans et a marqué du gauche. On retrouve l'Abdoulay Diaby qu'on a connu lorsque Lille est allé le chercher en D2 française, à Sedan, et l'a immédiatement prêté à Mouscron-Péruwelz, son club-satellite, qui évoluait alors en D2. Un attaquant petit, rapide, mobile et agile qui n'aime rien tant que partir en profondeur, dont la vitesse fait énormément de dégâts et qui est capable de marquer du gauche, du droit ou de la tête. De plus, dans le rectangle, il tombe avec une facilité déconcertante. Une bénédiction pour ses équipiers capables d'adresser des passes en profondeur et un danger constant pour les défenseurs adverses un peu lents ou empruntés. Abdoulay Diaby est un enfant du printemps. Il est né le 21 mars 1991 dans une famille nombreuse de Nanterre, dans la banlieue ouest de Paris. Ses parents sont originaires du Mali. Depuis tout petit, il joue avec ses frères aînés. Très rapidement, il s'affilie à l'ES Nanterre, où il apprend surtout à canaliser son énergie. Car pour le reste, on ne peut pas trop compter sur lui. Parfois, il va s'entraîner mais il racontera plus tard avec le sourire qu'il lui arrivait régulièrement de préférer rester à la maison pour jouer à la Nintendo. Le déclic se produit lorsque, à l'âge de 14 ans, il tombe à l'ESN sur un entraîneur de son quartier qui le connaît bien, sait s'y prendre avec lui et lui fait comprendre que, s'il le veut vraiment et travaille en conséquence, il peut devenir un très bon joueur. Cette saison-là, le petit Abdou inscrit 27 buts et est invité à dix jours de stage au CS Sedan. Le test se passe bien et, l'été, il s'installe au centre de formation du club ardennais. Il n'a que quinze ans et demi et, loin de sa famille, il s'adapte difficilement à la vie à l'internat. Il se blesse aussi pour la première fois à la cheville mais mord sur sa chique et, à 17 ans, il livre une grande saison, avec une vingtaine de buts à la clef. Un an plus tard, en 2009, il effectue ses débuts en Ligue 2 face à Dijon et signe son véritable premier contrat pro de 3 ans. Il sait qu'il réalise un rêve et il n'a pas envie de tout gâcher par un comportement irresponsable. Après quatre ans et 17 buts inscrits en 71 matches officiels, Lille vient le chercher et, avant même son premier entraînement avec son nouveau club, il est prêté à Mouscron. Les débuts en D2 belges sont difficiles. Victime d'une déchirure musculaire et d'une blessure à l'épaule, il n'atteint pas son meilleur niveau. Mais cette première saison à l'étranger se termine bien puisque, au tour final, il inscrit le but de la montée en D1 face à Saint-Trond. Le lendemain, il est opéré à l'épaule. Ses débuts en Jupiler Pro League sont sensationnels. Mouscron, considéré comme premier candidat à la relégation, prend un bon départ et Diaby s'empare rapidement du Taureau d'Or, qui désigne le meilleur buteur du championnat. Dans une équipe très équilibrée avec de la vitesse (Langil), des qualités techniques (Michel, Badri) et de la puissance physique (Vandendriessche), il est plus efficace que jamais. Après cinq journées, il occupe la tête du classement du meilleur buteur africain d'Europe. Il marque comme il respire : en contre, sur des centres, des tirs lointains, etc. Abdou est attentif, réagit au quart de tour. Au début de la trêve hivernale, ses statistiques sont impressionnantes, surtout pour un débutant : 12 buts, 6 assists. À Mouscron, il est décrit comme un joueur mais aussi un époux et un papa sérieux (il a un petit garçon). Il sait ce dont il a besoin pour s'imposer et rester au sommet. C'est un travailleur, un gagneur et un buteur. Il obtient trois points au classement du Soulier d'or et attire l'attention de nos grands clubs. Michel Preud'homme, surtout, le veut à Bruges. Il l'inscrit même à la troisième place sur son bulletin de vote au Soulier d'Or. Mais Abdoulay Diaby ne va pas à Bruges. En janvier, après un an et demi à Mouscron, il retourne à Lille, où il signe un nouveau contrat jusqu'en 2019 et est incorporé pour la première fois au noyau A. Il a toujours rêvé de jouer en Ligue 1 et se sent prêt à franchir le pas, à poursuivre son apprentissage. Il déclare aussi qu'il n'a pas pour habitude de rater le train. Mais l'aventure tourne court. René Girard, l'entraîneur, ne tient que peu compte de lui et ne lui offre que 26 minutes de temps de jeu : une minute contre Lyon, onze face à Guingamp et quatorze contre Rennes. À quatre reprises, il le laisse sur le banc. Et le reste du temps, en tribune. Michel Preud'homme insiste et, à l'été 2015, Diaby finit par débarquer au Club Bruges qui, dit-on, paye un million et demi d'euros pour obtenir le transfert définitif de l'attaquant franco-malien. Mais tout le monde n'est pas convaincu que Diaby pourra s'imposer dans un club qui, la plupart du temps, fait le jeu. Trouvera-t-il suffisamment d'espaces dans le dos des défenseurs ? Il ne convainc d'ailleurs pas tout de suite, manque de grosses occasions, notamment face à Anderlecht et Manchester United. Mais quatre jours plus tard, fin août, il inscrit quatre buts face au Standard et le 11 septembre, c'est avec le Taureau d'Or sur le dos qu'il retourne à Mouscron. À Bruges, on cherche sa meilleure place dans un système avec un seul attaquant mais, assez rapidement, il parvient à s'exprimer sur le flanc droit, où il rentre dans le jeu et plonge dans le rectangle dans le dos des défenseurs. Il s'intègre aussi très bien au groupe même si, face à Zulte Waregem, il énerve quelques équipiers en ratant un penalty puis en exigeant de tirer le deuxième (qu'il transforme). Michel Preud'homme relativise l'incident, admet que c'est à Timmy Simons de déterminer qui tire mais souligne aussi que son attaquant veut marquer des buts et est très fort mentalement. En coupe, Diaby marque lors des deux demi-finales face à Gand mais en finale, il se fait exclure en début de deuxième mi-temps pour un coup à Milos Kosanovic, alors que le score est toujours nul. À dix, Bruges s'incline et l'attaquant franco-malien est accusé d'avoir laissé tomber son équipe. Mais en play-offs 1, on retrouve le meilleur Abdou. Auteur, notamment, de deux buts en une demi-heure lors du match décisif contre Anderlecht, il emmène le Club vers le titre qu'il attendait depuis onze ans. Ce sont ses 17e et 18e buts de la saison en matches officiels : Diaby s'est imposé à Bruges. La deuxième année, pourtant, il ne parvient pas à confirmer. Il souffre de pubalgie. Preud'homme veut qu'il se soigne et qu'il soit prêt pour les PO1 mais, début mars, son protégé est évacué du terrain, victime d'une déchirure aux adducteurs. Sa saison est terminée. En tout, il n'aura joué que 613 minutes et n'aura pas inscrit le moindre but. Frustrant. Au début de cette saison, les choses ne semblent pas s'arranger pour lui. Bruges a engagé deux attaquants, Emmanuel Dennis, petit et explosif (comme Diaby), et Jérémy Perbet, un buteur (comme Diaby). Au début, Ivan Leko ne compte pas toujours sur lui et, dans une interview, Diaby déclare qu'il respecte les choix du coach mais qu'il n'aime pas la rotation, qu'il veut tout jouer, qu'il n'exclut pas un transfert et espère qu'en cas d'offre, le club ne lui mettra pas de bâtons dans les roues. Mais Diaby survit à la concurrence. Lors de la 2e journée, face à Eupen, il entre au jeu à la 74e minute et, dans le temps additionnel, il inscrit son premier but de la saison, qui est aussi le premier depuis plus d'un an. Lors de la 4e journée, à Courtrai, il est titularisé pour la première fois et marque une deuxième fois. Et en décembre, avec six buts en un mois, il prouve qu'il est définitivement de retour. Il adore le système à deux attaquants de pointe : il est très complémentaire avec Wesley, qui joue en pivot. Pour le moment, il est le meilleur buteur du Club avec neuf buts (plus trois assists). C'est un de moins qu'Isaac Kiese Thelin et Kaveh Rezaei, les meilleurs réalisateurs de Jupiler Pro League. Mais il a mis beaucoup moins de temps qu'eux pour marquer. De temps en temps, son nom apparaît dans les rumeurs de transfert. Il n'en allait pas autrement après sa première saison. Mais Abdou a déjà déclaré qu'il aimerait être champion une deuxième fois. Et surtout, meilleur buteur du championnat, même s'il assure se préoccuper davantage du prochain match que de cela. Le prochain match, c'est la semaine prochaine, en pleine période de transferts : mardi, contre Charleroi, en quarts de finale de la Coupe. Puis le championnat reprendra par une rencontre de la 22e journée à l'Antwerp.