Bon anniversaire, Zulte Waregem!

Dans le centre d'Ingelmunster, la petite place qui jouxte l'église Saint-Amand, avec ses rangées de sièges bien alignés, est déjà prête à accueillir les fans des Diables rouges pour le match du soir contre l'Italie. Au café De Gouden Leeuw, une banderole des supporters d' Yves Lampaert rappelle que le championnat de Belgique du contre-la-montre s'est tenu ici le 15 juin.
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Dans le centre d'Ingelmunster, la petite place qui jouxte l'église Saint-Amand, avec ses rangées de sièges bien alignés, est déjà prête à accueillir les fans des Diables rouges pour le match du soir contre l'Italie. Au café De Gouden Leeuw, une banderole des supporters d' Yves Lampaert rappelle que le championnat de Belgique du contre-la-montre s'est tenu ici le 15 juin. Le complexe sportif, lui, est situé à un kilomètre du centre-ville. Il a fière allure pour une enceinte qui accueille habituellement un club de 3e provinciale. Jadis, le SV Ingelmunster a eu comme entraîneur un certain Jan Ceulemans. C'était à l'époque où cette équipe évoluait encore en D2 nationale. C'est-à-dire entre 1999 et 2002. En 2002, le SV Ingelmunster a déménagé à Harelbeke, où le club local venait d'être déclaré en faillite, et est devenu le Racing West. Et en 2019, le stade s'est une nouvelle fois retrouvé sans locataire, lorsque l'OMS Ingelmunster, qui avait pris la place laissée libre en 2003, a fusionné à son tour avec le FC Izegem pour devenir le Royal FC Mandel Sport - du nom de la rivière Mandel - et jouer à Izegem. Actuellement, le stade accueille les matches de préparation de Zulte Waregem, dont les maillots font référence au vingtième anniversaire du club. En 2001, Francky Dury fut le dernier entraîneur de Zultse VV avant la fusion avec le SV Waregem, tombé en faillite alors qu'il était redescendu en Promotion. Le président d'honneur, Willy Naessens se félicite de cette fusion. "Qui aurait pu penser, il y a vingt ans, que nous remporterions deux fois la Coupe de Belgique, que nous disputerions régulièrement les PO1, que nous terminerions une fois vice-champions et que nous jouerions sur la scène européenne? Aujourd'hui, avec Malines, nous sommes le seul petit club de D1A qui ne soit pas aux mains d'un propriétaire étranger. Et avec un soutien local, on veut essayer de le rester." En raison du match des Diables, le coup d'envoi de l'amical contre le Cercle Bruges est avancé de 19 à 18 heures. Il y a presque autant de supporters du Cercle que de l'équipe "locale". À l'entrée du stade, les stewards rappellent qu'on peut trouver suffisamment de boissons et de nourriture aux food trucks. Le message est répété au micro par le speaker du stade: "Il n'est pas interdit de consommer. Vous pouvez emporter votre boisson en tribune." Sur la pelouse, quelques heures avant Belgique-Italie, on trouve deux joueurs qui ont encore joué avec Romelu Lukaku dans les équipes nationales de jeunes. Hannes Van Der Bruggen, le milieu de terrain du Cercle, était l'équipier de Lukaku le 12 février 2008, lors du tout premier match de Big Rom avec les U15, contre la Turquie. L'attaquant Zinho Gano, aujourd'hui à Zulte Waregem, est arrivé au Lierse en même temps que Romelu et a encore joué avec lui chez les U18 belges. En plus de Gano, Zulte Waregem a engagé deux autres Belges expérimentés: le milieu de terrain David Hubert, de Louvain, et l'arrière droit Alessandro Ciranni, formé à Genk et la saison dernière capitaine de l'Excel Mouscron. De nombreux jeunes talents foulent la pelouse. Dans le dernier quart d'heure, quatorze des 22 joueurs ont moins de vingt ans. Le benjamin est Jelle Schiffer, du Cercle: il n'a que seize ans. Au bout du compte, Zulte Waregem s'incline pour la deuxième fois en match amical face à un autre pensionnaire de D1A. La peur s'installe déjà, car un sympathisant de l'équipe locale n'a pas hésité à crier: " Dury buiten!" Ça commence bien... Samedi matin, l'Union Saint-Gilloise a fait savoir à La Gantoise qu'elle ne se déplacerait pas à Dikkelvenne pour son cinquième match amical d'affilée à l'extérieur. Du coup, les Jaune et Bleu restent invaincus dans leur campagne de préparation, avec un noyau qu'ils ont su conserver quasiment intact et qu'ils ont déjà renforcé avec six nouveaux venus, dont Felipe Avenatti, prêté par le Standard. "Mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts sur le plan sportif", admet le CEO Philippe Bormans. Si les promus jouent tous leurs matches amicaux à l'extérieur, à l'exception du dernier, c'est dû aux travaux dans le stade, qui doit être rendu conforme aux normes de la première division. Une nouvelle pelouse a déjà été placée au parc Duden. On aurait aimé installer le nouvel éclairage pour le début du championnat, mais l'obtention des permis nécessaires se fait attendre. Le club a aussi entamé des négociations avec les riverains, qui se font du souci quant aux nuisances occasionnées habituellement par des matches de Pro League dans un quartier résidentiel. L'Union ne devrait pas s'éterniser au parc Duden. Dès la montée acquise, elle a fait savoir qu'elle se mettait à la recherche de l'endroit idéal pour bâtir un stade moderne et écologique. L'argent est déjà là, mais à Bruxelles, tout le monde veut se mêler de tout, et chaque démarche prend du temps, Bormans l'a déjà constaté. C'est aussi le cas pour le complexe d'entraînement. On s'en occupera dès que l'on aura des certitudes concernant le nouveau stade. En attendant, l'équipe continue à s'entraîner au complexe Het Sas à Duffel, où le Lierse s'entraînait avant la faillite. Bormans reste positif: "Nous sommes toujours dans les temps, même si les délais raccourcissent. Nous espérons pouvoir apporter plus de clarté au cours des prochains mois. Nous avons l'argent, mais pour les permis nous sommes tributaires des autorités locales. Heureusement, celles-ci sont conscientes de l'impact que peut avoir une promotion en D1A, mais aujourd'hui il faut des solutions. Sans plus attendre." Le dernier match amical, contre Valenciennes, sera un premier test pour le stade Joseph Mariën. L'Union a déjà vendu 3.500 abonnements, contre 2.000 l'an passé. Si la jauge est portée à 33%, tous les abonnés devraient pouvoir entrer. L'Union sera confrontée à un calendrier très compliqué dès le début, avec un déplacement à Anderlecht pour commencer et la réception du Club Bruges pour enchaîner. Mais ça n'effraie pas Bormans: "Nous saurons directement où nous en sommes." À Eupen, seuls les journalistes accrédités ont accès au terrain B pour les matches amicaux. Pas parce que l'entraîneur Stefan Krämer ne veut rien dévoiler de ses stratégies, ce n'est pas son genre. Simplement parce qu'avec les règles Covid en vigueur, il n'y a pas assez de places le long du terrain B pour accueillir des spectateurs. La grande différence avec les années précédentes au Kehrweg, c'est que la langue véhiculaire n'est plus l'espagnol ou l'anglais, mais de nouveau l'allemand. Et tout le monde s'en réjouit, ici. Eupen n'est-il pas le chef-lieu de la communauté germanophone? L'arrivée d'un entraîneur allemand a donc été saluée comme il se doit. Krämer, 54 ans, n'a pourtant jamais officié en Bundesliga, seulement en deuxième, troisième et quatrième divisions avec l'Energie Cottbus, le FC Magdebourg, l'Arminia Bielefeld et la saison dernière le FC Uerdingen. Son assistant parle également l'allemand: Kristoffer Andersen, le fils de l'ancien international danois Hendrik Andersen (ex-Anderlecht et FC Cologne). En 2004, il était l'un des jeunes joueurs d'Eupen. Et l'an passé, il entraînait l'Alemannia Aix-la-Chapelle, à vingt kilomètres à peine de la cité des Cantons de l'Est. Leur présence permettra-t-elle d'attirer plus de public? On aura une première indication lors du dernier match amical, contre Saint-Trond, qui sera joué sur le terrain A avec public. Le mercato est très calme. On n'achètera que si l'un ou l'autre pilier s'en va. Eupen ne manque pas de joueurs. Le noyau recense toujours 25 éléments mais le gardien Ortwin De Wolf, déjà prêté au Bosuil, a définitivement rejoint l'Antwerp. L'effectif est complété par cinq jeunes formés localement, nés en 1999, 2000 et 2001. Ceux qui font bonne figure durant la préparation verront peut-être les portes de l'équipe A s'ouvrir à eux. C'est la grande différence avec les années précédentes, estime le directeur général Christoph Henkel, qui dirige la cellule sportive avec Siggi Marti. Ce dernier est arrivé il y a deux ans et demi, alors qu'il officiait comme scout pour Mayence. Mais les deux hommes se connaissaient déjà avant pour avoir travaillé ensemble au FC Cologne. "Nous avons l'intention d'offrir davantage de chances à nos jeunes", souligne Henkel. "On ne leur demandera pas de porter l'équipe, mais ils auront du temps de jeu, plus que les années précédentes lorsqu'ils étaient barrés par tous les joueurs expérimentés." Ceux qui pensent qu'Eupen sera un oiseau pour le chat risquent d'en être pour leurs frais. Smail Prevljak reste un vrai buteur, Stef Peeters est un très bon milieu de terrain, et avec Andreas Beck, Benoît Poulain et Jordi Amat, il y a suffisamment d'expérience en défense. La dernière génération de jeunes talents africains en provenance de l'académie Aspire doit apporter un plus. S'il y a peu de mouvements, ça apportera peut-être plus de sérénité que dans le passé, lorsque le Kehrweg était le théâtre d'incessantes allées et venues. Devant l'entrée du stade de l'Eendracht Termien, les fans se rassemblent devant le bus des joueurs, orné de photos d'autre fans. Les guichets sont toujours ouverts. Finalement, près de 800 personnes assistent au derby limbourgeois, qui ouvre traditionnellement la campagne de préparation des vainqueurs de la Coupe de Belgique. Termien, qui évolue en troisième division amateurs, est entraîné depuis 2015 par l'ancien international lituanien Tomas Daumantas (ex-Beveren et Club Bruges). Parmi ses futurs adversaires en championnat, on trouve d'anciens pensionnaires de D1 comme Beringen ou le FC Diest. Le club a construit une nouvelle cantine à ses propres frais, avec une superbe terrasse qui accueille de nombreux VIP en ce jour de rencontre. L'ancien président du KRC Genk, Harry Lemmens, a pris place dans la tribune debout en compagnie de Tom De Mul, ancien international Espoir qui a encore participé aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, mais dont la carrière a été gâchée par des blessures. Il est devenu agent de joueurs et possède un jeune élément sous contrat avec Genk: Jay-Dee Geusens, qui a intégré le noyau A au printemps dernier. Sur les 22 joueurs de Genk qui foulent la pelouse de Termien, quinze sont issus du centre de formation. Les internationaux, qu'ils soient européens ou sud-américains, ne sont pas encore présents. L'arrière gauche norvégien Simen Jukleröd est arrivé de l'Antwerp, libre de tout transfert. L'attaquant tanzanien Kelvin John, 18 ans, a été conseillé par l'ancien Genkois Ally Samatta. Quant au milieu de terrain Carel Eiting, 23 ans, il fut jadis un grand espoir du football néerlandais lorsqu'il évoluait avec les jeunes de l'Ajax, mais son éclosion a été freinée par différentes blessures. Il a signé au Racing dans la foulée d'un prêt à Huddersfield Town, en D2 anglaise. Le défenseur hispano-nigérian Mujaid Sadick, 21 ans, a joué la première mi-temps. L'attaquant de pointe Sekou Diawara inscrit le tout premier but de la saison de Genk. À la surprise générale, Termien égalise à la demi-heure grâce à son numéro 14. Problème: il n'y a pas de numéro 14 sur la feuille de match. Un supporter bien intentionné se précipite vers le petit banc, pour signaler qu'il s'agit de Francesco Piras, renseigné par erreur avec le numéro 6. Ce dernier avait sans doute invité tous ses amis, si l'on juge par l'explosion de joie dans les tribunes. L'équipe locale, dont les joueurs ne s'entraînent collectivement que depuis deux semaines après neuf mois de travail individuel, finit par s'écrouler. Genk l'emporte finalement 1-8, avec un très joli but de Cyriel Dessers. Après le coup de sifflet final, un John van den Brom très détendu s'entretient avec les fans massés derrière le dug-out, et le gardien Maarten Vandevoordt discute avec un ami le long des balustrades: Daan Dierckx. Celui-ci a été champion de Belgique en U14 avec Vandevoordt. En décembre, alors que Genk se préparait à lui offrir un contrat, il a finalement été engagé par Parme, où il est devenu en janvier le plus jeune joueur de Serie A. À son grand étonnement, il a joué sept matches. Cette saison, le jeune défenseur évoluera devant une légende: Gianluigi Buffon, qui retourne dans son premier club, vingt ans après l'avoir quitté.