Indépendamment des changements d'entraîneurs, c'est l'environnement autour de l'Antwerp qui a beaucoup évolué cet été avec le départ de Lucien D'Onofrio et de son entourage. Ça change quelque chose dans le quotidien du club?

BENSON MANUEL: Oui, bien sûr. J'ai l'impression que le club est devenu plus chaleureux. Quand je suis arrivé à l'Antwerp pour ma première saison, à l'été 2019, le club était vraiment différent. Aujourd'hui, tout est plus simple, les gens sont plus détendus. C'est sans doute aussi lié au fait qu'on a un groupe plus jeune, plus accessible, je dirais. Quand tu arrives dans un club à 22 ans, que ton coach s'appelle Laszlo Bölöni, ton directeur sportif Lucien D'Onofrio et tes coéquipiers Kevin Mirallas, Steven Defour, Lior Refaelov, Sinan Bolat ou Dieumerci Mbokani, c'est forcément un peu intimidant. Ça l'est d'autant plus si tu connais une période un peu compliquée comme moi à l'époque. En fait, je n'avais pas le sentiment d'avoir quelqu'un à qui parler dans ce groupe parce que je n'avais pas l'impression d'avoir le droit d'aller moins bien. Tous ces gars-là te donnent l'impression de ne jamais avoir de doutes. C'est peut-être normal, ils sont en fin de carrière, ils ont des centaines de matches pros derrière eux, ils sont au-dessus de tout ça. Moi, ce n'était pas le cas. Deux ans et demi plus tard, c'est déjà un peu différent. Déjà parce qu'entre-temps, le club a fait appel à un coach mental. Mais aussi et probablement parce que je gérerais mieux aujourd'hui cette situation qu'à l'époque, où je l'ai assez mal vécu.

Retrouvez cette interview en intégralité dans notre mag de la semaine, dispo en librairies, ou en cliquant ici.

C'est dans l'opération sauvetage de Mouscron, durant la saison 2018-2019, que tu as connu ton meilleur rôle. Ça a été un déclic de voir que tu pouvais aussi être important en D1 et dans un vestiaire où il y avait beaucoup de talents?

MANUEL: Quand je suis arrivé là-bas, le club était dernier et avait perdu ses cinq premiers matches. Je m'attendais à vivre une saison très difficile et puis Bernd Storck est arrivé et tout a changé. Là-bas, j'ai retrouvé mes sensations. Je jouais, je m'amusais, je faisais mes trucs, on avait confiance en moi. C'était comme au Lierse, je pouvais parfois me permettre d'être un peu moins bon, ça ne remettait pas forcément tout en question. C'était important pour moi de retrouver un coach qui avait foi en mes qualités. Ça m'a permis de retrouver aussi cet équilibre mental que j'avais perdu à Genk. Mais oui, ce qui m'a fait du bien, c'était de réussir à reproduire en D1A ce que j'avais bien fait en D1B.

"J'ai senti que ça n'allait pas, que je n'avais plus le même clic avec Genk qu'avant"

Qu'est-ce qui fait que ça n'a pas collé avec Felice Mazzù quand tu es retourné à Genk l'été suivant?

MANUEL: Dès que je suis rentré à Genk, j'ai tout de suite ressenti ce poids sur mes épaules. Comme si le problème n'avait pas encore été tout à fait réglé. Pourtant, là aussi, j'avais fait une bonne préparation. On avait gagné la Supercoupe et là aussi, j'étais titulaire pour le premier match de la saison. Et puis, Mazzù m'avait dit qu'il y aurait une concurrence à trois pour les postes d'ailiers avec Théo Bongonda, Junya Ito et moi. Ce qui me convenait bien, je trouvais ça juste, même si je savais que je partais avec un petit temps de retard. Mais très vite, j'ai senti que ça n'allait pas, que je n'avais plus le même "clic" avec le club. Il y avait quelque chose de cassé. Et comme j'avais des contacts avec plusieurs clubs dont l'Antwerp, j'ai suivi mon feeling.

À ton époque à Genk, tu côtoies Dante Vanzeir dans le vestiaire limbourgeois. Tu es surpris par sa progression ces quatre dernières années?

MANUEL: Non, parce que contrairement à moi, Dante a toujours été quelqu'un de très strict avec lui-même. Il a toujours fait tout ce qu'on lui demandait. Il met même son maillot dans le short, c'est te dire ( Il rit). Franchement, c'est un mec, tu peux lui dire non dix fois, l'écarter cinq fois de suite du groupe, le mettre quatre fois en tribune, tu ne vas jamais l'entendre. C'est un bosseur, mais surtout, il est très calme, très serein. Partout où il va, il met ses goals. Au début, les gens ne sont jamais hyper fans, mais il ne se vexe pas et il parvient toujours à se mettre en évidence. Ce gars-là, ça doit être un modèle pour tous les jeunes dans le foot.

Indépendamment des changements d'entraîneurs, c'est l'environnement autour de l'Antwerp qui a beaucoup évolué cet été avec le départ de Lucien D'Onofrio et de son entourage. Ça change quelque chose dans le quotidien du club?BENSON MANUEL: Oui, bien sûr. J'ai l'impression que le club est devenu plus chaleureux. Quand je suis arrivé à l'Antwerp pour ma première saison, à l'été 2019, le club était vraiment différent. Aujourd'hui, tout est plus simple, les gens sont plus détendus. C'est sans doute aussi lié au fait qu'on a un groupe plus jeune, plus accessible, je dirais. Quand tu arrives dans un club à 22 ans, que ton coach s'appelle Laszlo Bölöni, ton directeur sportif Lucien D'Onofrio et tes coéquipiers Kevin Mirallas, Steven Defour, Lior Refaelov, Sinan Bolat ou Dieumerci Mbokani, c'est forcément un peu intimidant. Ça l'est d'autant plus si tu connais une période un peu compliquée comme moi à l'époque. En fait, je n'avais pas le sentiment d'avoir quelqu'un à qui parler dans ce groupe parce que je n'avais pas l'impression d'avoir le droit d'aller moins bien. Tous ces gars-là te donnent l'impression de ne jamais avoir de doutes. C'est peut-être normal, ils sont en fin de carrière, ils ont des centaines de matches pros derrière eux, ils sont au-dessus de tout ça. Moi, ce n'était pas le cas. Deux ans et demi plus tard, c'est déjà un peu différent. Déjà parce qu'entre-temps, le club a fait appel à un coach mental. Mais aussi et probablement parce que je gérerais mieux aujourd'hui cette situation qu'à l'époque, où je l'ai assez mal vécu.Retrouvez cette interview en intégralité dans notre mag de la semaine, dispo en librairies, ou en cliquant ici. C'est dans l'opération sauvetage de Mouscron, durant la saison 2018-2019, que tu as connu ton meilleur rôle. Ça a été un déclic de voir que tu pouvais aussi être important en D1 et dans un vestiaire où il y avait beaucoup de talents?MANUEL: Quand je suis arrivé là-bas, le club était dernier et avait perdu ses cinq premiers matches. Je m'attendais à vivre une saison très difficile et puis Bernd Storck est arrivé et tout a changé. Là-bas, j'ai retrouvé mes sensations. Je jouais, je m'amusais, je faisais mes trucs, on avait confiance en moi. C'était comme au Lierse, je pouvais parfois me permettre d'être un peu moins bon, ça ne remettait pas forcément tout en question. C'était important pour moi de retrouver un coach qui avait foi en mes qualités. Ça m'a permis de retrouver aussi cet équilibre mental que j'avais perdu à Genk. Mais oui, ce qui m'a fait du bien, c'était de réussir à reproduire en D1A ce que j'avais bien fait en D1B."J'ai senti que ça n'allait pas, que je n'avais plus le même clic avec Genk qu'avant"Qu'est-ce qui fait que ça n'a pas collé avec Felice Mazzù quand tu es retourné à Genk l'été suivant?MANUEL: Dès que je suis rentré à Genk, j'ai tout de suite ressenti ce poids sur mes épaules. Comme si le problème n'avait pas encore été tout à fait réglé. Pourtant, là aussi, j'avais fait une bonne préparation. On avait gagné la Supercoupe et là aussi, j'étais titulaire pour le premier match de la saison. Et puis, Mazzù m'avait dit qu'il y aurait une concurrence à trois pour les postes d'ailiers avec Théo Bongonda, Junya Ito et moi. Ce qui me convenait bien, je trouvais ça juste, même si je savais que je partais avec un petit temps de retard. Mais très vite, j'ai senti que ça n'allait pas, que je n'avais plus le même "clic" avec le club. Il y avait quelque chose de cassé. Et comme j'avais des contacts avec plusieurs clubs dont l'Antwerp, j'ai suivi mon feeling.À ton époque à Genk, tu côtoies Dante Vanzeir dans le vestiaire limbourgeois. Tu es surpris par sa progression ces quatre dernières années?MANUEL: Non, parce que contrairement à moi, Dante a toujours été quelqu'un de très strict avec lui-même. Il a toujours fait tout ce qu'on lui demandait. Il met même son maillot dans le short, c'est te dire ( Il rit). Franchement, c'est un mec, tu peux lui dire non dix fois, l'écarter cinq fois de suite du groupe, le mettre quatre fois en tribune, tu ne vas jamais l'entendre. C'est un bosseur, mais surtout, il est très calme, très serein. Partout où il va, il met ses goals. Au début, les gens ne sont jamais hyper fans, mais il ne se vexe pas et il parvient toujours à se mettre en évidence. Ce gars-là, ça doit être un modèle pour tous les jeunes dans le foot.