Le KRC Genk a pris congé d'Alejandro Pozuelo et le départ de son joueur emblématique fait toujours un peu mal à Philippe Clement. Sur le plan sportif, mais encore plus sur le plan personnel. "C'est un vrai déchirément", dit Clement en regardant sa femme Isabelle, qui a pris place à ses côtés. "Car nous avions une relation très étroite, n'est-ce pas?"

ISABELLE : Nous l'appelions parfois "notre fils aîné".

CLEMENT : Notre fils aîné, en effet... Un garçon très sensible. Il avait les larmes aux yeux lorsqu'il m'a appris les contacts avec Toronto. Il n'était pas bien dans sa tête.

ISABELLE : Toi non plus, tu n'étais pas bien dans ta tête. Surtout le premier jour, pendant le stage hivernal, lorsqu'il était question d'un club en Arabie saoudite. Je m'en souviens très bien. Cela a plombé l'ambiance du stage.

CLEMENT : Nous avions eu une semaine fantastique, durant laquelle tout le monde avait travaillé durement. Nous savions que, alors que la saison avait déjà été phénoménale, nous pouvions encore élever notre niveau d'un cran. Tout le monde avait ce sentiment : le staff, les joueurs... L'ambiance dans le groupe était incroyable. Puis, est arrivée cette nouvelle concernant Alejandro. Tout a changé.

Pozuelo est quand même resté, mais pour partir malgré tout quelques semaines plus tard.

CLEMENT : Il a été confronté à un gigantesque dilemme. Toutes sortes de pensées lui sont passées par l'esprit. À la fin, il levait un peu le pied car il avait peur qu'une blessure ne compromette ses projets d'avenir. Un avenir qu'il peut maintenant assurer, pour lui et ses enfants. Il a vécu une période très difficile. Il était lui-même tracassé, mais était aussi ennuyé vis-à-vis de ses amis dans le vestiaire, du staff, des supporters, de moi.

Bien sûr, j'aurais préféré qu'il ne parte qu'à la fin des play-offs, mais ce n'était pas possible et un compromis a été trouvé. Il faut l'accepter, et je souhaite bonne chance à Alejandro. Il a encore donné le maximum, y compris ces dernières semaines alors que la situation était compliquée pour lui. Mais bien sûr, ce départ intervient à un très mauvais moment.

Cette équipe a dépassé mes attentes, et aussi celles du monde extérieur, et voilà que nous sommes privés de l'un de nos meilleurs joueurs, sur lequel beaucoup d'automatismes avaient été construits. Toute la dynamique est enrayée. Remporter le titre avec Pozuelo, cela aurait déjà été un exploit. Sans Pozuelo, ça tiendrait du miracle. Le défi est de taille, mais je vais tout faire pour que ce miracle se réalise.

Par Mayke Wijnen

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