En tant que président de la Pro League, l'association des clubs professionnels, il appartient à Marc Coucke de se pencher sur la formule actuelle des championnats. Si la lutte pour les premières places est passionnante, les play-offs 2 sont d'une tristesse sans nom. Au cours des derniers mois, le président d'Anderlecht a écouté différents points de vue.

D'un côté, celui du G5, les cinq grands (Anderlecht, Club Bruges, Standard, Gand et Genk) et de l'autre, le P11, les onze petits (soit le reste de la D1A) et, enfin, les clubs de D1B. Certains clubs sont pour le maintien du système actuel, les autres veulent un retour à un championnat sans play-offs.

Si c'est le cas, on évoque l'idée d'une seule division professionnelle à 20 clubs. Ce qui voudrait dire que quatre clubs de D1B tomberaient. Qu'en pense Paul Van Der Schueren, ex-CEO d'Oud-Heverlee Louvain (il est toujours actif au sein de l'ASBL qui dirige l'école des jeunes du club) et représentant de la D1B au conseil d'administration de la Pro League ?

12 + 12, la formule idéale

Quelle est, selon les clubs de D1B, la formule de championnat idéale ?

PAUL VAN DER SCHUEREN : La formule proposée par Ernst & Young ( agence de consultance internationale devenue EY, ndlr) : une D1A et une D1B avec douze clubs chacune en phase classique puis trois groupes de huit ( voir schéma 1, ndlr). Le premier groupe dispute les play-offs 1 pour le titre et les places européennes, le deuxième groupe joue les play-offs 2 dont les quatre premiers montent/restent en D1A. Le troisième groupe joue pour éviter la descente en D1 amateur. D'un point de vue rationnel, c'est le meilleur choix. Le club qui descendrait de D1A pourrait remonter beaucoup plus facilement que maintenant. Et les clubs du P11 auraient trois fois plus de chances que maintenant d'arriver en play-offs 1.

Pourtant, ce modèle n'est pas très plébiscité car trois clubs du P11 seraient relégués en D1B.

VAN DER SCHUEREN : Ce qui compte, c'est le long terme. Une entreprise ne peut avoir du succès que si elle se base sur une formule stable sur plusieurs années. Elle ne peut pas dépendre d'une descente inopinée, comme c'est le cas maintenant.

En général, ce ne sont pas les clubs de football qui pensent à long terme.

VAN DER SCHUEREN : Il nous manque des leaders pour envisager une stratégie à long terme. Dans la formule actuelle, les clubs partent du principe qu'il n'y a qu'un descendant de D1A et ils partent toujours du principe que ce ne sera pas eux. Mais chaque année, il y en a un. Et avec la formule actuelle, une descente compromet l'avenir. Les clubs de D1B se tuent eux-mêmes en cherchant à monter à tout prix. Et les clubs de la deuxième moitié de D1A se tuent à tenter d'éviter la descente coûte que coûte.

Une saison de transition ?

Que pensent les clubs de D1B d'un championnat à 20, sans play-offs ?

VAN DER SCHUEREN : Nous ne sommes pas contre, à condition qu'il y ait au moins deux montants chaque année et que chacun ait une chance honnête de figurer parmi ces 20 clubs. Nous ne voulons pas que les cinq derniers de D1B descendent d'un coup. Je dis cinq parce qu'il y aura automatiquement un montant de D1 amateur.

Vous dites cela parce que OHL risque de figurer parmi ces cinq clubs.

VAN DER SCHUEREN : Non, ça fait des années que je le dis.

Comment faire pour passer à 20 clubs, alors ?

VAN DER SCHUEREN : On peut imaginer une saison de transition à 2X12 et 3X8 ( voir schéma 2, ndlr). D'abord une phase classique à trois fois huit sur base du classement de la saison précédente, avec un système en serpentin, ce qui permettrait de répartir les grands clubs entre les séries. Ensuite deux poules avec les quatre premiers et les quatre derniers de chaque groupe. La première poule jouerait pour le titre et les tickets européens, la deuxième poule pour les sept tickets donnant accès au niveau professionnel, un montant de D1 amateur venant s'y ajouter.

Cette formule de transition pourrait aussi être d'application pour passer au système prôné par EY. Elle serait moins dangereuse pour les clubs du P11.

VAN DER SCHUEREN : C'est vrai.

Ne pas faire bloc contre une division

On pourrait aussi trouver les vingt clubs en durcissant les conditions d'octroi de la licence.

VAN DER SCHUEREN : Oui mais c'est difficile. Si les conditions qu'on durcit ont trait aux paramètres dans lesquels ils sont moins forts, certains clubs risquent de se sentir visés.

Pour qu'il y ait réforme, il faut 80 % des voix. Les clubs du G5 ont trois voix chacun, les clubs du P11 en ont deux et ceux de D1B en ont une. La D1A peut donc vous imposer un système dont vous ne voulez pas.

VAN DER SCHUEREN : Je pars du principe qu'on cherche une solution soutenue par la grande majorité des clubs et qu'on ne veut pas faire bloc contre une division.

Par Kristof De Ryck

En tant que président de la Pro League, l'association des clubs professionnels, il appartient à Marc Coucke de se pencher sur la formule actuelle des championnats. Si la lutte pour les premières places est passionnante, les play-offs 2 sont d'une tristesse sans nom. Au cours des derniers mois, le président d'Anderlecht a écouté différents points de vue. D'un côté, celui du G5, les cinq grands (Anderlecht, Club Bruges, Standard, Gand et Genk) et de l'autre, le P11, les onze petits (soit le reste de la D1A) et, enfin, les clubs de D1B. Certains clubs sont pour le maintien du système actuel, les autres veulent un retour à un championnat sans play-offs. Si c'est le cas, on évoque l'idée d'une seule division professionnelle à 20 clubs. Ce qui voudrait dire que quatre clubs de D1B tomberaient. Qu'en pense Paul Van Der Schueren, ex-CEO d'Oud-Heverlee Louvain (il est toujours actif au sein de l'ASBL qui dirige l'école des jeunes du club) et représentant de la D1B au conseil d'administration de la Pro League ? Quelle est, selon les clubs de D1B, la formule de championnat idéale ? PAUL VAN DER SCHUEREN : La formule proposée par Ernst & Young ( agence de consultance internationale devenue EY, ndlr) : une D1A et une D1B avec douze clubs chacune en phase classique puis trois groupes de huit ( voir schéma 1, ndlr). Le premier groupe dispute les play-offs 1 pour le titre et les places européennes, le deuxième groupe joue les play-offs 2 dont les quatre premiers montent/restent en D1A. Le troisième groupe joue pour éviter la descente en D1 amateur. D'un point de vue rationnel, c'est le meilleur choix. Le club qui descendrait de D1A pourrait remonter beaucoup plus facilement que maintenant. Et les clubs du P11 auraient trois fois plus de chances que maintenant d'arriver en play-offs 1. Pourtant, ce modèle n'est pas très plébiscité car trois clubs du P11 seraient relégués en D1B. VAN DER SCHUEREN : Ce qui compte, c'est le long terme. Une entreprise ne peut avoir du succès que si elle se base sur une formule stable sur plusieurs années. Elle ne peut pas dépendre d'une descente inopinée, comme c'est le cas maintenant. En général, ce ne sont pas les clubs de football qui pensent à long terme. VAN DER SCHUEREN : Il nous manque des leaders pour envisager une stratégie à long terme. Dans la formule actuelle, les clubs partent du principe qu'il n'y a qu'un descendant de D1A et ils partent toujours du principe que ce ne sera pas eux. Mais chaque année, il y en a un. Et avec la formule actuelle, une descente compromet l'avenir. Les clubs de D1B se tuent eux-mêmes en cherchant à monter à tout prix. Et les clubs de la deuxième moitié de D1A se tuent à tenter d'éviter la descente coûte que coûte. Que pensent les clubs de D1B d'un championnat à 20, sans play-offs ? VAN DER SCHUEREN : Nous ne sommes pas contre, à condition qu'il y ait au moins deux montants chaque année et que chacun ait une chance honnête de figurer parmi ces 20 clubs. Nous ne voulons pas que les cinq derniers de D1B descendent d'un coup. Je dis cinq parce qu'il y aura automatiquement un montant de D1 amateur. Vous dites cela parce que OHL risque de figurer parmi ces cinq clubs. VAN DER SCHUEREN : Non, ça fait des années que je le dis. Comment faire pour passer à 20 clubs, alors ? VAN DER SCHUEREN : On peut imaginer une saison de transition à 2X12 et 3X8 ( voir schéma 2, ndlr). D'abord une phase classique à trois fois huit sur base du classement de la saison précédente, avec un système en serpentin, ce qui permettrait de répartir les grands clubs entre les séries. Ensuite deux poules avec les quatre premiers et les quatre derniers de chaque groupe. La première poule jouerait pour le titre et les tickets européens, la deuxième poule pour les sept tickets donnant accès au niveau professionnel, un montant de D1 amateur venant s'y ajouter. Cette formule de transition pourrait aussi être d'application pour passer au système prôné par EY. Elle serait moins dangereuse pour les clubs du P11. VAN DER SCHUEREN : C'est vrai. On pourrait aussi trouver les vingt clubs en durcissant les conditions d'octroi de la licence. VAN DER SCHUEREN : Oui mais c'est difficile. Si les conditions qu'on durcit ont trait aux paramètres dans lesquels ils sont moins forts, certains clubs risquent de se sentir visés. Pour qu'il y ait réforme, il faut 80 % des voix. Les clubs du G5 ont trois voix chacun, les clubs du P11 en ont deux et ceux de D1B en ont une. La D1A peut donc vous imposer un système dont vous ne voulez pas. VAN DER SCHUEREN : Je pars du principe qu'on cherche une solution soutenue par la grande majorité des clubs et qu'on ne veut pas faire bloc contre une division. Par Kristof De Ryck