Il y a plusieurs façons pour un club de traiter les joueurs en partance vers la concurrence. En janvier 2014, Robert Lewandowski, alors au Borussia Dortmund, signait un contrat démarrant la saison suivante au Bayern. Il n'avait plus que quelques mois de bail à Dortmund. Ce déménagement annoncé avait fait beaucoup de bruit dans les médias, mais il n'était pas question pour les décideurs du Borussia de l'écarter. Lewandowski a continué à s'appliquer et a terminé pour la première fois en tête du classement des buteurs de Bundesliga. Une semaine après la fin du championnat, Dortmund et le Bayern s'affrontaient en finale de la Coupe d'Allemagne. Lewandowski fut à nouveau aligné et personne ne se posa de que...

Il y a plusieurs façons pour un club de traiter les joueurs en partance vers la concurrence. En janvier 2014, Robert Lewandowski, alors au Borussia Dortmund, signait un contrat démarrant la saison suivante au Bayern. Il n'avait plus que quelques mois de bail à Dortmund. Ce déménagement annoncé avait fait beaucoup de bruit dans les médias, mais il n'était pas question pour les décideurs du Borussia de l'écarter. Lewandowski a continué à s'appliquer et a terminé pour la première fois en tête du classement des buteurs de Bundesliga. Une semaine après la fin du championnat, Dortmund et le Bayern s'affrontaient en finale de la Coupe d'Allemagne. Lewandowski fut à nouveau aligné et personne ne se posa de questions. On eut de nouveau droit à un Polonais se donnant à fond. Et le Bayern remporta le trophée, 2-0. L'année précédente, un autre joueur de Dortmund, Mario Götze, avait signé pour le Bayern en cours de saison. Il pouvait partir pour un montant limité (37,5 millions), l'info fuita, mais le Borussia ne décida pas non plus de se passer des services de son joueur pour le reste de son séjour là-bas. Il termina la saison tout à fait normalement. Et il allait, plus tard, revenir au Borussia. Aujourd'hui, l'Antwerp décide de se priver de Lior Refaelov. C'est incompréhensible. Alors que Didier Lamkel Zé, à qui les autres joueurs du noyau ne parlent plus, a continué à être aligné. Il faut croire que les critères ne sont pas les mêmes pour l'un et pour l'autre. Évidemment, les gens de l'Antwerp n'ont pas fait des bonds de joie en apprenant, juste avant le début des play-offs, que Refaelov s'était engagé avec Anderlecht. Mais une direction doit être capable de réagir en adulte, de ne pas se laisser emporter par ses émotions. En mettant Refaelov à l'écart, l'Antwerp déforce son équipe, même si le joueur était moins déterminant avec Franky Vercauteren qu'avec Ivan Leko avant lui. Ce club vise la deuxième place, et pour ça, il faut aligner la meilleure équipe possible. Et il n'y avait aucune raison de mettre en doute le professionnalisme de Lior Refaelov. En engageant le Soulier d'Or, Anderlecht a pris une décision intelligente. Le Sporting mise à fond sur les jeunes qu'il a formés et c'est nécessaire d'avoir des joueurs expérimentés pour les encadrer. C'est la recette qui marche par exemple à l'Ajax. Là-bas, on mixe la jeunesse et le vécu. Lior Refaelov peut donc jouer un rôle-clé chez les Mauves, il doit enrichir ce club. Dimanche, on a vu un Anderlecht jeune et frais sur la pelouse de Bruges. Avec sept joueurs de 23 ans ou moins, et un capitaine de 21 printemps, Albert Sambi Lokonga, qui symbolise la politique du Sporting. Les résultats des dernières semaines ont clairement boosté la confiance des Bruxellois. On l'a encore vu contre le Club: Anderlecht a pratiqué un football tranchant et n'a pas laissé le champion étaler son jeu. Au bout du compte, le nul semblait être une délivrance pour Bruges. Tout le monde fait le maximum pour ne pas avoir de pression, mais avant des déplacements à Genk et à l'Antwerp, une défaite à domicile face à Anderlecht l'aurait fait monter. Avec le point arraché in extremis, le Club peut respirer. Entre-temps, le parcours d'Anderlecht illustre le côté capricieux de ce championnat. La façon dont Ostende a surclassé le Standard était exemplaire. Alexander Blessin ne veut pas que ses joueurs s'endorment. Même si ceux-ci ont été ébahis, samedi soir, en apprenant que le coach leur offrait deux jours de congé.