Au Kiel, le football se lève toujours du pied gauche. Sous les ordres d' Hernán Losada, avec un jeu incontrôlable qui a même fini par échapper aux Rats (deux points sur vingt-et-un avant la traversée de l'Atlantique du coach argentin), Raphael Holzhauser était déjà à la baguette du football anversois, dans une association triangulaire avec les dribbles de Tarik Tissoudali et la vitesse de Musashi Suzuki. Depuis que Will Still est à la tête de l'équipe, c'est surtout sur phase arrêtée que l'Autrichien trouve son second souffle statistique en étant impliqué sur six des huit derniers buts de ses couleurs.
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Au Kiel, le football se lève toujours du pied gauche. Sous les ordres d' Hernán Losada, avec un jeu incontrôlable qui a même fini par échapper aux Rats (deux points sur vingt-et-un avant la traversée de l'Atlantique du coach argentin), Raphael Holzhauser était déjà à la baguette du football anversois, dans une association triangulaire avec les dribbles de Tarik Tissoudali et la vitesse de Musashi Suzuki. Depuis que Will Still est à la tête de l'équipe, c'est surtout sur phase arrêtée que l'Autrichien trouve son second souffle statistique en étant impliqué sur six des huit derniers buts de ses couleurs. Une fois la folie et le flow de victoires de la montée épuisés, le Beerschot a dû se recroqueviller dans son camp pour continuer à engranger des points, et a ainsi éloigné le pied gauche de son maestro du but adverse. Le bouleversement, combiné au départ d'un Tissoudali qui permettait à l'équipe de passer facilement du rond central à la surface grâce à sa percussion, affecte inévitablement les statistiques d'Holzhauser, seulement trois fois buteur sur les quatorze dernières sorties de ses couleurs, dont deux fois depuis le point de penalty. L'Autrichien a besoin que son équipe se découvre pour créer le danger de plein jeu, parce que ses qualités athlétiques sont insuffisantes pour faire des différences en solo. Contrairement à l'idée qu'on pourrait se faire de ses atouts, le dauphin de Lior Refaelov au Soulier d'Or n'a trouvé le chemin des filets en dehors de la surface qu'à une seule reprise. Et malgré son mètre 93, il n'a planté aucune rose du bout de son front. À l'orée des seize mètres, par contre, Holzhauser est redoutable. Son taux de réussite sur les big chances (occasions qui ont plus de 20% de chances de finir au fond, selon les expected goals) flirte avec la perfection, tel un véritable buteur duquel on dirait qu'il ne manque jamais sa cible. Mais pour que les occasions soient franches, le but doit être proche. Pour continuer à être décisif, le grand Autrichien a dû briller encore plus fort sur phase arrêtée. Parce que dans le jeu, son absence d'implication défensive et le bloc ambitieux du Beerschot ont fini par coûter plus de points qu'ils n'en rapportaient, et qu'arrêter l'hémorragie passait par la pose d'une compresse sur la liberté absolue de Rapha, plus autant en surrégime que lors du premier tour quand son équipe a plongé dans la crise et perdu Tissoudali. Aujourd'hui, l'Autrichien semble être un peu rentré dans le rang. Un coup d'oeil vers les chiffres affirme pourtant le contraire. En trente matches disputés, Holzhauser a été décisif à vingt-neuf reprises. Qui dit mieux? Personne.