La frappe est violente. Elle crève le plafond du but défendu par Mike Vanhamel, et offre au Great Old la victoire dans le derby face à son meilleur ennemi. Dans certains clubs, on dit parfois d'un but à la portée symbolique si importante qu'il suffit à rentabiliser un transfert. Pour Radja Nainggolan, une victoire face au Beerschot ne suffit évidemment pas. Si Paul Gheysens a aligné les millions pour s'offrir les services du Ninja le plus célèbre du football belge, c'est pour enfin subtiliser cette couronne nationale bien vissée sur la tête des Brugeois.

Le puissant président se met sans doute à croire au coup fumant quand, onze jours après avoir éteint le Kiel, son numéro 4 fait claquer la lucarne de Robin Himmelmann, le dernier rempart d'Eupen. Le problème, c'est que nous sommes alors le 16 décembre et que ce but est, encore aujourd'hui, le dernier marqué par Radja Nainggolan. À l'image de son club, l'ancien Diable rouge est bien moins en verve après la trêve hivernale. L'Union, Bruges et Anderlecht font tous les trois exploser le Great Old au second tour de la phase classique, régnant notamment sur un milieu de terrain où le Ninja donne parfois l'impression d'être perdu autour du rond central. Presque à bout de souffle face aux jeunes jambes adverses.

"Ce n'est pas un choix de fin de carrière, je me sens encore bien", balayait pourtant l'ancien gladiateur du Stadio Olimpico au bout de l'année dernière, quand on évoquait avec lui un retour au bercail aux faux airs de tournée d'adieux. Plutôt que dans les jambes, la source de cette sensation d'égarement serait donc plutôt à trouver dans la tête de celui qui porte désormais le brassard de capitaine du matricule 1.

Dans sa quête qui semble toujours inassouvie, au point de sembler vaine, d'empiler un maximum de talents sur la pelouse, le coach Brian Priske donne l'impression de jouer avec un puzzle dont les pièces ne s'emboitent jamais. Indéboulonnable grâce à ses buts, Michael Frey est souvent flanqué de Benson Manuel et de Michel-Ange Balikwisha, trio cantonné aux postes les plus offensifs du terrain. En Italie, c'est pourtant à l'un des trois postes les plus hauts sur le rectangle vert que Nainggolan a connu ses derniers instants de grâce, associé à Edin Dzeko et Patrick Schick dans la course romaine vers les demi-finales de Ligue des Champions. Deux attaquants pas franchement appâtés par la profondeur, qui laissent le Ninja dévorer les espaces. Radja fait alors voler en éclats les méticuleuses tactiques italiennes par son intensité hors du commun.

Le problème, c'est que l'âge avance et les jambes fatiguent. Éternel courtisan lors de son époque à la tête des Blues de Chelsea, Antonio Conte avertit ainsi rapidement Nainggolan lors de leur rencontre à l'Inter, à l'été 2019: au milieu de terrain, il n'est que le sixième choix. L'indice d'un déclin physique incompatible avec les exigences pulmonaires du jeu du Mister ?

Dans un championnat belge plus intense qu'il n'y paraît, le Ninja semble en tout cas dans une situation inconfortable au coeur du jeu anversois, devant la défense ou dans un rôle d'intérieur qui exige de nombreuses courses. Sa conservation du ballon, ses tacles spectaculaires et son jeu long restent évidemment des atouts précieux, mais son football résolument tourné vers l'avant se marie mal avec le déséquilibre déjà presque permanent du onze de Brian Priske.

Le mariage entre l'Antwerp version Priske et le Ninja version trentenaire semble avoir très vite épuisé sa lune de miel. Le pire, c'est que Nainggolan ne parait même plus en mesure d'offrir une dose suffisante de pralines pour entretenir un amour irrationnel: s'il a marqué une fois hors de la surface cette saison, aucune de ses 46 autres tentatives à distance n'a fait trembler les filets. Au moment de régler l'addition, ça risque de faire cher le coup de canon. Heureusement pour Radja, la Pro League se prépare seulement à servir le dessert.

La frappe est violente. Elle crève le plafond du but défendu par Mike Vanhamel, et offre au Great Old la victoire dans le derby face à son meilleur ennemi. Dans certains clubs, on dit parfois d'un but à la portée symbolique si importante qu'il suffit à rentabiliser un transfert. Pour Radja Nainggolan, une victoire face au Beerschot ne suffit évidemment pas. Si Paul Gheysens a aligné les millions pour s'offrir les services du Ninja le plus célèbre du football belge, c'est pour enfin subtiliser cette couronne nationale bien vissée sur la tête des Brugeois. Le puissant président se met sans doute à croire au coup fumant quand, onze jours après avoir éteint le Kiel, son numéro 4 fait claquer la lucarne de Robin Himmelmann, le dernier rempart d'Eupen. Le problème, c'est que nous sommes alors le 16 décembre et que ce but est, encore aujourd'hui, le dernier marqué par Radja Nainggolan. À l'image de son club, l'ancien Diable rouge est bien moins en verve après la trêve hivernale. L'Union, Bruges et Anderlecht font tous les trois exploser le Great Old au second tour de la phase classique, régnant notamment sur un milieu de terrain où le Ninja donne parfois l'impression d'être perdu autour du rond central. Presque à bout de souffle face aux jeunes jambes adverses."Ce n'est pas un choix de fin de carrière, je me sens encore bien", balayait pourtant l'ancien gladiateur du Stadio Olimpico au bout de l'année dernière, quand on évoquait avec lui un retour au bercail aux faux airs de tournée d'adieux. Plutôt que dans les jambes, la source de cette sensation d'égarement serait donc plutôt à trouver dans la tête de celui qui porte désormais le brassard de capitaine du matricule 1.Dans sa quête qui semble toujours inassouvie, au point de sembler vaine, d'empiler un maximum de talents sur la pelouse, le coach Brian Priske donne l'impression de jouer avec un puzzle dont les pièces ne s'emboitent jamais. Indéboulonnable grâce à ses buts, Michael Frey est souvent flanqué de Benson Manuel et de Michel-Ange Balikwisha, trio cantonné aux postes les plus offensifs du terrain. En Italie, c'est pourtant à l'un des trois postes les plus hauts sur le rectangle vert que Nainggolan a connu ses derniers instants de grâce, associé à Edin Dzeko et Patrick Schick dans la course romaine vers les demi-finales de Ligue des Champions. Deux attaquants pas franchement appâtés par la profondeur, qui laissent le Ninja dévorer les espaces. Radja fait alors voler en éclats les méticuleuses tactiques italiennes par son intensité hors du commun.Le problème, c'est que l'âge avance et les jambes fatiguent. Éternel courtisan lors de son époque à la tête des Blues de Chelsea, Antonio Conte avertit ainsi rapidement Nainggolan lors de leur rencontre à l'Inter, à l'été 2019: au milieu de terrain, il n'est que le sixième choix. L'indice d'un déclin physique incompatible avec les exigences pulmonaires du jeu du Mister ?Dans un championnat belge plus intense qu'il n'y paraît, le Ninja semble en tout cas dans une situation inconfortable au coeur du jeu anversois, devant la défense ou dans un rôle d'intérieur qui exige de nombreuses courses. Sa conservation du ballon, ses tacles spectaculaires et son jeu long restent évidemment des atouts précieux, mais son football résolument tourné vers l'avant se marie mal avec le déséquilibre déjà presque permanent du onze de Brian Priske.Le mariage entre l'Antwerp version Priske et le Ninja version trentenaire semble avoir très vite épuisé sa lune de miel. Le pire, c'est que Nainggolan ne parait même plus en mesure d'offrir une dose suffisante de pralines pour entretenir un amour irrationnel: s'il a marqué une fois hors de la surface cette saison, aucune de ses 46 autres tentatives à distance n'a fait trembler les filets. Au moment de régler l'addition, ça risque de faire cher le coup de canon. Heureusement pour Radja, la Pro League se prépare seulement à servir le dessert.