Abbas Bayat s'était laissé embobiner jadis par Dudu Dahan. Et maintenant, c'est au tour de Roland Duchâtelet ? Cet agent israélien de 41 ans a clairement du talent pour convaincre les présidents businessmen et leur vendre du rêve.

En janvier 2011, il avait réussi à fourguer huit joueurs à Charleroi. Sorti de sa bouche à l'époque : "Ce club a maintenant une équipe pour évoluer dans le Top 6." Bilan en fin de saison : chute en D2.

Pierre-Yves Hendrickx, le directeur administratif des Zèbres est sévère à son propos : "Nous avions deux millions d'euros en caisse pour réaliser un bon mercato d'hiver. Au bout du compte, Dahan généra un échec sportif et financier. Quand il venait au Mambourg, c'était toujours avec Abbas Bayat.

Dahan connaissait bien le chemin menant aux bureaux bruxellois de notre ancien président. Quand ses protégés ne jouaient pas, c'était l'enfer pour le coach. Dahan a souvent téléphoné à Abbas Bayat, qui réclamait alors des explications à ses différents T1.

En janvier 2012, Tibor Balog a critiqué Dahan en public et devant Abbas Bayat. Ce dernier l'a reproché à Balog. Abbas Bayat a tranché mais c'est Dahan qui a eu sa tête. Il est interdit de séjour dans notre club. Je l'ai croisé dans la tribune du Lierse en 2012-13. Il n'a plus ses entrées chez nous."

Aujourd'hui, c'est donc le patron du Standard qui lui fait une confiance aveugle et a engagé un de ses poulains comme T1, Guy Luzon. Dahan a été joueur professionnel en Israël mais n'a pas atteint les sommets et a raccroché assez tôt, à cause d'une blessure au genou.

Il possède un diplôme de préparateur physique et s'est essayé au métier de coach, en D2 dans son pays. Il commençait déjà à chipoter dans le transfert de joueurs et sa fédé lui a imposé de choisir : coach ou agent. Il a décidé d'être manager. "Mais sa véritable ambition, c'est d'entraîner une grande équipe", pense Hendrickx.

Impliqué dans différents scandales

La semaine dernière, il a donné une interview au Jerusalem Post. Sur le site, cet entretien est répertorié parmi les "most viewed stories". Il faut dire que le titre attire : -In true super-agent style, Dahan deflects criticism. Il répond aux critiques et le journaliste ne l'épargne pas.

Dahan est décrit comme un homme controversé et arrogant, impliqué dans différents scandales. On l'accuse d'avoir tenté d'influencer Luis Fernandez dans ses sélections quand le Français coachait l'équipe israélienne. Dernier gros reproche en date : avoir fait signer Luzon au Standard au moment où les Espoirs de celui-ci préparaient l'Euro à domicile.

Luzon avait intérêt à ce que le tournoi se passe bien, mais ce fut tout le contraire et après deux mauvais matches, il est devenu "l'ennemi public numéro 1" pour la presse israélienne. Il a aggravé son cas quand il a critiqué le public.

Dahan affirme que Luzon a eu tort sur ce coup-là, mais lui aussi balance : "Le gros problème de cet Euro, ce sont les médias israéliens. Ils ne sont pas professionnels et ils contribuent à augmenter la violence qui gangrène notre football. Même Benyamin Netanyahou n'aurait pas été assez costaud pour résister aux critiques qui se sont abattues sur Luzon."

Au crédit de l'agent, selon la presse israélienne, il y a sa faculté à faire sortir d'Israël ou d'autres compétitions mineures plusieurs joueurs relativement anonymes, qui se retrouvent ensuite dans des championnats d'un meilleur niveau, essentiellement en Belgique. Il y a un cas marquant : Leor Refaelov qui fait de bonnes choses avec le Club Bruges.

On peut aussi parler de réussites avec Elvedin Dzinic ou Mijusko Bojovic qui sont devenus titulaires à Charleroi après avoir quitté la Slovénie et le Monténégro. "Pour moi, c'est un excellent agent qui réalise ses promesses", avance Bojovic. "Il m'avait repéré lors d'un match des Espoirs Monténégro-Israël. J'aurais pu le rejoindre dans son pays mais j'ai préféré rester en Europe. Il m'a alors parlé de Charleroi.

Je n'avais même pas encore de contrat ave lui : je l'ai cru sur parole et tout s'est passé comme il l'avait prévu. Dahan a aussi réglé mon récent passage à Waasland Beveren." Comme Bojovic était en fin de contrat, l'agent israélien n'a eu pas besoin de l'accord de Charleroi pour boucler ce dossier.

Pour un Refaelov, combien de Biton ?

Dahan joue sur le nombre, il déclare qu'il travaille (bien) pour plus de 80 joueurs : "Je bosse différemment des autres agents", dit-il. A l'entendre, l'ascension du club roumain de Cluj, de la D2 jusqu'à la Ligue des Champions, porte en partie sa griffe.

Cluj, le nouveau club de Mircea Rednic, soit dit en passant, qui l'accuse de tous les péchés d'Israël et donc de l'installation de Luzon à sa place au Standard. Mais pour un Leor Refaelov, combien de Dudu Biton, autre fer de lance de Dahan ?

Ses clients sont pour la plupart dans le championnat israélien. Et parmi ceux qui sont ailleurs, il n'y a pas de noms ronflants. On connaît chez nous un Shlomi Arbeitman (loué à Mons en 2012-13 où Dimitri Mbuyu précise : "Je n'ai pas vu Dahan, c'est Mogi Bayat qui a réglé les modalités du prêt avec Gand") un Abraham Kumedor (Charleroi) ou un Barak Badash (prêté la saison dernière à Waasland-Beveren).

Il y en a d'autres en Pologne et à Chypre mais ça ne casse rien. Dahan s'est déjà planté au Standard avec Maor Buzaglo, Rami Gershon et Biton. Il joue gros avec Luzon. Au Standard, Jean-François de Sart se contente de dire : "Pour moi, Dahan est un agent de joueurs comme les autres."

PAR PIERRE BILIC ET PIERRE DANVOYE

Abbas Bayat s'était laissé embobiner jadis par Dudu Dahan. Et maintenant, c'est au tour de Roland Duchâtelet ? Cet agent israélien de 41 ans a clairement du talent pour convaincre les présidents businessmen et leur vendre du rêve.En janvier 2011, il avait réussi à fourguer huit joueurs à Charleroi. Sorti de sa bouche à l'époque : "Ce club a maintenant une équipe pour évoluer dans le Top 6." Bilan en fin de saison : chute en D2.Pierre-Yves Hendrickx, le directeur administratif des Zèbres est sévère à son propos : "Nous avions deux millions d'euros en caisse pour réaliser un bon mercato d'hiver. Au bout du compte, Dahan généra un échec sportif et financier. Quand il venait au Mambourg, c'était toujours avec Abbas Bayat.Dahan connaissait bien le chemin menant aux bureaux bruxellois de notre ancien président. Quand ses protégés ne jouaient pas, c'était l'enfer pour le coach. Dahan a souvent téléphoné à Abbas Bayat, qui réclamait alors des explications à ses différents T1.En janvier 2012, Tibor Balog a critiqué Dahan en public et devant Abbas Bayat. Ce dernier l'a reproché à Balog. Abbas Bayat a tranché mais c'est Dahan qui a eu sa tête. Il est interdit de séjour dans notre club. Je l'ai croisé dans la tribune du Lierse en 2012-13. Il n'a plus ses entrées chez nous."Aujourd'hui, c'est donc le patron du Standard qui lui fait une confiance aveugle et a engagé un de ses poulains comme T1, Guy Luzon. Dahan a été joueur professionnel en Israël mais n'a pas atteint les sommets et a raccroché assez tôt, à cause d'une blessure au genou.Il possède un diplôme de préparateur physique et s'est essayé au métier de coach, en D2 dans son pays. Il commençait déjà à chipoter dans le transfert de joueurs et sa fédé lui a imposé de choisir : coach ou agent. Il a décidé d'être manager. "Mais sa véritable ambition, c'est d'entraîner une grande équipe", pense Hendrickx.Impliqué dans différents scandalesLa semaine dernière, il a donné une interview au Jerusalem Post. Sur le site, cet entretien est répertorié parmi les "most viewed stories". Il faut dire que le titre attire : -In true super-agent style, Dahan deflects criticism. Il répond aux critiques et le journaliste ne l'épargne pas.Dahan est décrit comme un homme controversé et arrogant, impliqué dans différents scandales. On l'accuse d'avoir tenté d'influencer Luis Fernandez dans ses sélections quand le Français coachait l'équipe israélienne. Dernier gros reproche en date : avoir fait signer Luzon au Standard au moment où les Espoirs de celui-ci préparaient l'Euro à domicile.Luzon avait intérêt à ce que le tournoi se passe bien, mais ce fut tout le contraire et après deux mauvais matches, il est devenu "l'ennemi public numéro 1" pour la presse israélienne. Il a aggravé son cas quand il a critiqué le public.Dahan affirme que Luzon a eu tort sur ce coup-là, mais lui aussi balance : "Le gros problème de cet Euro, ce sont les médias israéliens. Ils ne sont pas professionnels et ils contribuent à augmenter la violence qui gangrène notre football. Même Benyamin Netanyahou n'aurait pas été assez costaud pour résister aux critiques qui se sont abattues sur Luzon."Au crédit de l'agent, selon la presse israélienne, il y a sa faculté à faire sortir d'Israël ou d'autres compétitions mineures plusieurs joueurs relativement anonymes, qui se retrouvent ensuite dans des championnats d'un meilleur niveau, essentiellement en Belgique. Il y a un cas marquant : Leor Refaelov qui fait de bonnes choses avec le Club Bruges.On peut aussi parler de réussites avec Elvedin Dzinic ou Mijusko Bojovic qui sont devenus titulaires à Charleroi après avoir quitté la Slovénie et le Monténégro. "Pour moi, c'est un excellent agent qui réalise ses promesses", avance Bojovic. "Il m'avait repéré lors d'un match des Espoirs Monténégro-Israël. J'aurais pu le rejoindre dans son pays mais j'ai préféré rester en Europe. Il m'a alors parlé de Charleroi.Je n'avais même pas encore de contrat ave lui : je l'ai cru sur parole et tout s'est passé comme il l'avait prévu. Dahan a aussi réglé mon récent passage à Waasland Beveren." Comme Bojovic était en fin de contrat, l'agent israélien n'a eu pas besoin de l'accord de Charleroi pour boucler ce dossier.Pour un Refaelov, combien de Biton ?Dahan joue sur le nombre, il déclare qu'il travaille (bien) pour plus de 80 joueurs : "Je bosse différemment des autres agents", dit-il. A l'entendre, l'ascension du club roumain de Cluj, de la D2 jusqu'à la Ligue des Champions, porte en partie sa griffe.Cluj, le nouveau club de Mircea Rednic, soit dit en passant, qui l'accuse de tous les péchés d'Israël et donc de l'installation de Luzon à sa place au Standard. Mais pour un Leor Refaelov, combien de Dudu Biton, autre fer de lance de Dahan ?Ses clients sont pour la plupart dans le championnat israélien. Et parmi ceux qui sont ailleurs, il n'y a pas de noms ronflants. On connaît chez nous un Shlomi Arbeitman (loué à Mons en 2012-13 où Dimitri Mbuyu précise : "Je n'ai pas vu Dahan, c'est Mogi Bayat qui a réglé les modalités du prêt avec Gand") un Abraham Kumedor (Charleroi) ou un Barak Badash (prêté la saison dernière à Waasland-Beveren).Il y en a d'autres en Pologne et à Chypre mais ça ne casse rien. Dahan s'est déjà planté au Standard avec Maor Buzaglo, Rami Gershon et Biton. Il joue gros avec Luzon. Au Standard, Jean-François de Sart se contente de dire : "Pour moi, Dahan est un agent de joueurs comme les autres."PAR PIERRE BILIC ET PIERRE DANVOYE