Le 22 décembre, le journal hollandais Het Brabants Dagblad publiait une interview d' Arnaut Danjuma Groeneveld, l'homme de l'année 2018 dans la région d'Oss, un vivier de footballeurs internationaux puisque Ruud van Nistelrooij, Marc van Hintum, Theo Lucius, Kirsten Van de Ven (une internationale néerlandaise féminine) et Danjuma en sont originaires.
...

Le 22 décembre, le journal hollandais Het Brabants Dagblad publiait une interview d' Arnaut Danjuma Groeneveld, l'homme de l'année 2018 dans la région d'Oss, un vivier de footballeurs internationaux puisque Ruud van Nistelrooij, Marc van Hintum, Theo Lucius, Kirsten Van de Ven (une internationale néerlandaise féminine) et Danjuma en sont originaires. L'interview avait eu lieu au café De Groene Engel et Danjuma était arrivé au rendez-vous avec le sourire mais en s'appuyant sur deux béquilles, les deux pieds dans une attelle. Il souffrait de fractures de stress. Une surcharge de travail. L'année 2018 avait été belle mais elle s'était terminée en eau de boudin. " J'espère être de retour en janvier ", disait Danjuma à la fin de l'interview. " Mes objectifs pour 2019 ? Le titre avec le Club Bruges et de bons résultats en Coupe d'Europe. Plus de bonnes prestations avec l'équipe nationale. Nous devrons affronter l'Allemagne mais je l'ai déjà battue. Ça doit donc encore être possible. Mais d'abord guérir : quand je ne peux pas m'entraîner, je ne suis pas heureux. " Il a donc dû être malheureux très longtemps car il n'est pas revenu en janvier. Lors du stage au Qatar, il est souvent resté en salle de fitness. Et il n'a effectué sa rentrée que bien plus tard, le 17 mars. Au cours de la semaine précédant le match face à Eupen, on l'avait déjà revu sur le terrain. La semaine avant Mouscron, il a repris l'entraînement avec le groupe. On ne savait juste pas encore s'il pourrait jouer ce match et, sur la feuille distribuée à la presse une heure avant le coup d'envoi, on pouvait lire : Arnaut Danjuma ou Loïs Openda.Ce n'est que lorsque les joueurs ont pris place dans le dug-out qu'on a vu que Danjuma était là. À vingt minutes de la fin, dans l'espoir d'obtenir les trois points, Ivan Leko l'a lancé dans la bagarre. Mais c'est Mouscron qui a gagné et on n'a guère vu Danjuma. Un retour par la petite porte, donc. Mërgim Vojvoda semblait trop fort pour lui. L'arrière droit de l'Excel avait bien étudié les mouvements de Danjuma et anticipait à chaque fois que celui-ci essayait de rentrer dans le jeu. Le Hollandais n'a jamais trouvé l'espace pour tirer et il manquait de vitesse pour dribbler. Il faut cependant ajouter qu'avant cela, Krépin Diatta n'avait guère fait mieux face au Kosovar et qu'il ne fallait pas attendre de miracle d'un joueur absent des terrains pendant cinq mois. Il n'empêche qu'après autant de temps, Danjuma a dû être heureux de pouvoir rejouer. Car, comme il le dit dans cette interview, toute sa vie tourne autour du sport, des défis, de la compétition. Son colocataire joue à Torhout, son voisin à Sint-Michiels s'appelle Stefano Denswil, ses amis sont pratiquement tous issus du milieu du football. " Je veux toujours gagner ", dit-il dans Het Brabants Dagblad : " Tout a commencé en rue, lorsque nous jouions à cinq contre cinq. Le pire, c'est que mes copains sont comme ça aussi. Celui qui perd a intérêt à rester chez lui pendant une semaine. C'est une question d'honneur. Chez nous, on ne pouvait rien faire sans que ça tourne à la compétition. Si nous sommes à deux au feu rouge, c'est à celui qui démarrera le premier. " Si tout va bien, hormis Matej Mitrovic, le Club Bruges pourra entamer les play-off avec un noyau au complet. Avant le Nouvel An, Ivan Leko n'avait pratiquement plus un seul joueur disponible sur les ailes mais cette fois, tout le monde est présent. Il y aura donc de la concurrence à droite ( Dennis, Vlietinck, Mata et Cools) mais aussi à gauche, avec Diatta et Danjuma, les deux plus grands espoirs du noyau brugeois. Le duo a vu sa progression récompensée par des sélections en équipe nationale A. En mars, Diatta a été repris pour la première fois avec le Sénégal. Danjuma, pour sa part, avait débuté en octobre avec les Pays-Bas. Remplaçant face à l'Allemagne, il avait été titularisé contre la Belgique. Ce soir-là, il avait poussé Timothy Castagne à la faute et avait profité d'une perte de balle de celui-ci pour offrir un assist à Donny van de Beek. Il y a un an, Diatta effectuait ses débuts en play-offs 1. Cette fois, c'est au tour de Danjuma, qui a toutefois l'avantage de s'être déjà montré au public brugeois en début de saison. Dans un premier temps, il fera sans doute office de joker car il n'est pas prêt à tenir 90 minutes. La fracture de stress, consécutive à une surcharge, l'a longtemps handicapé. D'autant que Bruges ne voulait pas prendre le moindre risque avec un joueur qui intéressait déjà l'AC Milan. Selon les sites spécialisés, cet intérêt aurait diminué car les Italiens sont proches d'un retour en Ligue des Champions et visent un peu plus haut qu'une bonne affaire brugeoise. Mais si Danjuma prouve sur le terrain qu'il est de retour, l'intérêt pour sa personne reviendra vite. Et la bonne affaire (un million l'été dernier) pourrait rapporter beaucoup d'argent. Il y a une chose qu'on n'enlèvera pas à Danjuma : il est toujours aussi sûr de lui. Selon ceux qui le côtoient chaque jour, sa blessure ne l'a pas fait douter. Dans l'interview accordée à Het Brabants Dagblad, il admet ne pas être le plus facile. " Quand on dit ce qu'on pense et qu'on ne cherche pas à être politiquement correct, on est critiqué. Mais j'ai choisi d'être comme ça. Je ne tourne pas autour du pot. Je dis ce que je pense et si ça pose un problème à certaines personnes, ça ne m'en pose aucun à moi. " Danjuma s'en ira-t-il dès cet été ? Les play-offs apporteront sans doute la réponse. S'il peut entrer au jeu dimanche face à Gand et s'il bat Thomas Kaminski, ce dernier repensera sans dote à la soirée du 10 août au stade Jan Breydel. Après trois minutes, Danjuma avait roulé Idir Ouali dans la farine et était rentré dans le jeu pour ouvrir le score. Il avait récidivé à la huitième minute. Kaminski, qui défendait toujours les filets de Courtrai à l'époque, n'avait rien pu faire. Il avait cependant écarté une troisième tentative. Les autres joueurs de Gand ont sans doute encore en mémoire (faute de quoi on le leur montrera à la théorie) les images de la soirée du 23 septembre à la Ghelamco Arena : 0-4 pour le Club Bruges, avec un but et un assist de Danjuma. C'était le bon temps, celui où il marquait aussi à l'Atlético, celui où le Club Bruges avait pris 25 points sur 30 en championnat et inscrit 29 buts en 11 matches. Danjuma avait démontré qu'il était un renfort, qu'il pouvait couvrir tout le flanc gauche et faire oublier Limbombe, comme il l'avait fait à NEC. Puis vint le chapitre des attelles et des béquilles. Dimanche, il est temps de tourner la page.