Marc Degryse
Opinion

18/09/18 à 15:18 - Mise à jour à 15:26

Qui a bien bossé cet été ?

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, le classement actuel reflète bien la manière dont les clubs belges ont travaillé cet été.

Qui a bien bossé cet été ?

L'Antwerp, emmené par Lior Refaelov, est la bonne surprise de ce début de saison. © BELGAIMAGE

Si on prend le top 6 après sept journées, il y a une fracture nette. Les trois premières équipes du classement montrent beaucoup de choses positives alors que les trois suivantes rament sur plusieurs points. Et si on regarde la politique qui a été menée pendant l'été, ce n'est pas vraiment étonnant. Il y a les clubs qui ont voulu et su conserver tout ce qui fonctionnait bien, et ceux qui ont multiplié les mouvements dans le noyau ou le staff.

Bruges poursuit sur sa lancée de la saison dernière, avec la même équipe ou presque. Anthony Limbombe n'est plus là mais Arnaut Groeneveld est un vrai renfort. Ça reste une équipe rodée, avec un système bien en place, des automatismes et une grande foi, elle est toujours aussi difficile à contrarier. Dès le début du championnat, Bruges montrait les signes d'une équipe qui était prête.

Je dirais la même chose de Genk, qui continue à séduire. Les gars de Philippe Clement ont confirmé, en gagnant contre Anderlecht, qu'ils seraient des outsiders sérieux pour remporter un prix cette saison. À tous les postes, il y a un talent individuel intéressant. Ces joueurs montent clairement sur le terrain avec l'envie de gagner et une grande confiance en eux. Sébastien Dewaest est subitement ressorti de nulle part, il a rappelé pourquoi Genk était allé le prendre à Charleroi. Il y a plusieurs joueurs-clefs qui sont au-dessus du lot : Sander Berge, Ruslan Malinovski, Alejandro Pozuelo, Leandro Trossard. Clement a peu de nouveaux joueurs à intégrer, et ceux qui sont arrivés renforcent bien le noyau en profondeur.

Et puis il y a l'Antwerp, la vraie bonne surprise de la première ligne droite. Là-bas aussi, on a continué à miser sur ce qui avait bien fonctionné la saison dernière. Les piliers sont restés et il y a du tout bon dans ce qui est arrivé pendant l'été. Il y a eu un vrai apport en termes de créativité, avec Lior Refaelov comme exemple le plus frappant. On va voir ce que Dieumerci Mbokani est encore capable d'apporter mais c'est prometteur. Et un joueur comme Amara Baby peut aussi être un plus.

Anderlecht, Gand et le Standard sont aussi dans le top 6 provisoire. C'est la bonne nouvelle. Mais à côté de ça, il n'y a pas la même fluidité que chez les trois premiers. On sent que les Mauves vont encore avoir besoin de temps pour devenir réguliers et jouer un rôle en vue. Hein Vanhaezebrouck a actuellement l'excuse de plusieurs absences importantes mais ça ne suffit quand même pas à tout expliquer. Après leur départ en fanfare, Ivan Santini et Landry Dimata sont déjà à la recherche de leur second souffle. Et les autres nouveaux joueurs n'ont pas encore démontré qu'ils étaient capables de supporter la pression qui accompagne ce club partout et tout le temps. Le jeu n'est pas encore huilé.

Et si je trouve normal qu'un entraîneur essaie de mettre ses hommes en confiance, j'ai du mal à comprendre le debriefing très positif de Vanhaezebrouck, qui a vu beaucoup de bonnes choses dans le match à Genk. Comme en play-offs la saison dernière, Anderlecht n'arrive pas à gagner les matches difficiles et je répète qu'un gros problème est l'absence d'un patron technique devant Adrien Trebel. S'il avait un Pozuelo devant lui, on verrait autre chose. Il ne faut pas confondre Pieter Gerkens et Alejandro Pozuelo, on ne parle pas de la même chose.

À Gand, on comprend déjà que les départs de joueurs come Yuya Kubo, Moses Simon et Samuel Kalu, c'est une terrible saignée. L'équipe d'Yves Vanderhaeghe a fait un 12 sur 12 avant de mordre la poussière contre Saint-Trond mais c'était aveuglant, ça ne correspondait pas à ce qu'elle montrait. C'est une équipe en reconstruction, ça se paie.

Le Standard n'a pas bouleversé son noyau, mais là-bas, on comprend qu'il faut aussi du temps pour que les principes d'un nouvel entraîneur soient bien compris par tout le monde. Michel Preud'homme ne travaille pas du tout comme Ricardo Sa Pinto. Et quand les joueurs les plus créatifs ne sont pas dans un bon jour, ça bloque directement. Les Liégeois n'ont pas digéré leur pauvre match nul contre Charleroi. Pourtant, il reflétait parfaitement la physionomie du match.

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