Alors que certains collègues battent le pavé depuis une décennie voir plus sans connaître le même succès, l'ascension de Mogi Bayat n'aura pris que quelques années Alors comment expliquer cette omniprésence sur le terrain des transferts ? Pourquoi certains clubs belges semblent en être dépendants ? Enquête au coeur du système Bayat.

Connaître l'envers du décor

Mis à part les plus grandes stars qui rapportent très gros à leur conseiller, l'image de l'agent de joueur s'investissant corps et âme pour son protégé a pris du plomb dans l'aile. Aujourd'hui, dans un foot fortement globalisé, les transactions se sont compliquées et se réalisent généralement à plusieurs. Et si l'on veut frapper à la bonne porte, mieux vaut connaître les bonnes personnes. Là réside l'un des principaux atouts de Mogi Bayat. Car avant que son oncle ne le congédie de son poste de manager général du Sporting de Charleroi en octobre 2010, Mogi a tissé pendant sept ans sa toile au sein du football belge, le temps de réseauter, de décrypter le business en place et de fraterniser avec les décisionnaires, ceux qu'il faut arriver à contenter pour parvenir à ses fins. En étant longtemps positionné dans le camp d'en face, Bayat s'est frotté quasi quotidiennement aux agents, assimilant le mode de fonctionnement et les règles d'un milieu souvent conflictuel. Un écolage privilégié qui lui a permis de gagner du temps, beaucoup de temps par rapport à la concurrence.

" Grâce à mon travail à Charleroi, j'ai appris à connaître le marché belge, et j'ai constitué un vaste réseau ", reconnaissait d'ailleurs l'intéressé dans une interview accordée à l'Echo en septembre dernier. " J'ai la chance d'avoir travaillé dans un club, et d'avoir siégé au Conseil d'administration de la Pro League. Je me suis occupé de droits de retransmission TV et de sponsoring. C'est ma chance : je connais beaucoup de monde en Belgique et à l'étranger. "

La base du système

En Belgique, Bayat a eu l'intelligence ou la malice, c'est selon, de se lier d'amitié avec Herman Van Holsbeeck, Michel Louwagie, ou l'ex-directeur général de Genk, Dirk Degraen, dont la trop grande proximité avec Bayat lui a finalement coûté cher. Le système Bayat prend sa source autant auprès du club qu'auprès de la matière première, le joueur. Ce qui donne lieu parfois à des scènes déconcertantes comme à Courtrai où lors d'un conflit entre " son " joueur et la direction, il finit par prendre la défense de la partie adverse. " Mogi essayait de faire comprendre à celui qu'il était censé défendre qu'il devait accepter une diminution de 40 % de son salaire. Il était le seul à prendre la parole pour la partie courtraisienne, d'ailleurs. ", nous explique un membre du syndicat des joueurs, Sporta.

Ce modèle d'agent " de club ", Mogi Bayat l'avait en quelque sorte testé du temps où il était encore directeur général des Zèbres. A cette époque, tout ou presque au rayon départs et arrivées passait par l'agent Didier Frenay, alors partenaire privilégié de Charleroi.

Mogi Bayat expliquait d'ailleurs dans la DH avoir " compris ce qui échappe encore à beaucoup de gens. C'est-à-dire qu'il faut dans un transfert que les trois parties s'en sortent gagnantes : le club acheteur, le club vendeur et le joueur. "

Par Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité du reportage consacré à Mogi Bayat dans votre Sport/Foot Magazine

Alors que certains collègues battent le pavé depuis une décennie voir plus sans connaître le même succès, l'ascension de Mogi Bayat n'aura pris que quelques années Alors comment expliquer cette omniprésence sur le terrain des transferts ? Pourquoi certains clubs belges semblent en être dépendants ? Enquête au coeur du système Bayat. Mis à part les plus grandes stars qui rapportent très gros à leur conseiller, l'image de l'agent de joueur s'investissant corps et âme pour son protégé a pris du plomb dans l'aile. Aujourd'hui, dans un foot fortement globalisé, les transactions se sont compliquées et se réalisent généralement à plusieurs. Et si l'on veut frapper à la bonne porte, mieux vaut connaître les bonnes personnes. Là réside l'un des principaux atouts de Mogi Bayat. Car avant que son oncle ne le congédie de son poste de manager général du Sporting de Charleroi en octobre 2010, Mogi a tissé pendant sept ans sa toile au sein du football belge, le temps de réseauter, de décrypter le business en place et de fraterniser avec les décisionnaires, ceux qu'il faut arriver à contenter pour parvenir à ses fins. En étant longtemps positionné dans le camp d'en face, Bayat s'est frotté quasi quotidiennement aux agents, assimilant le mode de fonctionnement et les règles d'un milieu souvent conflictuel. Un écolage privilégié qui lui a permis de gagner du temps, beaucoup de temps par rapport à la concurrence. " Grâce à mon travail à Charleroi, j'ai appris à connaître le marché belge, et j'ai constitué un vaste réseau ", reconnaissait d'ailleurs l'intéressé dans une interview accordée à l'Echo en septembre dernier. " J'ai la chance d'avoir travaillé dans un club, et d'avoir siégé au Conseil d'administration de la Pro League. Je me suis occupé de droits de retransmission TV et de sponsoring. C'est ma chance : je connais beaucoup de monde en Belgique et à l'étranger. " En Belgique, Bayat a eu l'intelligence ou la malice, c'est selon, de se lier d'amitié avec Herman Van Holsbeeck, Michel Louwagie, ou l'ex-directeur général de Genk, Dirk Degraen, dont la trop grande proximité avec Bayat lui a finalement coûté cher. Le système Bayat prend sa source autant auprès du club qu'auprès de la matière première, le joueur. Ce qui donne lieu parfois à des scènes déconcertantes comme à Courtrai où lors d'un conflit entre " son " joueur et la direction, il finit par prendre la défense de la partie adverse. " Mogi essayait de faire comprendre à celui qu'il était censé défendre qu'il devait accepter une diminution de 40 % de son salaire. Il était le seul à prendre la parole pour la partie courtraisienne, d'ailleurs. ", nous explique un membre du syndicat des joueurs, Sporta. Ce modèle d'agent " de club ", Mogi Bayat l'avait en quelque sorte testé du temps où il était encore directeur général des Zèbres. A cette époque, tout ou presque au rayon départs et arrivées passait par l'agent Didier Frenay, alors partenaire privilégié de Charleroi. Mogi Bayat expliquait d'ailleurs dans la DH avoir " compris ce qui échappe encore à beaucoup de gens. C'est-à-dire qu'il faut dans un transfert que les trois parties s'en sortent gagnantes : le club acheteur, le club vendeur et le joueur. " Par Thomas Bricmont Retrouvez l'intégralité du reportage consacré à Mogi Bayat dans votre Sport/Foot Magazine