Tu as décidé de ne pas te faire opérer parce que tu espères que ton ligament va guérir de lui-même en trois mois. Si ça ne marche pas, tu devras y passer et tu seras out pour neuf mois de plus. C'est un risque calculé ?
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Tu as décidé de ne pas te faire opérer parce que tu espères que ton ligament va guérir de lui-même en trois mois. Si ça ne marche pas, tu devras y passer et tu seras out pour neuf mois de plus. C'est un risque calculé ?Tout à fait. Quand c'est le ligament antérieur qui est déchiré, il faut opérer, on n'a pas le choix. Quand c'est le postérieur, il peut toujours se régénérer s'il n'est pas entièrement déchiré. C'est mon cas. Le médecin, qui connaît mon corps, m'a directement dit que ça pouvait fonctionner. Tout évolue bien, mon genou réagit bien, je n'ai pas de douleurs, je refais déjà pas mal d'exercice. Il y a des précédents qui m'encouragent. Jean-Marie Pfaff a souffert de la même blessure, ça s'est refait tout seul. Je l'ai appelé, il m'a tout expliqué. Geert De Vlieger a connu ça aussi. Si ça fonctionne comme on l'espère, je pourrais rejouer en février. Tu as une solution pour mettre fin à la mode des lancers de briquets sur les terrains de foot ? Tu es bien placé pour en parler ! La solution est très simple : tolérance zéro. Et là, plus personne ne jettera des objets sur les pelouses. On n'aura plus de briquets, plus de bananes, plus de gobelets, plus de pétards, plus de pièces de monnaie. On est quand même un championnat à part. A l'étranger, on a enlevé les filets derrière les buts et il n'y a plus d'incidents. Chez nous, ça s'aggrave. On attend qu'il y ait un gros accident ? Quand on a joué cette saison chez nous contre le Standard, un briquet m'a touché sous le nez. Certains en ont douté mais je le jure sur la tête de mes enfants. J'ai eu la chance qu'il soit lancé de près. Et ça fait déjà très mal. Imagine une pièce lancée de 25 mètres, elle peut t'ouvrir le crâne ou te crever un oeil. Qu'est-ce qu'on attend pour s'en rendre compte et enfin agir ? Tu as été mis à l'honneur par la direction d'Anderlecht avant ton match là-bas avec Ostende. Il y a quand même un peu d'hypocrisie, non ? Ce sont les mêmes personnes qui ont décidé en fin de saison passée de ne pas te conserver.Je préfère retenir l'hommage des supporters. Pour le reste... Le passé, c'est le passé. J'avoue que j'ai été surpris que la direction fasse quelque chose pour moi, mais quand j'ai vu que Roger Vanden Stock était derrière l'initiative, j'ai déjà été moins étonné ! Parce qu'il m'a toujours beaucoup apprécié. Il y a là-bas des gens qui ne m'aimaient pas quand je suis arrivé et qui ne m'aimaient toujours pas quand je suis parti. C'est comme ça. Ce week-end, tu as fait tes débuts comme consultant pour Eleven lors de Lazio - Roma. C'est une piste de reconversion ?C'est sûr. Ça s'est fait en studio à Anvers et j'ai pris beaucoup de plaisir. Cela faisait un moment que j'avais envie d'essayer. J'aimerais bien faire quelque chose dans ce domaine quand j'arrêterai de jouer. Tu penses qu'à Anderlecht, on se mord un peu / beaucoup / passionnément les doigts de ne pas t'avoir conservé ? Je ne pense pas. Ils savaient qu'ils prenaient un risque en misant sur un jeune gardien comme Davy Roef. Tu ne peux jamais rien prévoir avec un jeune dans le but. Et à Anderlecht, c'est particulièrement difficile. Tu dois être performant directement, tu as la pression, tu dois pouvoir rassurer ta défense, tu es obligé d'avoir une force de caractère énorme. Il y a eu des petits soucis, mais au bout du compte, il n'y a rien de mal fait. Anderlecht joue quand même la tête du classement, et de toute façon, le championnat ne commence qu'en mars. Il sera toujours temps de transférer un gardien en janvier si ça n'évolue pas bien. Il n'y a pas le feu au club ! La Coupe de Belgique ? Elle ne rapporte rien, de toute façon. Crois-moi, un quart de finale européen occupe beaucoup plus leur esprit qu'un quart en Coupe de Belgique. Par Pierre Danvoye