Noa Lang, 21 ans (Club Bruges)

"Ce qui arrive à Noa était prédit", a déclaré Jeffrey, le père du joueur, un robuste Surinamais aux longues dreads, à un journaliste du Volkskrant aux alentours du Nouvel An. "Par une diseuse de bonne aventure. Noa avait quatre ou cinq ans. Sa mère a écrit tout ce que la voyante a dit sur deux feuilles de papier. Je les garde toujours sur moi. Si tout ce qui est écrit se réalise, ce sera encore plus beau". Il n'a pas fallu quatre mois à Lang pour faire le grand saut d'un rôle de l'ombre à l'Ajax au sommet du foot belge. Ça tient à son travail, à sa progression physique et à la liberté que lui a laissée Clement. Lang est un numéro 10 qui perd beaucoup d'efficacité lorsqu'il est coincé contre la ligne. Clement l'a vite compris. Au cours des premières semaines, il a semblé manquer de sang-froid devant le but, mais au fur et à mesure que sa condition physique s'améliorait, sa finition aussi.
...

"Ce qui arrive à Noa était prédit", a déclaré Jeffrey, le père du joueur, un robuste Surinamais aux longues dreads, à un journaliste du Volkskrant aux alentours du Nouvel An. "Par une diseuse de bonne aventure. Noa avait quatre ou cinq ans. Sa mère a écrit tout ce que la voyante a dit sur deux feuilles de papier. Je les garde toujours sur moi. Si tout ce qui est écrit se réalise, ce sera encore plus beau". Il n'a pas fallu quatre mois à Lang pour faire le grand saut d'un rôle de l'ombre à l'Ajax au sommet du foot belge. Ça tient à son travail, à sa progression physique et à la liberté que lui a laissée Clement. Lang est un numéro 10 qui perd beaucoup d'efficacité lorsqu'il est coincé contre la ligne. Clement l'a vite compris. Au cours des premières semaines, il a semblé manquer de sang-froid devant le but, mais au fur et à mesure que sa condition physique s'améliorait, sa finition aussi. "Trois bons matchs, et il pense qu'il est le meilleur. Mais pour le reste, ce garçon a tout." Ivan Leko était en admiration devant ce milieu de terrain camerounais, qui allie présence physique et capacités techniques. Le Barça avait déjà découvert son potentiel, et il a transféré Martin Hongla de Grenade, pour le laisser dans son équipe B pendant un an. Via l'Ukraine, il s'est ensuite retrouvée au Bosuil. Laszlo Bölöni lui a offert un avant-goût de la D1A, mais a ensuite opté pour un duo Haroun- De Sart. Hongla a profité de la blessure de ce dernier pour s'imposer. Ça lui a permis de progresser: il est plus régulier et son éventail de jeu est plus large. Ce n'est pas un 6 typique, mais il peut se montrer dangereux offensivement. AnouarAitElHadj a un visage de communiant (ça changera) et un profil de jockey (c'est pour de bon, ça). Le genre de joueur qui donne des cauchemars aux défenseurs ou aux médians récupérateurs de grande taille. D'autant plus qu'il est souvent imprévisible dans ses mouvements. Ce produit de la maison mauve possède aussi une passe longue d'une précision diabolique à certains moments. On ne savait rien de lui avant le début de cette saison et aujourd'hui, il passe - avec Albert Sambi Lokonga - pour la plus belle pépite de Neerpede. Il a été invisible de mi-septembre à mi-décembre, puis il est entré dans l'équipe de base et en est rarement sorti. Mettre le feu, c'est son affaire. Genk a payé quatre millions et demi d'euros à l'Atlético Nacional pour cet arrière latéral droit, qui a été recruté pour remplacer Joakim Maehle. Mais même lorsque Maehle était là, Muñoz jouait d'abord comme milieu défensif, une fois comme milieu gauche et plus tard comme défenseur dans la défense à trois. Il n'a pas figuré au coup d'envoi qu'à une seule reprise. C'est en tant qu'arrière droit dans une défense à quatre qu'il se montre le plus à son avantage. Il étale alors ses qualités: de la vivacité dans les duels, et un apport offensif intéressant qui lui a permis d'être l'auteur de plusieurs passes décisives. Dans une saison instable des Genkois, il a été le facteur constant et, en tant que nouveau venu, une agréable surprise devenue rapidement une valeur sûre. Pas retenu par un Standard qui le jugeait insuffisant, le puissant défenseur gaucher débarque en test à la Côte l'été dernier. Jamais vraiment considéré auparavant, par un Genk qui ne le conserve pas ou un Charleroi qui ne saute pas sur l'opportunité à l'époque, Arthur Theate prend sa revanche en devenant l'une des incarnations majeures du jeu énergique d' Alexander Blessin. Déjà convoité pour cinq millions d'euros cet hiver, le Liégeois ne devrait pas faire de vieux os sur le sol belge. Ses limites à la relance et ses progrès attendus dans le placement n'effraient pas ses courtisans. Si une blessure nécessitant une opération a fait de lui le jeune joueur lancé le plus tard par Philippe Montanier cette saison, Hugo Siquet est devenu un titulaire indiscutable depuis que Mbaye Leye s'est installé sur le banc de Sclessin. Sur le côté droit, où le flanc est libéré par le système liégeois pour laisser son exceptionnelle qualité de centre s'exprimer, le neveu de Thierry facture déjà cinq passes décisives pour son baptême chez les professionnels. De quoi pérenniser la domination luxo installée par Thomas Meunier et Timothy Castagne dans le couloir droit des Diables? Ce n'est que lorsqu'il a été absent pour cause de blessure ou après son départ pour Gand, qu'il est apparu clairement à quel point Tarik Tissoudali avait été important pour le Beerschot: quand Holzhauser balançait des ballons par-dessus la défense, Tissoudali était toujours bien positionné et, au lieu d'opérer tel un pur joueur de flanc, évoluait librement entre les lignes. À Gand également, il a immédiatement fait figure de plus-value. Les Buffalos progressent, mais il faudra attendre la saison prochaine pour que Tissoudali fasse vraiment passer l'équipe au niveau supérieur. Et s'il était la première réussite venue de Suède depuis Pär Zetterberg et Christian Wilhelmsson? Devenu habitués des erreurs de casting ces dernières années, le pays de Zlatan Ibrahimovic a déposé à Malines les pieds de velours de Kerim Mrabti. Alternativement utilisé sur le flanc, derrière l'attaquant ou dans un rôle de faux numéro 9 par Wouter Vrancken, le joueur arrivé de Birmingham cet été s'est moulé dans le dispositif très rôdé du jeu malinois et en a sorti six buts et trois passes décisives. Un bilan salvateur au sein d'une équipe qui a longtemps cherché la voie des filets, et un profil de poche qui pourrait encore réserver de bonnes surprises au KaVé. L'Autrichien était sans conteste le meilleur joueur de D1A en début de compétition: il personnifiait le jeu frais et offensif du Beerschot. Chaque attaque portait sa signature et son jeu à l'instinct faisait des merveilles. Raphael Holzhauser n'est pas le plus rapide, mais il pense vite et sent où le ballon doit aller. Il se déplace sur le terrain avec la grâce de l'artiste qu'il est. S'il avait déjà souvent été décisif en D1B, sa classe et sa superbe conduite de balle ne se sont vraiment manifestées que cette saison au sein de l'élite. S'il est un peu rentré dans le rang en cours d'exercice, ses stats parlent d'elles-même: seize buts et seize passes décisives. Cameron Humphreys n'a joué que lors des six premières journées lors de sa première saison (2019-20) à Zulte Waregem. Après cela, l'Anglais n'est plus entré en action. À la pause hivernale, il a été prêté en D2 néerlandaise. À l'Excelsior, il n'a été titularisé qu'à trois reprises. Humphreys est donc revenu, mais sa préparation a été perturbée par le Covid. Lors des onze premiers matches de la saison, ce défenseur central n'a débuté que deux fois, sans grand succès. Le tournant s'est produit au Cercle, lors de la douzième journée de championnat. Zulte a opté pour un nouveau système et l'ancien joueur de Man City s'est parfaitement adapté à ce 3-5-2. L' Essevee a gagné et Humphreys n'a plus jamais quitté le onze de départ. ThomasHenry a dû attendre ses 26 ans pour évoluer au plus haut niveau: il y a six ans, il évoluait encore en D3 française. Beauvais, Fréjus, Nantes B et le FC Chambly: son parcours n'avait rien d'impressionnant, mais quand OHL a arraché l'attaquant au FC Tubize, où il avait marqué onze buts en seize matches, en janvier 2019, les choses ont vite évolué. Henry a étonné tout le monde cette saison, y compris Marc Brys, qui lui a découvert de plus en plus de qualités. Intéressant dos au but, il n'hésite pas non plus à prendre la profondeur et trouve toujours le chemin vers le but adverse, à moins qu'il ne crée des espaces pour ses équipiers. Une interrogation demeure toutefois: à son âge pourra-t-il encore franchir le pas vers un club du top? Lorsqu'il a été présenté en septembre, l'Ivoirien était déjà le treizième nouveau du noyau germanophone et il a d'emblée dit à Beñat San José qu'il n'était "pas là pour s'asseoir sur le banc". Une fameuse assurance pour un joueur débarqué de l'US Monastir, en Tunisie. "Tu vas devoir te battre pour ta place", a répondu le coach, car Eupen disposait déjà de joueurs comme Poulain, Amat ou Koch à l'arrière. Il s'est néanmoins rapidement fait une place dans le onze, et ne l'a plus quitté. Au départ, Agbadou a été aligné comme numéro 6, avant de reculer d'une ligne. "Il est polyvalent, mais sa meilleure place est en défense centrale", avance le T1. Fort dans les duels, il est doté d'un bon jeu de position et se fond bien dans le foot technique des Pandas. Héritier préparé depuis plusieurs mois par Cédric Berthelin et Nicolas Penneteau, il a pris la relève de son compatriote au coeur de l'hiver et de la crise. Pas toujours impérial, sans doute parce que catapulté sur le terrain dans une situation délicate, Rémy Descamps est l'un des rares joueurs véritablement lancés par Karim Belhocine cette saison. Avec une réussite loin d'être incontestable, entre parades parfois spectaculaires et points parfois perdus. Doté d'une excellente formation technique, mais profitant encore trop peu de sa taille pour s'imposer dans les airs, le Français n'a pas encore assez rassuré pour être considéré comme une solution incontestable entre les perches du Sporting zébré. Ce Ouest-Flandrien a éclos sur le tard, après avoir débuté en D1 au Cercle, en 2013. Il ne s'y est pas imposé et a dû patienter jusqu'à ses 25 ans pour retrouver l'élite. Titularisé dès l'entame de la saison, il s'est révélé comme l'un des atouts des Kerels grâce à son gros moteur: c'est lui qui présente les meilleurs résultats du noyau lors des tests physiques. Il parcourt ainsi le flanc droit avec facilité. Il est souvent capable de revenir sur un opposant s'il a été dépassé et offensivement, lorsqu'il atteint la ligne de but, il dispose encore d'assez de puissance et de lucidité pour expédier un bon centre. Il se montre également rapide et habile techniquement, mais cette bonne première saison doit encore être confirmée. On n'attendait pas grand-chose de cet arrière gauche lorsqu'il est arrivé de Wellington Phoenix à la fin du mois d'août. Il n'était donc pas surprenant que l'entraîneur d'alors, Kevin Muscat, ait d'abord laissé Ko Matsubara dans l'équipe. Lors de la septième journée, Cacace a été incorporé au onze et il n'a plus cédé sa place. Le fait que le Néo-Zélandais ait également pu convaincre Peter Maes par la suite en dit long sur l'évolution du triple international. Ses performances ont même suscité l'intérêt de la Juventus, qui souhaitait le faire évoluer avec son équipe B, en Serie C. Avec 27 titularisations et ses 2424 minutes de jeu, Cacace est le deuxième joueur le plus utilisé du STVV cette saison, après Yuma Suzuki. Il n'a pas encore marqué, mais il a offert deux passes décisives à Duckens Nazon et Suzuki.Né à Londres d'un père nigérian et d'une mère française, Iké Ugbo a été formé à Chelsea et a marqué la saison dernière pour Roda, avant d'atterrir au Cercle. À 22 ans, il regorge déjà d'expérience et si ce n'est pas le meilleur technicien, il est travailleur, puissant et dispose d'un sens du but aiguisé. Dans sa lutte contre la relégation, le Cercle n'a pas toujours été verni, mais les seize buts inscrits par Ugbo ont pesé dans la balance. Lorsqu'il s'est un peu essoufflé en cours de saison, les goals se sont fait plus rares, mais il a fini par retrouver le chemin des filets. Cyriel Dessers sait combien il est difficile de marquer plus en Belgique qu'aux Pays-Bas la saison précédente. Ugbo, lui, l'a fait. À Waasland-Beveren, le choix est discutable: Daan Heymans et Aboubakary Koita méritent d'être mentionnés. Ils ont été importants à deux périodes précises: Heymans au début, Koita en novembre. Nous avons quand même opté pour Michael Frey. Cela faisait un moment que le Suisse n'avait plus montré son potentiel. Dès son arrivée en Belgique, il a compris qu'il devrait énormément travailler. Il ne pouvait de toute façon pas faire grand-chose d'autre: une semaine après son installation à Anvers, la vie s'est arrêtée. Sa combativité et ses buts ont permis aux Waeslandiens d'éviter la 18e place. L'ancien joueur de Lille ou de Fenerbahçe, n'est pas un attaquant élégant, mais il correspond à ce qu'on attend au Freethiel: de la sueur et des buts. HervéKoffi a pris une cinquantaine de buts cette saison. Et on le considère comme la révélation mouscronnoise. C'est paradoxal, mais c'est comme ça. Dans une équipe où peu d'individualités se sont mises en évidence, il a parfois brillé. Il a rappelé le style d'un gardien qu'on comparait à un chat, Parfait Mandanda. Sur sa ligne, il est capable de réflexes impressionnants. On est moins catégorique quand on doit parler de ses sorties, parfois approximatives. En tout cas, il a régulièrement assuré le show. Et dans une équipe aussi peu spectaculaire, c'est déjà ça de pris. On ne sait pas si Koffi a le niveau pour un club comme Lille, auquel il appartient. Mais il a le potentiel pour jouer plus haut que le fond du classement chez nous, c'est sûr.