Trebel, tempérament à double tranchant

D'une passe décisive bien inspirée à destination de Majeed Ashimeru, le Français s'est soudain mis à refaire une quasi-unanimité. Hyperactif et vertical, comme à ses plus belles heures, Adrien Trebel semble avoir endossé le costume du patron au coeur du jeu mauve. Si son énergie et son football naturellement porté vers l'avant semblent se marier à merveille aux idées prônées par Felice Mazzù, le milieu de terrain a également mis en lumière certaines faiblesses d'un Anderlecht encore en construction.
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D'une passe décisive bien inspirée à destination de Majeed Ashimeru, le Français s'est soudain mis à refaire une quasi-unanimité. Hyperactif et vertical, comme à ses plus belles heures, Adrien Trebel semble avoir endossé le costume du patron au coeur du jeu mauve. Si son énergie et son football naturellement porté vers l'avant semblent se marier à merveille aux idées prônées par Felice Mazzù, le milieu de terrain a également mis en lumière certaines faiblesses d'un Anderlecht encore en construction.Souvent chahuté à la relance, parce qu'il oublie souvent de prendre l'information autour de lui à l'heure de venir demander le ballon à ses défenseurs, Trebel joue parfois une partition chaotique qui ouvre des brèches dans le bloc bruxellois. Un amour démesuré du duel qui l'amène à sortir de position bien plus que le discipliné Josh Cullen, et qui a offert à Ostende de nombreux espaces entre les lignes parfois trop éparpillées du Lotto Park. Une zone agrandie par un trio défensif au sein duquel Hannes Delcroix semblait être le seul à ne pas jouer avec des rétroviseurs. Moins dynamiques que le gaucher, Wesley Hoedt et Zeno Debast sont encore hésitants quand le pressing collectif réclame d'aller chercher le contact avec les offensifs adverses, et élargissent un intervalle où les Côtiers pouvaient s'en donner à coeur joie. C'est peut-être une question de réglages, mais c'est aussi une question de profils.Très vite, les regards se sont tournés vers un Brandon Mechele plus fébrile que jamais. Un Diable rouge malmené par les appels d'un Cyriel Dessers plus impressionnant par sa qualité de déplacement que de finition. À la décharge du numéro 44 du Club, suivre partout les décrochages de l'ancien meilleur buteur d'Eredivisie semblait s'apparenter à ouvrir des espaces que personne n'était en mesure de combler.Au milieu du terrain, Carl Hoefkens a tenté de confier, à nouveau, les rênes du rond central à Ruud Vormer. Problématique, quand on se souvient qu'il y a déjà longtemps que le Batave a cessé de s'intéresser au jeu quand le ballon arrivait derrière ses talons. Encore plus gênant quand il est flanqué d'un Noah Mbamba certes époustouflant ballon au pied, mais encore très loin du niveau d'implication et d'intensité défensives attendus dans cette zone du terrain.Comme ses prédécesseurs, Hoefkens s'est donc retrouvé contraint de corriger très vite le tir. Au retour des vestiaires, c'est évidemment le jeune Mbamba qui a été sacrifié au profit d'Eder Balanta. Sans vraiment trouver plus d'équilibre, jusqu'à ce que Casper Nielsen prenne la place de Vormer. Pour quelques minutes seulement, ou déjà pour de bon ?Si les Blauw en Zwart ont souffert pour leur match de reprise, c'est aussi à cause du football déjà pointilleux mis en place par Wouter Vrancken dès ses premières semaines dans le Limbourg. Disposés en 4-2-4 au moment de récupérer le ballon, avec un Mike Trésor retrouvé qui s'invite à côté de Dessers pour bloquer la première passe vers l'avant adverse, les Genkies ont déjà assimilé la "possession chaotique" voulue par leur coach. Des associations en triangles sur les flancs, dynamités par des latéraux jamais avares d'un débordement supplémentaire pour désorganiser le dispositif adverse.La symphonie blanche s'est jouée en mouvements. Ceux de Dessers, d'abord, qui ont baladé Mechele hors de sa zone de confort. Et puis, ceux du malheureux Luca Oyen (sorti blessé) et du toujours intenable Junya Ito. Des décrochages qui créent des espaces, des infiltrations qui les exploitent, le tout avec des airs de tourbillon permanent et néanmoins ordonné. Personne ne reste à sa place, mais toutes les zones qui comptent sont occupées. Surtout celles à partir desquelles les passes dans le dos de la défense brugeoise ressemblent à des coups de poignard.Le risque est évidemment conséquent, au moment de perdre le ballon notamment. Il est cependant moins démesuré que dans un Malines souvent bancal, surtout parce que Jhon Lucumi et Carlos Cuesta figurent parmi les références nationales quand il s'agit de gérer des boulevards défensifs, et que la lecture des trajectoires de Maarten Vandevoordt est l'un de ses atouts les plus sous-estimés.Souvent occupé par Marco Ilaimaharitra, parfois flanqué de Ryota Morioka, le poste le plus proche de la défense zébrée semble désormais dévolu à Adem Zorgane. L'Algérien peut y faire parler deux atouts majeurs : sa puissance défensive d'abord, impressionnante dans le duel et salutaire pour jouer avec un marquage individuel là où le duo formé par le Malgache et le Japonais brillait surtout en zone ; sa qualité à la relance, ensuite, qui permet de se sortir plus proprement de la pression adverse et d'offrir aux Carolos ces situations de transitions dont ils adorent se goinfrer.Déjà au point dans sa partie de terrain, Charleroi peine par contre à transposer cette sérénité jusqu'aux derniers mètres de la pelouse. Là, les combinaisons cafouillent et les déplacements manquent de spontanéité. Peut-être une question d'hommes, parce que Youssouph Badji peine décidément toujours à transformer la possession en occasions. Sans doute aussi une question de principes, le jeu de position d'Edward Still étant parfois trop prévisible pour ne pas être minutieusement décortiqué et neutralisé par les coaches adverses. Lequel de ces deux symptômes fera-t-il office de diagnostic final des ennuis offensifs zébrés ? Il faudra sans doute attendre les débuts de Nadhir Benbouali pour prononcer le verdict.Mis à part les spectateurs attentifs de la D1B, rares étaient ceux qui pouvaient mettre des mots et des images sur les idées prônées par Jonas De Roeck, devenu coach à succès en s'installant sur le banc de Westerlo. L'ancien adjoint de Vincent Kompany s'est (re)présenté à l'élite dans un 4-2-3-1 très mouvant, énergisé par un flanc gauche où l'électrique Maxim De Cuyper et l'astucieux Thomas Van den Keybus multiplient permutations, combinaisons et percussions.Face à un Cercle rapidement réduit à dix, le promu s'est appuyé sur des basculements de jeu incessants, précieux pour contourner le pressing en zone des hommes de Dominik Thalhammer. Le football est dynamique, les idées sont modernes et les interprètes ont du jeu entre les pieds : les Campinois n'ont pas l'allure d'une équipe prête à reprendre l'ascenseur dans le mauvais sens.