Un gardien d'Eupen bénéficie généralement de peu d'intérêt médiatique. Le club n'est suivi de près que par le quotidien germanophone Grenz-Echo et un correspondant de L'Avenir et La Meuse. Aux yeux du public, Hendrik Van Crombrugge reste donc plutôt le gardien de but qui a passé son temps à repêcher les ballons dans ses filets, durant sa première saison dans les cantons de l'Est. Grâce à la devise d'Eupen, "peu importe combien de buts nous encaissons tant que nous en marquons un de plus", le gardien a eu l'occasion de se distinguer mais certains étaient inévitables.

Dix points par saison

Ceux qui suivent Eupen depuis trois ans savent que sans les performances de Van Crombrugge (et du capitaine Luis Garcia), Eupen ne serait sans doute plus en D1A. A lui seul, le Brabançon a gagné une dizaine de points par saison. La première année, il a été le meilleur dans les ultimes matches pour le maintien contre Gand et Lokeren. L'année suivante, le dernier match contre Mouscron, avec les quatre buts tardifs, a attiré toute l'attention mais juste avant le premier but eupenois, Van Crombrugge est intervenu in extremis, homme contre homme.

Le nouveau portier anderlechtois est arrivé au Kehrweg il y a six ans. Il était sur une voie de garage à Saint-Trond. En 2011-2012, il a royalement joué un match en division un. En juin 2011, il a défendu le but du Standard, qui venait d'être repris par Roland Duchâtelet, lors du premier match amical mais peu après, il a décidé de revenir à Saint-Trond. Ce n'était pas un bon choix.

Polyglotte

On a surtout retenu les images des erreurs qu'il a commises dans quelques affiches, lors de sa première saison en D1A avec Eupen. Pourtant, il a gagné l'estime des observateurs et du club, et pas seulement pour sa maîtrise des langues - Van Crombrugge parle parfaitement le néerlandais, l'anglais et le français (il était en internat à Liège pendant ses années au Standard) ainsi que l'allemand (il a fait la connaissance de sa femme à Eupen). Cette maîtrise en fait un client idéal pour les journalistes.

A l'issue de sa première saison, l'Ajax s'est intéressé à lui pour une autre raison : ses qualités à la relance. Le club amstellodamois aurait souhaité l'engager comme second gardien et était disposé à verser le montant demandé par Eupen mais Van Crombrugge préférait confirmer d'abord sa première saison. La deuxième année, il a trouvé un accord avec un club mais pas la grande formation belge qu'il aurait espérée. Eupen requérait une somme entre un et deux millions et c'était apparemment plus que ce que les grands clubs belges étaient disposés à payer pour un gardien. Sassuolo était prêt à le faire et avait trouvé un terrain d'entente personnel avec le joueur mais celui-ci y avait finalement renoncé.

Un défi

Avec Claude Makelele, Van Crombrugge ne pouvait plus opérer en gardien-libéro, un rôle qu'il remplit à merveille. Il a été tout aussi brillant sur sa ligne, avec une défense proche de lui, grâce à ses excellents réflexes. Cette année, le club et le gardien avaient décidé de se séparer s'ils recevaient une bonne offre car Van Crombrugge avait vraiment besoin de relever un nouveau défi. Il l'a donc trouvé.

A Anderlecht, le gardien, qui compte 88 matches en Jupiler Pro League, sans compter les PO2, doit se débarrasser des doutes qu'il continue à susciter, par ses qualités footballistiques. A moins que l'Ajax, Sassuolo et Roberto Martinez, qui l'a sélectionné au printemps, n'y connaissent rien...