Dimanche, Mons reçoit le Standard. Un derby wallon qui semble fort déséquilibré tant les entames de compétition ont été différentes pour les deux clubs rouges et blancs. Si le Standard caracole en tête de la Jupiler Pro League et est toujours invaincu, l'Albert d'Enzo Scifo a vécu quatre premiers matches difficiles avec un bilan famélique d'un point sur douze.

Des résultats qui ne vont certainement pas contribuer à ramener du monde au Tondreau qui possède la plus faible assistance moyenne des 16 clubs de D1. Mais le classement n'explique pas tout. Ainsi, l'excellente saison 2012-2013 (septième de la phase classique, le meilleur résultat de l'histoire du club) de l'Albert n'a pas excité les foules. Lors de la reprise face au Cercle Bruges, ils n'étaient que 3.000 et à peine 1.500 de plus lors du derby hennuyer face aux Zèbres.

" Je pense que dans la région, c'est Anderlecht et le Standard qui comptent le plus de fans. L'Albert ne vient qu'en troisième position ", estime Jean-Pierre, président des Red Boys Jemappes qui sera au poste dimanche soir.

Ambiance et histoire

" Dans les années 60-70-80, le Standard était au top. Ils étaient régulièrement champion et faisaient de belle campagnes européennes à une époque où le fossé entre les clubs belges et les ténors européens n'étaient pas aussi creusés qu'actuellement. C'était le gros club de Wallonie et par conséquent beaucoup d'amateurs de foot de la région montoise se sont mis à le supporter.

C'est en tout cas comme ça que mon père est devenu Rouche ", explique Max, président des Ultras Inferno et... Montois. " Le côté tradition familiale joue énormément. Et puis, il y a l'ambiance aussi. Sclessin et le Tondreau ce n'est pas comparable. A Liège, j'ai l'impression que les gens sont plus solidaires. Le Liégeois est accueillant ", ajoute Jean-Pierre.

" C'est vrai que c'est en allant au stade que j'ai vraiment attrapé le virus ", reconnaît Max. " Mais un paramètre qui est très important c'est l'histoire. L'Albert n'a pas la même que le Standard, il a longtemps été cantonné aux divisions inférieures et quand on est gamin ce sont plus les grandes équipes comme le Standard qui attirent. "

Arrivé parmi l'élite pour la première fois en 2002, le RAEC Mons est encore un nouveau de la D1 belge. De plus, les Hennuyers ne sont pas toujours parvenus à se maintenir avec deux relégations en 2005 et 2009. Huit saisons de division 1, sans doute pas assez pour véritablement fidéliser un large public et fédérer toute une région.

Ainsi, le même phénomène ne se retrouve pas dans une ville comme Charleroi. Grâce à son histoire plus riche, le Sporting dispose d'un potentiel public régional plus large. " De toute façon, les Zèbres sont historiquement le deuxième club wallon et ça crée forcément une rivalité, qui a été renforcée avec des histoires de transferts et historiquement les deux villes sont assez conflictuelles ", lance Max.

Rivalité Mons/Borinage

De rivalité, il en est aussi question dans le choix de supporter un " grand " plutôt que le club local, à Mons, selon Jean-Pierre : " L'opposition entre la ville de Mons et le Borinage est un facteur important. Traditionnellement, on dit qu'à Mons c'est la ville tandis que le Borinage, ce sont les petites gens. En majorité, le Borain ne se sent pas montois et vice-versa. Je me souviens encore que lors de la fusion des communes, il y avait des gens sur la place de Jemappes pour protester car ils se sentaient Borains et ne voulaient pas faire partie de la commune de Mons. Forcément, ces personnes ne se retrouvent pas sous les couleurs de l'Albert et se tournent vers les grands clubs."

Une chose est certaine, dimanche le rouge et blanc dominera au stade Tondreau qui devrait comme chaque année connaître son record d'affluence contre le Standard. Et si 900 places seulement sont dévolues aux visiteurs, les Rouches seront bien plus nombreux, disséminés aux quatre coins du stade.

Par Jules Monnier

Dimanche, Mons reçoit le Standard. Un derby wallon qui semble fort déséquilibré tant les entames de compétition ont été différentes pour les deux clubs rouges et blancs. Si le Standard caracole en tête de la Jupiler Pro League et est toujours invaincu, l'Albert d'Enzo Scifo a vécu quatre premiers matches difficiles avec un bilan famélique d'un point sur douze. Des résultats qui ne vont certainement pas contribuer à ramener du monde au Tondreau qui possède la plus faible assistance moyenne des 16 clubs de D1. Mais le classement n'explique pas tout. Ainsi, l'excellente saison 2012-2013 (septième de la phase classique, le meilleur résultat de l'histoire du club) de l'Albert n'a pas excité les foules. Lors de la reprise face au Cercle Bruges, ils n'étaient que 3.000 et à peine 1.500 de plus lors du derby hennuyer face aux Zèbres. " Je pense que dans la région, c'est Anderlecht et le Standard qui comptent le plus de fans. L'Albert ne vient qu'en troisième position ", estime Jean-Pierre, président des Red Boys Jemappes qui sera au poste dimanche soir. Ambiance et histoire" Dans les années 60-70-80, le Standard était au top. Ils étaient régulièrement champion et faisaient de belle campagnes européennes à une époque où le fossé entre les clubs belges et les ténors européens n'étaient pas aussi creusés qu'actuellement. C'était le gros club de Wallonie et par conséquent beaucoup d'amateurs de foot de la région montoise se sont mis à le supporter. C'est en tout cas comme ça que mon père est devenu Rouche ", explique Max, président des Ultras Inferno et... Montois. " Le côté tradition familiale joue énormément. Et puis, il y a l'ambiance aussi. Sclessin et le Tondreau ce n'est pas comparable. A Liège, j'ai l'impression que les gens sont plus solidaires. Le Liégeois est accueillant ", ajoute Jean-Pierre. " C'est vrai que c'est en allant au stade que j'ai vraiment attrapé le virus ", reconnaît Max. " Mais un paramètre qui est très important c'est l'histoire. L'Albert n'a pas la même que le Standard, il a longtemps été cantonné aux divisions inférieures et quand on est gamin ce sont plus les grandes équipes comme le Standard qui attirent. "Arrivé parmi l'élite pour la première fois en 2002, le RAEC Mons est encore un nouveau de la D1 belge. De plus, les Hennuyers ne sont pas toujours parvenus à se maintenir avec deux relégations en 2005 et 2009. Huit saisons de division 1, sans doute pas assez pour véritablement fidéliser un large public et fédérer toute une région. Ainsi, le même phénomène ne se retrouve pas dans une ville comme Charleroi. Grâce à son histoire plus riche, le Sporting dispose d'un potentiel public régional plus large. " De toute façon, les Zèbres sont historiquement le deuxième club wallon et ça crée forcément une rivalité, qui a été renforcée avec des histoires de transferts et historiquement les deux villes sont assez conflictuelles ", lance Max.Rivalité Mons/BorinageDe rivalité, il en est aussi question dans le choix de supporter un " grand " plutôt que le club local, à Mons, selon Jean-Pierre : " L'opposition entre la ville de Mons et le Borinage est un facteur important. Traditionnellement, on dit qu'à Mons c'est la ville tandis que le Borinage, ce sont les petites gens. En majorité, le Borain ne se sent pas montois et vice-versa. Je me souviens encore que lors de la fusion des communes, il y avait des gens sur la place de Jemappes pour protester car ils se sentaient Borains et ne voulaient pas faire partie de la commune de Mons. Forcément, ces personnes ne se retrouvent pas sous les couleurs de l'Albert et se tournent vers les grands clubs."Une chose est certaine, dimanche le rouge et blanc dominera au stade Tondreau qui devrait comme chaque année connaître son record d'affluence contre le Standard. Et si 900 places seulement sont dévolues aux visiteurs, les Rouches seront bien plus nombreux, disséminés aux quatre coins du stade.Par Jules Monnier