IKE UGBO (ATTAQUANT - CERCLE) sur SIMON MIGNOLET: "La classe internationale"

"Ce n'était évidemment pas un inconnu pour moi, vu que j'ai eu l'occasion de le voir plusieurs fois à l'oeuvre quand il jouait à Liverpool. Quand tu peux faire partie sans problème d'une équipe dirigée par Jürgen Klopp, ça veut tout simplement dire que tu as la classe internationale. Avec Simon Mignolet, tu ne peux pas t'attendre à une petite erreur. On voit qu'il est arrivé en Belgique avec toute l'expérience accumulée en Angleterre. Il a un genre d'aura, accompagné d'une énorme confiance en lui. Je l'ai déjà vu faire quelques arrêts du genre à te frotter les yeux pour être sûr que tu ne rêves pas. Il n'encaisse presque pas, parce qu'il a une présence énorme sur sa ligne, mais aussi quand tu arrives en face-à-face devant lui. Pour le surprendre, il faut être très créatif, ou compter sur une phase arrêtée. Son calme est impressionnant. Ce n'est pas un gardien qui s'agite dans tous les sens, qui se fâche sans arrêt sur sa défense. Il les dirige avec sa voix, et n'a pas peur de prendre ses responsabilités quand il faut aller chercher un ballon très haut dans leur dos. En plus, il est très à l'aise dans son jeu au pied. Franchement, c'est un des meilleurs gardiens du championnat, sans la moindre hésitation. Avec son niveau, il pourrait même retourner sans problème en Premier League."
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"Ce n'était évidemment pas un inconnu pour moi, vu que j'ai eu l'occasion de le voir plusieurs fois à l'oeuvre quand il jouait à Liverpool. Quand tu peux faire partie sans problème d'une équipe dirigée par Jürgen Klopp, ça veut tout simplement dire que tu as la classe internationale. Avec Simon Mignolet, tu ne peux pas t'attendre à une petite erreur. On voit qu'il est arrivé en Belgique avec toute l'expérience accumulée en Angleterre. Il a un genre d'aura, accompagné d'une énorme confiance en lui. Je l'ai déjà vu faire quelques arrêts du genre à te frotter les yeux pour être sûr que tu ne rêves pas. Il n'encaisse presque pas, parce qu'il a une présence énorme sur sa ligne, mais aussi quand tu arrives en face-à-face devant lui. Pour le surprendre, il faut être très créatif, ou compter sur une phase arrêtée. Son calme est impressionnant. Ce n'est pas un gardien qui s'agite dans tous les sens, qui se fâche sans arrêt sur sa défense. Il les dirige avec sa voix, et n'a pas peur de prendre ses responsabilités quand il faut aller chercher un ballon très haut dans leur dos. En plus, il est très à l'aise dans son jeu au pied. Franchement, c'est un des meilleurs gardiens du championnat, sans la moindre hésitation. Avec son niveau, il pourrait même retourner sans problème en Premier League." "C'est un bon joueur. Pour le moment, je dirais que le seul latéral qui est au-dessus de lui en Pro League, c'est Clinton Mata. Mais je me souviens que quand on les a affrontés en début de saison ( victoire de Charleroi 0-1), je l'avais mis en difficulté par ma vitesse. Du coup, ce jour-là, il ne m'a pas frappé. Pourtant, c'est parfois difficile pour moi avec les gauchers. Et surtout, Eduard est un super joueur. Je regarde tous les matches de Bruges à la télévision. Quand je le vois, je me dis toujours que c'est vraiment un grand talent. Mais j'ai de la chance, il fait mal aux autres, mais pas à moi. Il n'est pas assez rapide ( Il rit). Mais il est hyper complet par contre. Il a tout: une super condition physique, de la solidité défensive et un bon passing." "C'est un joueur atypique. Ça, c'est si on veut être sympa ( Il rit). La vérité, c'est que c'est un peu l'enfer de se retrouver homme contre homme contre un joueur comme lui, parce que c'est un défenseur rugueux, dur sur l'homme, qui ne lâche rien. Dans le plus pur style sud-américain. Il est très vif, très hargneux. Idéal pour s'embrouiller ( Il rit). En tant qu'offensif, c'est frustrant parce qu'en plus d'être sec dans les duels, il est bon techniquement, il aime bien se projeter et il a une grosse condition, un gros volume. Du coup, il t'oblige à faire des allers-retours et tu l'as en permanence sur ton dos. D'ailleurs, on s'était embrouillés au match aller, quand on prend le 0-6 à la maison ( lors de la 6e journée, ndlr). Je vois encore la scène. On est déjà menés de cinq buts, il y a un long ballon qui mène à un petit duel, je prends l'avantage, je contrôle de la poitrine et il me pousse dans le dos. En retombant, j'ai un mauvais réflexe, je laisse traîner mon pied et je lui racle la cuisse. Pas pour rire, il avait une grosse marque. Heureusement pour moi, comme le match était déjà plié, l'arbitre ne s'est pas embêté et il n'a pas été voir le VAR. Sans quoi j'aurais sans doute pris la rouge. Mais c'est assez représentatif du joueur qu'il est. C'est 5-0, il est dans un fauteuil, mais il ne lâche pas l'affaire. Il ne te laisse jamais respirer." "Pour moi, sa meilleure place, c'est en défense centrale, parce que c'est là qu'il exploite le mieux sa relance et sa bonne lecture. Quand tu l'affrontes, ce qui te marque directement, c'est à quel point il est grand. Pas spécialement sa taille, mais sa personnalité. C'est quelqu'un qui a beaucoup de prestance sur le terrain, et qui a une expérience qui lui permet de rester très tranquille en toutes circonstances. C'est probablement dû à sa formation à l'Ajax. Là-bas, on apprend aux jeunes à faire un peu de bluff. Dans les duels, il est très dur et costaud. C'est une bête ( Il rit). J'ai directement vu qu'il était à l'aise avec le ballon. Son seul petit défaut, qui vient peut-être de son passage en Italie, c'est qu'il fait facilement une petite faute. Il ne faut pas non plus sous-estimer sa vitesse. Ce n'est certainement pas un des plus lents. Pour ça, c'est dommage qu'il n'ait pas été plus souvent sur le côté gauche. J'aurais bien voulu me mesurer à lui dans un sprint." " Brandon, c'est quelqu'un de particulier pour moi. Parce que c'est le premier défenseur de Pro League qui m'a fait me rendre compte de la différence entre la D1B et la D1A. Qui m'a fait réaliser ce que c'était vraiment le haut niveau. On a rencontré Bruges début juillet en amical et on a pris le bouillon: 4-1. Rien d'exceptionnel en fait. Sauf que je n'ai pas touché un ballon. Parce qu'en plus d'être grand et costaud, il est intelligent. Dans ce match-là, je n'ai littéralement pas existé et du coup, je me suis dit que si je voulais franchir un palier, j'allais devoir changer mon jeu, apporter autre chose à l'équipe, m'adapter à ce genre de joueur. Bon, heureusement, tu ne tombes pas sur des Mechele chaque semaine non plus. Mais la chose que j'admire le plus chez lui, c'est que c'est un mec super classe. Autant moi, je peux être crapuleux sur un terrain, autant je ne le serai jamais avec lui. Parce que ce gars-là, il mérite le respect. On ne s'est jamais parlé que deux-trois minutes sur le terrain, mais tu sens que c'est une belle personne. Avec lui, il n'y aura jamais de trash talking, ça n'aurait pas de sens." "Je ne trouve pas que ce soit le défenseur le plus propre techniquement du championnat, mais par contre, dans le duel athlétique, c'est quelque chose. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'a que vingt ans, mais joue déjà comme un vieux briscard. Son positionnement est excellent, mais surtout, il est là pendant nonante minutes à te coller, à t'embêter. C'est typiquement le défenseur relou, un peu vicieux, mais qui ne dit rien. C'est encore plus frustrant à la limite. Le gars, il ne parle pas, mais il te pousse, il te tire le maillot. Il est comme une ombre sur toi, à t'oppresser. Il fait son boulot, c'est respectable, mais pour un attaquant, c'est vraiment l'enfer." "C'est un adversaire très accrocheur. Tu ne t'en débarrasses jamais vraiment et il a beaucoup de répondant physique dans les duels. Défensivement, il réagit toujours bien face à mes dribbles. J'ai déjà joué deux ou trois fois contre lui et je dois bien le reconnaître: ça n'a jamais été une partie de plaisir. Contre un tel joueur, tu dois pouvoir étaler tout ton arsenal technique pour avoir une chance de passer. C'est surtout en te positionnant bien que tu peux essayer de le mettre en difficulté. L'idéal, c'est sans doute de s'éloigner un peu, pour essayer de profiter de l'espace qu'il laisse dans son dos, vu qu'il participe beaucoup offensivement. Sa vitesse et son explosivité sont vraiment impressionnantes. Il est toujours capable de jaillir sur le flanc pour créer une situation de surnombre pour son équipe. Une après-midi ou un soir contre Clinton, ce n'est généralement pas un chouette moment. C'est loin d'être mon adversaire favori, parce que j'ai souvent vécu des moments difficiles face à lui. Je continue à chercher, mais pour le moment, je n'ai encore trouvé que très peu de solutions pour vraiment le mettre en difficulté. Ses qualités techniques, il les avait déjà avant d'arriver à Bruges, mais au niveau de son physique et de son placement, il s'est énormément développé ces dernières années." "Dans le système dans lequel joue Bruges aujourd'hui, il a un rôle assez simple, dans le sens où ce qu'on lui demande de faire, c'est de récupérer et de donner la balle le plus vite possible. Sauf que sa force, c'est qu'il a été formé plus haut dans le jeu, donc qu'il a gardé de bons restes. C'est un bon petit manieur de ballon, qui sait en faire le minimum pour faire profiter le collectif. Et surtout, c'est un vrai harceleur en perte de balle. Il ne lâche rien, il a trois poumons et il est très intelligent dans son positionnement. Donc la consigne est connue: il faut l'empêcher de développer son jeu, le forcer à jouer court. Parce que s'il a le temps de s'organiser, alors ils deviennent très vite injouables." "J'ai eu la chance que ce soit plus souvent notre milieu le plus offensif ou nos attaquants qui ont eu affaire à lui. Parce que physiquement, il faut se le farcir. C'est vraiment impressionnant. Sur le terrain, c'est un patron, très solide, vraiment costaud sur ses jambes. En plus, il a la chance de pouvoir compter sur beaucoup de joueurs avec d'énormes qualités devant lui, ce qui le met dans les conditions idéales pour exprimer ses qualités. Il se retrouve constamment dans le duel. Ils te mettent une grosse pression quand ils perdent le ballon, et c'est difficile de se sortir du un-contre-un quand tu le récupères. Que ce soit lui ou Mats Rits, ils se régalent en reconversion défensive. Au-delà de ça, Éder a également de très bons pieds. Sans ça, il n'évoluerait pas à un tel niveau. Pour être un joueur important à Bruges, tu dois combiner le bagage technique, l'impact dans les duels et le volume physique. Connaissant Philippe Clement, il choisit entre Éder et Mats en fonction de l'adversaire et de la forme du moment. Pour moi, ce sont deux joueurs d'un niveau équivalent. Au final, c'est un problème de luxe pour le Club." "Avec Ruud, on m'avait prévenu, donc je savais que j'allais passer un match pénible. Parce que c'est un joueur expérimenté, habitué à la Ligue des Champions et qui propose un gros duel physique. Bref, le genre de match où tu sais que tu vas devoir être à la hauteur. Contre lui, en perte de balle, tu dois essayer d'anticiper au maximum. De voir avant lui. Comme Vanaken, il dézone énormément sur les côtés. Le but, c'est de les suivre, mais tout en faisant attention à ne pas trop ouvrir le jeu. En possession, ce qui est difficile, c'est que dès que tu reçois le ballon, il arrive très vite au duel et t'oblige à prendre une décision en quelques microsecondes. Ce qui fait qu'il parvient à maximiser la prise de risque dans le jeu de l'adversaire. Moi, je suis d'un naturel très calme au ballon, donc ça ne me perturbe pas trop, mais disons que ça t'oblige à un être un peu plus créatif que d'habitude." "Pendant des années, avec Bölöni, on pratiquait du marquage individuel. Et souvent, c'était à moi de m'occuper de Hans. Mais étonnement, ce n'est pas le joueur de Pro League sur qui c'est le plus difficile de pratiquer du homme contre homme. Dans le sens où ce n'est pas un petit rapide qui court partout. Par contre, et vu qu'il n'a pas non plus une qualité évidente qui sort du lot et qu'il est ultra complet, il t'oblige à rester attentif tout le temps. Il faut le suivre partout. Parce que, où qu'il soit sur le terrain, il sera toujours susceptible d'apporter le danger. Tu ne dois pas lui permettre de lever la tête, parce qu'il lit très bien le jeu. Ce n'est pas un Vormer qui préférera prendre la profondeur ou un Verschaeren ou un Benavente qui font la différence par le dribble. Non, Hans, il crée d'un peu plus loin, ce qui fait qu'il a l'habitude de n'avoir besoin que d'un coup d'oeil pour agir. Il lit le foot plus vite que les autres, tu dois donc l'empêcher de voir le jeu." "Dans le système mis en place par le coach, on se doit de résoudre le "problème" de l'ailier à deux. Donc en communiquant du mieux possible avec Andreas Hanche-Olsen dans le cas de notre dernier affrontement contre Bruges ( 0-1 pour Gand, ndlr). Il faut savoir quand et comment le prendre. Parce qu'en gros, le but d'un ailier offensif qui attaque contre un 3-5-2, comme David Okereke contre nous, ce sera toujours de trouver l'espace oublié entre le wing back et le central droit. C'est très embêtant de défendre contre un joueur aussi rapide qu'Okereke. L'avantage, c'est que quand tu joues contre Bruges, tu connais déjà chaque joueur avant même de te rendre à la théorie. Et tu sais qu'ils ont tous leurs forces. Celles d'Okereke, en tant que droitier qui évolue à gauche, c'est de rentrer en permanence dans le jeu. Notre but en position défensive, c'est de le forcer à rester sur son flanc. De l'obliger à centrer de son mauvais pied. Si tu parviens à faire ça, tu vas te rendre le match plus facile. Dans le cas contraire, tu vas passer un sale quart d'heure." "Je me souviens d'avoir passé une très mauvaise soirée en sa compagnie ( Il rit). Il y a un truc qui m'a marqué quand je l'ai retrouvé pour la dernière fois mi-décembre ( 0-3 pour Bruges, ndlr), c'est qu'on avait joué contre lui un an plus tôt et que j'avais gardé en tête le souvenir d'un adolescent en fin de croissance. Avec un physique élancé, assez frêle. Sauf que là, j'ai retrouvé un adulte en face de moi. Et je peux vous dire qu'il n'a plus grand-chose de l'attaquant assez fin sur lequel je m'attendais logiquement à défendre. Je me souviens d'ailleurs que ça m'a perturbé un moment. Quand j'ai vu ce beau bébé débarquer, je me suis dit que ça ne rigolait pas sur la muscu à Bruges! Je l'ai trouvé immense, j'avais l'impression qu'il avait pris dix centimètres. En fait, ce n'était pas des centimètres, c'était du muscle! C'est impressionnant comme il s'est épaissi. Du coup, ça lui donne de vrais traits d'attaquant, de vrai numéro 9 capable de protéger un ballon avec son corps. Mais ce qui m'impressionne le plus, c'est que quelques jours plus tôt, je l'avais vu jouer back gauche contre Mouscron, ailier contre je ne sais plus qui et là, il joue en pointe et il fait un super match! Le piège pour moi, c'est que vu que ce n'est pas un vrai 9, il décroche tout le temps, il joue un peu à faire le numéro 10. Le but alors, c'est de ne pas se laisser emmener, de ne pas faire le déplacement qu'il attend pour offrir l'espace. Mais bon, tu dis ça, mais tu te fais prendre. La preuve, il nous a mené la vie dure. Il a accéléré trois fois et ça a toujours fait mal. Je pense qu'il a les qualités pour faire une grande carrière. En plus il est gaucher!" "C'est un attaquant vraiment complet. Au premier coup d'oeil, tu vois surtout un mec assez grand, et tu peux facilement penser que c'est le targetman classique. On nous avait briefés sur le fait qu'il était très bon, mais sur le terrain, il m'a encore semblé meilleur. Sa technique me semble très sous-estimée. Et surtout, il joue vraiment très simplement, mais avec un énorme impact. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi important. Évidemment, sa plus grande force reste sa facilité à marquer des buts, mais ce qui me reste de notre confrontation, c'est surtout sa mobilité dans les seize mètres. Regardez son but contre nous: il part derrière Van den Buijs, mais parvient à passer in extremis devant lui, juste au bon moment pour marquer. Avant son arrivée, Bruges était déjà une équipe complète, mais avec lui, ils ont trouvé un joueur qui leur permet d'attaquer de manière différente. Il sent aussi très bien comment il doit s'adapter à son adversaire. Contre moi, j'avais l'impression qu'il ne cherchait pas la confrontation dans les duels aériens. Ce n'est pas qu'il les fuyait, mais il ne les jouait pas toujours. Il y va seulement quand il sent que c'est le bon moment et que les circonstances sont idéales. C'est un joueur très intelligent, qui coache positivement la plupart de ses jeunes coéquipiers autour de lui et qui utilise très bien son corps. À l'heure actuelle, c'est peut-être bien l'attaquant le plus complet de Belgique." "C'est un attaquant très compliqué à affronter. Il peut rentrer dans le jeu comme prendre l'extérieur, a une fameuse accélération et est très solide techniquement. De plus, il dispose d'un rôle libre, ce qui rend la tâche encore plus difficile. Clairement pas le plus simple pour un défenseur. La plupart du temps, si on peut parler de schéma, il utilise son pied droit, mais pas toujours. Je me suis préparé en regardant beaucoup d'images, en plus de la discussion de l'équipe. Notre analyste avait préparé beaucoup de vidéos et il y en a plein sur YouTube. Face au Club, un problème supplémentaire s'est posé: les montées de Sobol, puis Denwsil. Parce qu'appliquer une double couverture sur Lang est une possibilité, mais vous laissez alors le champ libre à l'arrière latéral, qui en profite. Une autre solution consiste à le marquer de très près, de façon assez dure et d'essayer de jouer sur ses émotions, tenter de lui faire perdre sa concentration. Mais pour l'instant, il est dans un tel flow que pas grand-chose ne peut l'arrêter."