C'était presque touchant de voir à quel point les joueurs de Genk se sentaient coupables envers leur désormais ex-entraîneur, Hannes Wolf, après le nouveau revers subi face au Beerschot. "Je me sens mal et coupable à son égard", soupirait le gardien et capitaine Danny Vukovic. "Quand vous voyez combien de passion et d'énergie il nous donne, et combien il obtient peu en retour."
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C'était presque touchant de voir à quel point les joueurs de Genk se sentaient coupables envers leur désormais ex-entraîneur, Hannes Wolf, après le nouveau revers subi face au Beerschot. "Je me sens mal et coupable à son égard", soupirait le gardien et capitaine Danny Vukovic. "Quand vous voyez combien de passion et d'énergie il nous donne, et combien il obtient peu en retour."Plus tôt, lors de cette funeste soirée, Genk a joué le football qu'il pratique habituellement depuis que Wolf a succédé à Felice Mazzù l'hiver dernier : parfois attractif, mais juste au moment où l'on se dit que les choses vont s'arranger, elles ne tournent à rien. À la mi-temps on n'avait pas l'impression de regarder une équipe qui voulait saborder son coach, mais à peine quelques minutes après la pause, le château de cartes s'est de nouveau effondré et la tempête est revenue. C'est comme ça que ça se passe chaque semaine à Genk, même si parfois, les choses se déroulent dans le sens inverse: ça démarre mal, avant de mieux fonctionner. Une analyse que Wolf lui-même avait déjà posée il y a quelques semaines, quand il ne cherchait déjà plus à masquer les carences de son Racing. Quel que soit le système utilisé, avec un ou deux attaquants en pointe, rien n'a marché. Le scénario n'a jamais été exécuté comme prévu. Aucun joueur sur le terrain n'a su élever son niveau de jeu pour arrêter la débandade. Ce sont de bons gars, de bons footballeurs, mais il n'y a pas de leader. Et surtout, pas d'équipe.Pourtant, l'enthousiasme aux débuts de Wolf était grand, surtout au sein du club et des joueurs. La passion avec laquelle l'Allemand travaillait s'est rapidement transmise à un groupe dynamisé par cette nouvelle approche. C'est ce que voulait d'ailleurs l'ancien des jeunes du Borussia: transmettre de l'énergie et s'entourer de footballeurs qui apportent la leur à l'équipe, au lieu de se cacher.Mais aussi enthousiastes que soient les échos en off ou les commentaires officiels distillés par la direciton genkoise, Wolf n'a jamais pu prodiguer un football vraiment enthousiasmant. Aucun match sous sa houlette ne s'est révélé bon du début à la fin. Le processus et les blessures auxquelles l'équipe a dû faire face ont longtemps servi d'excuses, mais cet argument est aujourd'hui faisandé, après dix mois (y compris le break corona) à la tête du Racing.En réalité, Wolf travaillait avec certes passion sur et en-dehors du terrain, et ce tous les jours, mais il ne maîtrisait pas tout. Un entraîneur peut bien avoir une idée, il doit aussi pouvoir la transmettre à ses joueurs, afin qu'ils la traduisent sur le terrain. Mais Wolf n'a pas réussir à franchir la première étape de son processus. Non, Genk ne jouait pas bien au football, malgré tous ses achats (alors que le beau jeu est inscrit dans l'ADN du club) et n'obtenait aucun résultat probant, de surcroît. C'est bien peu de choses après dix mois de collaboration.Un constat implacable, qui a poussé Genk à stopper l'aventure avec le coach allemand et son premier assistant. Dans les prochains jours, le Racing souhaite se poser sereinement pour lui trouver un successeur. En attendant, le vétéran Domenico Oliveiri prend le relais, assisté de Michel Ribeiro.