Club Bruges - Charleroi: 08/08/2020 (0-1)

Clinton Mata: "Des chiens de la casse et un coach à la Simeone"
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Clinton Mata: "Des chiens de la casse et un coach à la Simeone" Je ne suis pas surpris. Personne ne l'était dans le vestiaire, d'ailleurs, après le match, même s'ils marquent sur une erreur et qu'on le paie cash. De toute façon, tu sais que quand tu joues Charleroi, tu dois mettre le bleu de chauffe. C'était déjà pareil de mon temps. Les Ndongala, Saglik, Mandanda, Kebano, c'est eux, c'est nous, qui sommes à la base de cette mentalité-là. C'est nous, les chiens de la casse. Eux, ce sont un peu comme nos héritiers. Le Charleroi "famille", il est né avec nous. On mangeait ensemble, on allait au resto ensemble, et il fallait se lever tôt pour nous mettre dans le dur. Je pense qu'on a laissé l'ADN d'une bande de potes et que c'est une partie de la raison du succès actuel de Charleroi. Et peut-être que l'équipe d'aujourd'hui est encore un peu plus homogène que la nôtre, à l'époque. Et elle a un super coach aussi. Karim Belhocine, il me fait penser à Diego Simeone à l'étranger, à Ivan Leko chez nous. Il ose, il est franc, il te transmet son énergie, il ira loin. Dans un ou deux ans, je prends le pari qu'il ne sera plus à Charleroi.Kevin VANDENDRIESSCHE: "Une équipe de tueurs" On a fait un super match contre eux, mais le score ne reflète pas la partie. Honnêtement, c'est une rencontre qui aurait pu se terminer sur un score fleuve. Parce que ça a été d'un côté à l'autre tout le match. Comme toujours chez nous, on a cherché à mettre beaucoup d'intensité, mais ce match-là, on ne l'a pas gagné. Pourquoi? Parce qu'en face, tu as une équipe de tueurs, avec des joueurs très intelligents, très présents dans les duels, sur les deuxièmes ballons aussi et qui défend hyper bien. Mais ce serait réducteur de dire que Charleroi est encore et uniquement cette équipe de contre costaude d'il y a quelques années. Ici, tu vois que contre des équipes face auxquelles ils ont la mainmise, ils sont calmes avec le ballon. Ils parviennent à contrôler l'adversaire, à faire tourner gentiment le cuir. Ça, c'est assez neuf depuis l'arrivée de Karim Belhocine. Et puis, seulement contre les grandes équipes, ils vont se contenter de garder le bloc. C'est la preuve d'une équipe qui connaît ses forces. David Hubert: "Rien de très spectaculaire tactiquement, mais ça fonctionne" On doit être une des équipes qui s'est créée le plus d'occasions de plein jeu contre eux. On a fait le jeu, mais on a perdu, alors qu'ils étaient à dix lors de la dernière demi-heure. Du coup, ce que je vois, moi, ce sont des dirigeants avec une vision, un club avec une identité et des joueurs qui correspondent à cette identité. Tous les joueurs ne peuvent pas réussir partout. C'est particulièrement vrai à Charleroi. Des Willems, des Dessoleil, ils sont parfaitement là où ils doivent être. Dans un club qui joue leur football. Où l'impact physique est primordial. C'est un moule qui sied bien à certains joueurs, moins à d'autres. À OHL, par exemple, on essaie plus de jouer un football total. Ça nous convient bien, mais ça ne marcherait peut-être pas avec un autre matériel à disposition. Karim Belhocine sait aussi maximiser le potentiel de son groupe en cours de match. On les a affrontés à huis clos, on n'entendait que lui ( rires). C'est une arme à double tranchant. Soit ça transcende ton groupe, soit ça le paralyse. Visiblement, pour l'instant, ça a l'air de le transcender. Ce n'est pas pour rien que Charleroi est une équipe difficile à manier. Qui ne concède rien. En soi, ils ne font rien de très spectaculaire tactiquement, mais ça fonctionne. Leur 4-2-3-1 est bien rôdé. Pas révolutionnaire, mais efficace. En fait, ils ne font pas grand-chose avec le ballon, mais ce qu'ils font, ils le font extrêmement bien. Tout le monde connaît son gameplan par coeur et ça se voit. Faris Haroun: "Ils prennent chaque match pour un combat" Plus encore que les autres années, c'est un club qui joue avec son ADN. Un football rigoureux, symbolisé par un coach qui transforme chaque match en un combat. Avant, au début de ma carrière, les équipes ne s'adaptaient pas au jeu de Charleroi. Aujourd'hui, c'est le cas. Tu ne joues pas contre Anderlecht comme tu joues contre Charleroi. Là, quand tu joues Charleroi, tu sais que tu vas rentrer au vestiaire avec des affaires sales, c'est inévitable ( rires). Mais ce sont des rencontres agréables à disputer. D'ailleurs, je préfère des matches pleins contre Charleroi que des matches où il ne se passe rien face à des équipes qui gardent le ballon, mais ne mettent pas de tempo. Il n'y a pas de comparaison en Belgique avec le jeu de Charleroi, actuellement. À la limite, ils me font penser au Standard d'il y a quelques années. À une époque où quand tu débarquais à Sclessin, tu savais que ça allait être la guerre pendant nonante minutes. Et puis, tout le groupe est sur la même longueur d'onde. Là où il y a deux ans, tu sentais qu'ils jouaient beaucoup sur les qualités d'un Victor Oshimen. Ici, tu sens que le groupe est plus équilibré. C'est souvent bon signe. Jelle Vossen: "Une équipe qui aime et qui sait souffrir" Charleroi, c'est le genre d'équipe qui te fait croire que tu vas pouvoir gagner le match pendant septante minutes en te laissant la balle, mais qui peut te punir sur un contre. C'est un bloc compact et je dirais même que c'est une équipe qui aime et qui sait souffrir. Et le problème, c'est que quand tu es mené contre eux, ça devient infernal, parce qu'ils adorent reculer, c'est leur jeu favori. Avec des joueurs qui se battent et qui ont une grosse condition physique derrière et quelques joueurs d'actions rapides et capables de finir le boulot devant. Derrière, vu que ce sont deux gauchers dans l'axe, j'essaie toujours de presser Steeven Willems sur son pied droit, mais il trouve souvent la solution. Avec une passe courte pour Maxime Busi à l'époque, ou une plus longue pour Ali Gholizadeh. Le seul moyen pour les surprendre, c'est dans le dos, mais Dorian Dessoleil gagne beaucoup de duels et Nicolas Penneteau n'est pas du genre à rester dans son petit rectangle. Tout ça mis bout à bout fait que c'est vraiment compliqué de jouer Charleroi. Et puis, honnêtement, sur sa ligne Penneteau est très fort. Peut-être le meilleur de Belgique après Mignolet. Mike Vanhamel: "Un vrai candidat au titre" Je pense qu'au Beerschot, nous avons une philosophie de jeu fort tournée vers l'offensive, qui correspond bien à une équipe comme Charleroi, redoutable en contre. Avec un Morioka et un Gholizadeh excellents dans les transitions, par exemple. Tu rajoutes à ça des backs offensifs, une défense qui tient la route en D1, un mec comme Mamadou Fall, qui t'oblige à être sur tes gardes tout le match, et un très bon gardien, et tu obtiens une équipe à qui il ne manque pas grand-chose. Et surtout, c'est un collectif qui correspond aux attentes de son coach. C'est une équipe qui a aussi l'avantage de connaître ses faiblesses. De ne pas se croire plus belle qu'elle ne l'est. Ils disent souvent: " Si on n'est pas à 150% dans les duels, on redevient une simple équipe." C'est tout à fait ça. Ce qui fait qu'on n'aborde pas un match contre Charleroi comme un autre. Contre eux, on sait qu'on va devoir un peu s'adapter. Que si on se découvre trop, ils vont se régaler. Et le problème pour un back droit avec un joueur comme Fall, c'est qu'il t'empêche de te livrer sous peine de te punir en contre. Du coup, je ne fais pas partie de ceux qui sous-estiment Charleroi. En Flandre, c'est souvent le cas. Les gens pensent que ça reste un outsider. Pour moi, encore un peu plus dans une saison comme celle-ci, les Zèbres constituent un vrai candidat pour le titre. Sportivement, il n'y aurait donc plus lieu de parler de G5. Benjamin Van Durmen: "De la qualité à chaque poste" On dit souvent de l'Antwerp que c'est une équipe physique, mais que dire de Charleroi? Moi, quand je les joue, je me retrouve souvent étouffé au milieu, entre la vista d'un Morioka et le press de Marco Ilaimaharitra, qui est souvent cantonné à faire le sale boulot, mais qui est un super joueur. Pour moi, c'est la complémentarité entre ces deux joueurs qui fait le plus mal. Même contre nous, alors qu'ils avaient joué en Europe 72 heures plus tôt et qu'ils n'ont donc pas livré leur meilleur match, ils ne laissaient aucun temps de repos. Charleroi, c'est une équipe qui ne te laisse aucun espace, ne te donne jamais une seconde pour réfléchir quand tu es en phase de possession. Parfois, dans certaines équipes, c'est l'affaire d'un ou deux joueurs. Ici, c'est tout un groupe qui bouge ensemble. Charleroi, tu sais que ça attaque et que ça défend à onze. Et ça, quand tu as de la qualité à chaque poste, ça n'a pas de prix, parce que ça ne laisse aucun espace entre les lignes. Très vite, ça devient injouable. Kévin Hoggas: "Ma bête noire" Alors moi, je suis un habitué! J'ai pris trois fois 3-0 contre eux en un an, donc c'est un peu ma bête noire. La vérité, on peut dire ce qu'on veut, mais c'est que c'est une équipe très chiante à jouer, parce qu'elle est tactiquement au point. Je ne crois pas me tromper en disant que c'est une équipe qui n'a pas trop bougé à l'intersaison et ça se voit. Les joueurs se connaissent et respectent scrupuleusement leur plan de jeu. Avant de récupérer le ballon, ils savent déjà ce qu'ils vont en faire. Et on a beau le savoir à l'avance, quand c'est bien exécuté, il n'y a pas toujours grand-chose que tu peux mettre en place pour les embêter. Nous, ce qu'on avait prévu pour les gêner, c'était d'essayer d'étirer au maximum leur bloc, vu qu'ils sont d'ordinaire très compacts. Mais même là, ils parvenaient à bien coulisser. Ceci dit, contre nous, on a senti en première mi-temps qu'ils étaient dans leur mauvaise spirale des semaines précédentes ( avec deux défaites contre le Standard et Genk, ndlr), mais leur premier but leur a fait beaucoup de bien dans la tête. Après ça, on a senti qu'ils nous passaient devant et c'est devenu très compliqué. Igor De Camargo: "Une équipe hyper complète" Je pense que c'est grâce à mes cours d'entraîneur, mais je porte un regard différent sur Charleroi cette saison par rapport aux dernières. Ce qu'on peut constater, c'est qu'il y a plus de volume dans leur jeu, plus de structure dans leur approche. Et toujours autant de densité dans l'impact. Ce qui fait aujourd'hui des Zèbres une équipe hyper complète. Bien sûr, en tant qu'attaquant, on sait qu'avec leurs deux gauchers en défense centrale, il y a quelque chose à jouer. Mais dans les faits, Dessoleil se décale souvent comme arrière gauche et libère l'espace pour Kayembe, qui joue un cran plus haut. Ce qui permet aussi à Willems d'être plus à l'aise dans l'axe du jeu. Concrètement, c'est un faux quatre arrière en possession du ballon. Et puis, la position de Gholizadeh est intéressante aussi. Il rentre dans l'axe, crée le surnombre dans l'entrejeu et fait très mal par ses courses. Vraiment, c'est une équipe qui est intéressante tactiquement