Une phase, enregistrée lors du match contre le Standard, illustre à merveille les difficultés offensives d'Anderlecht. Alors qu'on était entré largement dans les arrêts de jeu, Michel Vlap, Francis Amuzu, Alexis Saelemaekers, AlbertSambi Lokonga et Isaac Kiese Thelin se sont précipités vers l'avant pour une énième contre-attaque. Les supporters, chauds comme la braise, qui étaient massés derrière le but d' Arnaud Bodart, s'attendaient à pouvoir exploser, mais Sambi Lokonga s'est rabattu vers l'intérieur et s'est ensuite emmêlé les pinceaux dans son dribble. Une nouvelle occasion gaspillée. Le marquoir en est resté à 1-0.

Personne, à Anderlecht, ne peut dire quand Kemar Roofe et Landry Dimata seront en mesure de jouer.

Quelques jour plus tôt, lors d'un entraînement ouvert au public organisé au Lotto Park, on avait déjà pu se rendre compte que les joueurs offensifs devenaient nerveux lorsqu'ils étaient amenés à frapper au but. Lors d'un exercice de tirs, où les assistants Pär Zetterberg et Floribert Ngalula adressaient à tour de rôle des ballons aux joueurs, les spectateurs eurent surtout droit à une succession de tirs ratés. Une explosion de joie a donc retenti dans les tribunes lorsque Jérémy Doku a enfin envoyé un ballon dans la lucarne d'une frappe appuyée.

Fin juin, Michael Verschueren s'était déjà rendu compte que son Sporting manquait de force de frappe pour le football prôné par Vincent Kompany et il a voulu combler ce manque en engageant quelques grands noms. " Nos recherches sont très ciblées et sont sur le point d'aboutir ", avait déclaré Verschueren à l'époque. Le directeur sportif a tenu sa promesse. En juillet, il a engagé Samir Nasri, et en août, Kemar Roofe et Nacer Chadli ont successivement été ajoutés à l'effectif. Assez curieusement, il n'était à l'époque pas encore question de l'engagement d'un attaquant de pointe. Le seul n°9 de formation qui restait à dispositon était... Thelin. Sur le plan de l'écoute et de l'éthique de travail, peu de joueurs arrivent à la cheville de l'attaquant suédois, affirmait-on alors à Neerpede. On s'en est encore aperçu il y a quelques semaines, lorsque Thelin s'est volontairement mis à la disposition des Espoirs pour un match amical contre Turnhout, durant lequel il a d'ailleurs inscrit un but. Mais il est trop gentil. Pas du tout le profil d'un tueur. Bref : Thelin n'est certainement pas l'attaquant qui va hisser à Anderlecht à un niveau supérieur.

" Dans le système actuel, Yari Verschaeren (ici avec Cimirot) doit aussi se retrouver en position de marquer ", affirme Michael Verschueren., BELGAIMAGE
" Dans le système actuel, Yari Verschaeren (ici avec Cimirot) doit aussi se retrouver en position de marquer ", affirme Michael Verschueren. © BELGAIMAGE

Le 11 août, le transfert de Chadli a incité Marc Coucke à annoncer, via Twitter, la fin des activités de transferts entrants. Mais après la défaite à Genk et un bilan de 2 points sur 15, le discours a changé du côté du Parc Astrid. " Un attaquant supplémentaire ne serait pas du luxe, mais cela dépendra aussi des départs ", a fait savoir Verschueren dans le quotidien Het Nieuwsblad. " Avec sept nouveaux venus, nous avons le matériel nécessaire pour gagner des matches. On nous reproche souvent de ne pas avoir d'attaquant de pointe, mais dans le système actuel, Vlap et Verschaeren doivent aussi se retrouver en position de marquer. Il n'est donc pas certain qu'un nouveau joueur soit engagé. "

UPPERCUT SÉNÉGALAIS

Des circonstances imprévues ont obligé Verschueren à revoir sa copie. En cause : l'état physique de Roofe. Quelques jours avant le match contre le Standard, l'attaquant s'est retrouvé seul en salle de musculation, à soulever des poids. Aucune date n'a pu être fixée pour un retour sur les terrains de l'Anglais. Depuis son arrivée à Bruxelles au début du mois d'août, Roofe ne s'est pas encore entraîné une seule fois avec le groupe et son retour sur les terrains d'entraînement n'est apparemment pas encore pour demain. Personne, à Anderlecht, ne peut dire quand il sera en mesure de jouer. C'est également le cas pour Landry Dimata, qui est resté tout un temps à Clairefontaine pour sa revalidation durant le mois d'août. Alessandro Schoenmakers, le préparateur physique qui était arrivé en février avec Fred Rutten et qui est reparti à l'Ajax durant l'entre-saison, était convaincu que Dimata serait prêt pour les play-offs, mais son pronostic s'est révélé beaucoup trop optimiste. En interne, certaines personnes sont arrivées à la conclusion que le corps de Dimata ne permettait pas encore d'entamer une lourde revalidation.

La longue absence de Roofe et de Dimata a obligé Verschueren à passer à la vitesse supérieure, à la veille du week-end, et à se mettre à la recherche d'un nouvel attaquant. Ses recherches ont abouti en Turquie, et plus précisément à Galatasaray où il a déniché l'attaquant sénégalais Mbaye Diagne, mais celui-ci a finalement opté pour le Club Bruges. Un uppercut qui laissera des traces à Anderlecht.

Si l'on suit la ligne de conduite de Kompany, le management devrait d'abord regarder à Neerpede s'il n'y a rien en magasin, mais cette position d'attaquant est problématique depuis des années dans les équipes de jeunes. Contre le Standard, Anderlecht a aligné six joueurs formés en son sein : Killian Sardella, Sieben Dewaele, Francis Amuzu, Albert Sambi-Lokonga, Yari Verschaeren et Alexis Saelemaekers. Mais aucun n'a été formé comme attaquant. Romelu Lukaku est le seul centre-avant formé à Neerpede qui est parvenu jusqu'en équipe Première. Au centre de formation des Mauves, on commence à se rendre compte qu'il s'agit d'un sérieux problème. Tous les espoirs reposent désormais sur Mario Stroeykens, qui fêtera ses 15 ans à la fin de ce mois et qui s'est engagé à signer son premier contrat professionnel à Anderlecht. Stroeykens a joué pour la première fois avec les U12 lors de l'Otten Cup à Eindhoven, et la direction s'efforce de l'intégrer le plus rapidement possible dans le team de Craig Bellamy. Même si des voix s'élèvent pour ne pas le brûler.

Alexis Saelemaekers a offert la première victoire de la saison aux siens., BELGAIMAGE
Alexis Saelemaekers a offert la première victoire de la saison aux siens. © BELGAIMAGE

CRAMPES

Marquer, c'est un problème depuis de longues années à Anderlecht ( voir encadré). Après le match contre le Standard, Simon Davies a essayé de convaincre l'auditoire en affirmant qu'Anderlecht pourrait aussi s'en sortir sans renfort offensif, mais il s'apercevra sans doute que son équipe passera souvent par le chas de l'aiguille si aucun attaquant ne s'ajoute à l'effectif. Paradoxalement, Anderlecht a remporté sa première victoire de la saison contre le Standard au terme d'un match où il a développé un football moins séduisant que les semaines précédentes. Précédemment, les Mauves avaient toujours eu le match sous contrôle pendant de longues périodes mais sans parvenir à concrétiser les occasions. " Je suis très heureux pour les supporters et les joueurs, mas je ne peux pas parler de soulagement ", a encore déclaré Davies. " Nous n'avons pas joué aussi bien que lors des autres matches, mais nous avons enfin pris les trois points. Nous aurions déjà pu gagner plus tôt, car nous n'étions pas aussi mauvais que certains le prétendaient. Aujourd'hui, j'ai cependant découvert une chose : mes joueurs sont non seulement de bons footballeurs, mais ils ont aussi envie de se battre pour le club. "

Il faudra voir de combien de temps des joueurs-clefs comme Chadli et Nasri auront encore besoin pour réellement imprimer leur griffe sur le compartiment offensif. Jusqu'ici, leur apport est resté limité à un assist et à un but, car pour l'instant, ils se retrouvent encore trop rapidement à bout de souffle. Chadli n'a pas encore pu terminer un match complet et Nasri a eu de longs moments d'absence durant les cinq matches qu'il a disputés. Et ils ne sont pas les seuls à avoir des difficultés : à Genk, Philippe Sandler a souffert de crampes et a dû être remplacé, Kompany a dû quitter le terrain avec une blessure aux ischios et, dans les jours précédant le match contre le Standard, Marco Kana s'est occasionné une déchirure musculaire de quatre centimètres. C'est surtout la blessure de Kana qui suscite des interrogations, car il n'avait jamais été blessé auparavant. La déclaration de Sebastiaan Bornauw - " Il y a un problème physique à Anderlecht " - laisse penser que la préparation physique de l'équipe n'a pas été idéale.

Qui pour passer la barre des 10 buts ?

Anderlecht recherche urgemment un tueur devant. Lors des 10 dernières saisons, les Mauves ont vu trois fois l'un des leurs être courronné meilleur buteur de Jupiler Pro League. Lukasz Teodorczyk et Aleksandar Mitrovic sont les seuls, durant cette période, à avoir marqué au moins 20 buts. Après le départ d' Ivan Santini et la blessure de Landry Dimata, la question de savoir qui, chez les Mauves, sera en mesure d'atteindre un double chiffre, se pose plus que jamais.

Troisième record négatif d'affilée

L'absence d'un vrai buteur s'est surtout fait ressentir ces deux dernières saisons au Lotto Park. Anderlecht n'a inscrit que 1,5 but par match durant les campagnes 2017/18 et 2018/19. Cette saison, la moyenne est même inférieure à un but par match. Les Mauves ont franchi le cap des deux buts par match pour la dernière fois lors de la saison où ils ont remporté leur dernier titre, sous René Weiler. À l'époque, Lukasz Teodorczyk et Cie avaient trouvé le chemin des filets à 81 reprises. Récapitulatif.

Une phase, enregistrée lors du match contre le Standard, illustre à merveille les difficultés offensives d'Anderlecht. Alors qu'on était entré largement dans les arrêts de jeu, Michel Vlap, Francis Amuzu, Alexis Saelemaekers, AlbertSambi Lokonga et Isaac Kiese Thelin se sont précipités vers l'avant pour une énième contre-attaque. Les supporters, chauds comme la braise, qui étaient massés derrière le but d' Arnaud Bodart, s'attendaient à pouvoir exploser, mais Sambi Lokonga s'est rabattu vers l'intérieur et s'est ensuite emmêlé les pinceaux dans son dribble. Une nouvelle occasion gaspillée. Le marquoir en est resté à 1-0. Quelques jour plus tôt, lors d'un entraînement ouvert au public organisé au Lotto Park, on avait déjà pu se rendre compte que les joueurs offensifs devenaient nerveux lorsqu'ils étaient amenés à frapper au but. Lors d'un exercice de tirs, où les assistants Pär Zetterberg et Floribert Ngalula adressaient à tour de rôle des ballons aux joueurs, les spectateurs eurent surtout droit à une succession de tirs ratés. Une explosion de joie a donc retenti dans les tribunes lorsque Jérémy Doku a enfin envoyé un ballon dans la lucarne d'une frappe appuyée. Fin juin, Michael Verschueren s'était déjà rendu compte que son Sporting manquait de force de frappe pour le football prôné par Vincent Kompany et il a voulu combler ce manque en engageant quelques grands noms. " Nos recherches sont très ciblées et sont sur le point d'aboutir ", avait déclaré Verschueren à l'époque. Le directeur sportif a tenu sa promesse. En juillet, il a engagé Samir Nasri, et en août, Kemar Roofe et Nacer Chadli ont successivement été ajoutés à l'effectif. Assez curieusement, il n'était à l'époque pas encore question de l'engagement d'un attaquant de pointe. Le seul n°9 de formation qui restait à dispositon était... Thelin. Sur le plan de l'écoute et de l'éthique de travail, peu de joueurs arrivent à la cheville de l'attaquant suédois, affirmait-on alors à Neerpede. On s'en est encore aperçu il y a quelques semaines, lorsque Thelin s'est volontairement mis à la disposition des Espoirs pour un match amical contre Turnhout, durant lequel il a d'ailleurs inscrit un but. Mais il est trop gentil. Pas du tout le profil d'un tueur. Bref : Thelin n'est certainement pas l'attaquant qui va hisser à Anderlecht à un niveau supérieur. Le 11 août, le transfert de Chadli a incité Marc Coucke à annoncer, via Twitter, la fin des activités de transferts entrants. Mais après la défaite à Genk et un bilan de 2 points sur 15, le discours a changé du côté du Parc Astrid. " Un attaquant supplémentaire ne serait pas du luxe, mais cela dépendra aussi des départs ", a fait savoir Verschueren dans le quotidien Het Nieuwsblad. " Avec sept nouveaux venus, nous avons le matériel nécessaire pour gagner des matches. On nous reproche souvent de ne pas avoir d'attaquant de pointe, mais dans le système actuel, Vlap et Verschaeren doivent aussi se retrouver en position de marquer. Il n'est donc pas certain qu'un nouveau joueur soit engagé. " Des circonstances imprévues ont obligé Verschueren à revoir sa copie. En cause : l'état physique de Roofe. Quelques jours avant le match contre le Standard, l'attaquant s'est retrouvé seul en salle de musculation, à soulever des poids. Aucune date n'a pu être fixée pour un retour sur les terrains de l'Anglais. Depuis son arrivée à Bruxelles au début du mois d'août, Roofe ne s'est pas encore entraîné une seule fois avec le groupe et son retour sur les terrains d'entraînement n'est apparemment pas encore pour demain. Personne, à Anderlecht, ne peut dire quand il sera en mesure de jouer. C'est également le cas pour Landry Dimata, qui est resté tout un temps à Clairefontaine pour sa revalidation durant le mois d'août. Alessandro Schoenmakers, le préparateur physique qui était arrivé en février avec Fred Rutten et qui est reparti à l'Ajax durant l'entre-saison, était convaincu que Dimata serait prêt pour les play-offs, mais son pronostic s'est révélé beaucoup trop optimiste. En interne, certaines personnes sont arrivées à la conclusion que le corps de Dimata ne permettait pas encore d'entamer une lourde revalidation. La longue absence de Roofe et de Dimata a obligé Verschueren à passer à la vitesse supérieure, à la veille du week-end, et à se mettre à la recherche d'un nouvel attaquant. Ses recherches ont abouti en Turquie, et plus précisément à Galatasaray où il a déniché l'attaquant sénégalais Mbaye Diagne, mais celui-ci a finalement opté pour le Club Bruges. Un uppercut qui laissera des traces à Anderlecht. Si l'on suit la ligne de conduite de Kompany, le management devrait d'abord regarder à Neerpede s'il n'y a rien en magasin, mais cette position d'attaquant est problématique depuis des années dans les équipes de jeunes. Contre le Standard, Anderlecht a aligné six joueurs formés en son sein : Killian Sardella, Sieben Dewaele, Francis Amuzu, Albert Sambi-Lokonga, Yari Verschaeren et Alexis Saelemaekers. Mais aucun n'a été formé comme attaquant. Romelu Lukaku est le seul centre-avant formé à Neerpede qui est parvenu jusqu'en équipe Première. Au centre de formation des Mauves, on commence à se rendre compte qu'il s'agit d'un sérieux problème. Tous les espoirs reposent désormais sur Mario Stroeykens, qui fêtera ses 15 ans à la fin de ce mois et qui s'est engagé à signer son premier contrat professionnel à Anderlecht. Stroeykens a joué pour la première fois avec les U12 lors de l'Otten Cup à Eindhoven, et la direction s'efforce de l'intégrer le plus rapidement possible dans le team de Craig Bellamy. Même si des voix s'élèvent pour ne pas le brûler. Marquer, c'est un problème depuis de longues années à Anderlecht ( voir encadré). Après le match contre le Standard, Simon Davies a essayé de convaincre l'auditoire en affirmant qu'Anderlecht pourrait aussi s'en sortir sans renfort offensif, mais il s'apercevra sans doute que son équipe passera souvent par le chas de l'aiguille si aucun attaquant ne s'ajoute à l'effectif. Paradoxalement, Anderlecht a remporté sa première victoire de la saison contre le Standard au terme d'un match où il a développé un football moins séduisant que les semaines précédentes. Précédemment, les Mauves avaient toujours eu le match sous contrôle pendant de longues périodes mais sans parvenir à concrétiser les occasions. " Je suis très heureux pour les supporters et les joueurs, mas je ne peux pas parler de soulagement ", a encore déclaré Davies. " Nous n'avons pas joué aussi bien que lors des autres matches, mais nous avons enfin pris les trois points. Nous aurions déjà pu gagner plus tôt, car nous n'étions pas aussi mauvais que certains le prétendaient. Aujourd'hui, j'ai cependant découvert une chose : mes joueurs sont non seulement de bons footballeurs, mais ils ont aussi envie de se battre pour le club. " Il faudra voir de combien de temps des joueurs-clefs comme Chadli et Nasri auront encore besoin pour réellement imprimer leur griffe sur le compartiment offensif. Jusqu'ici, leur apport est resté limité à un assist et à un but, car pour l'instant, ils se retrouvent encore trop rapidement à bout de souffle. Chadli n'a pas encore pu terminer un match complet et Nasri a eu de longs moments d'absence durant les cinq matches qu'il a disputés. Et ils ne sont pas les seuls à avoir des difficultés : à Genk, Philippe Sandler a souffert de crampes et a dû être remplacé, Kompany a dû quitter le terrain avec une blessure aux ischios et, dans les jours précédant le match contre le Standard, Marco Kana s'est occasionné une déchirure musculaire de quatre centimètres. C'est surtout la blessure de Kana qui suscite des interrogations, car il n'avait jamais été blessé auparavant. La déclaration de Sebastiaan Bornauw - " Il y a un problème physique à Anderlecht " - laisse penser que la préparation physique de l'équipe n'a pas été idéale.