Quelque part, c'est bizarre que le Standard t'ait engagé... On t'associe toujours à Muslin, et ici, on a trouvé que les méthodes de Muslin étaient complètement dépassées !

JANKOVIC : D'abord, il n'y a pas deux entraîneurs avec les mêmes méthodes. Ensuite, ça fait maintenant dix ans que je travaille seul. Et puis, la direction du Standard m'a pris par rapport à ce que j'ai fait à Malines. Ici, je ne suis pas une surprise. Je ne tombe pas du ciel ! Je sais qu'ils analysaient chaque week-end mon travail, depuis deux ans. En plus, Olivier Renard sait très bien comment je m'y prends.

Après ton premier match ici, la victoire contre Genk, tu dis : " Sclessin, c'est magnifique, c'est un stade qui vous oblige à tout donner, qui vous empêche de calculer vos efforts. " Pourquoi l'équipe n'a pas tout donné contre Anderlecht ? Pourquoi elle a calculé ses efforts ?

JANKOVIC : Pas d'accord ! Pas du tout. On a eu une grosse dépense d'énergie contre Anderlecht. Quand tu vois les kilomètres parcourus, tu te dis que c'est loin d'être un match où le Standard n'a pas tout donné. Mais on n'avait pas les bons réglages tactiques, Anderlecht était très bien organisé et on a eu une nouvelle preuve que le Standard a du mal à faire le jeu contre un bloc bas qui est bien en place. La preuve qu'on a contrôlé, c'est qu'on a eu 63 % de possession. Mais on n'a pas su être vraiment dangereux.

Ton discours après le match étonne, quand tu dis que le Standard ne méritait pas mieux. Ça aurait été plus simple de te plaindre de l'arbitrage, du but de la victoire qui n'était pas valable... En général, un entraîneur protège son équipe.

JANKOVIC : Tu penses que je protège mon équipe si je dis publiquement qu'elle méritait de gagner alors que ce n'était pas le cas ?

Mais ça ne t'aurait rien coûté de revenir sur l'erreur d'arbitrage...

JANKOVIC : On ne peut pas progresser si on se cache derrière les choses, ça c'est sûr et certain !

Tu as dit en arrivant que tu visais les résultats bruts dans un premier temps, pas un foot champagne. Finalement, l'ADN du Standard, c'est un engagement sans limites, pas des petits ponts et des roulettes...

JANKOVIC : Normalement, on ne devrait jamais parler d'engagement. C'est naturel chez un footballeur professionnel. Mais pour le moment, c'est clair que les priorités, ce sont les résultats et la mentalité. Après, avec le travail, le temps qu'on passe ensemble, les automatismes, évidemment que le jeu va s'améliorer. Et quand les résultats sont là, c'est toujours plus facile de travailler dans un climat positif qui amène de nouvelles victoires...

Tu crois à l'ADN d'un club de foot ?

JANKOVIC : Bien sûr. L'Etoile Rouge a son ADN et ça ressemble à l'ADN du Standard. Il y a comme ça des clubs qui dégagent une énergie différente, plus forte qu'ailleurs. L'Etoile Rouge en Serbie, le Standard en Belgique, Marseille en France, Boca Juniors en Argentine,... Ça vit et ça respire le foot. Les gens pardonnent tout à partir du moment où tu donnes tout. S'ils voient ton énergie, ils sont prêts à te passer beaucoup de choses.

Par Pierre Danvoye

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Aleksandar Jankovic dans votre Sport/Foot Magazine

Quelque part, c'est bizarre que le Standard t'ait engagé... On t'associe toujours à Muslin, et ici, on a trouvé que les méthodes de Muslin étaient complètement dépassées !JANKOVIC : D'abord, il n'y a pas deux entraîneurs avec les mêmes méthodes. Ensuite, ça fait maintenant dix ans que je travaille seul. Et puis, la direction du Standard m'a pris par rapport à ce que j'ai fait à Malines. Ici, je ne suis pas une surprise. Je ne tombe pas du ciel ! Je sais qu'ils analysaient chaque week-end mon travail, depuis deux ans. En plus, Olivier Renard sait très bien comment je m'y prends.Après ton premier match ici, la victoire contre Genk, tu dis : " Sclessin, c'est magnifique, c'est un stade qui vous oblige à tout donner, qui vous empêche de calculer vos efforts. " Pourquoi l'équipe n'a pas tout donné contre Anderlecht ? Pourquoi elle a calculé ses efforts ?JANKOVIC : Pas d'accord ! Pas du tout. On a eu une grosse dépense d'énergie contre Anderlecht. Quand tu vois les kilomètres parcourus, tu te dis que c'est loin d'être un match où le Standard n'a pas tout donné. Mais on n'avait pas les bons réglages tactiques, Anderlecht était très bien organisé et on a eu une nouvelle preuve que le Standard a du mal à faire le jeu contre un bloc bas qui est bien en place. La preuve qu'on a contrôlé, c'est qu'on a eu 63 % de possession. Mais on n'a pas su être vraiment dangereux.Ton discours après le match étonne, quand tu dis que le Standard ne méritait pas mieux. Ça aurait été plus simple de te plaindre de l'arbitrage, du but de la victoire qui n'était pas valable... En général, un entraîneur protège son équipe.JANKOVIC : Tu penses que je protège mon équipe si je dis publiquement qu'elle méritait de gagner alors que ce n'était pas le cas ?Mais ça ne t'aurait rien coûté de revenir sur l'erreur d'arbitrage...JANKOVIC : On ne peut pas progresser si on se cache derrière les choses, ça c'est sûr et certain !Tu as dit en arrivant que tu visais les résultats bruts dans un premier temps, pas un foot champagne. Finalement, l'ADN du Standard, c'est un engagement sans limites, pas des petits ponts et des roulettes...JANKOVIC : Normalement, on ne devrait jamais parler d'engagement. C'est naturel chez un footballeur professionnel. Mais pour le moment, c'est clair que les priorités, ce sont les résultats et la mentalité. Après, avec le travail, le temps qu'on passe ensemble, les automatismes, évidemment que le jeu va s'améliorer. Et quand les résultats sont là, c'est toujours plus facile de travailler dans un climat positif qui amène de nouvelles victoires...Tu crois à l'ADN d'un club de foot ?JANKOVIC : Bien sûr. L'Etoile Rouge a son ADN et ça ressemble à l'ADN du Standard. Il y a comme ça des clubs qui dégagent une énergie différente, plus forte qu'ailleurs. L'Etoile Rouge en Serbie, le Standard en Belgique, Marseille en France, Boca Juniors en Argentine,... Ça vit et ça respire le foot. Les gens pardonnent tout à partir du moment où tu donnes tout. S'ils voient ton énergie, ils sont prêts à te passer beaucoup de choses.Par Pierre Danvoye Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Aleksandar Jankovic dans votre Sport/Foot Magazine