On le sait... Le 22 mars dernier a été une journée historiquement noire pour la Belgique. Deux attentats frappent notre pays, notre capitale. Le dernier bilan fait état de 32 morts, plus de 300 blessés. Une semaine plus tard, la Belgique doit accueillir le Portugal dans le cadre d'un match de préparation pour l'Euro 2016. Il n'en est rien. Les risques sont trop élevés. Dans la foulée, un accord est trouvé entre les deux Fédérations de Football : la rencontre se jouera à Leiria.

Jouer un match une semaine après des attentats implique forcément une dimension symbolique . Un maillot belge d'échauffement floqué du message "In memory of all victims - Brussels, 22.03.2016", des drapeaux belges distribués dans le stade, une minute de silence en marge de la rencontre, des hymnes nationaux respectés... Le contexte obligeait. Mais tout de même, une telle compassion, une telle solidarité... Cela touche, cela émeut. La rencontre part d'ores et déjà sur de bonnes bases. Du point de vue humain.

Sportivement, les choses sont moins évidentes pour les Diables Rouges (défaite 2-1). Peut-être une corrélation y-a-il entre les deux aspects, ne permettant pas aux joueurs de surpasser leurs émotions ? Le raccourci est facile. Mais si cette raison peut être avancée, celle des nombreuses blessures (8) frappant l'effectif belge peut également en être une. En soi, "rien de dramatique". "Cela laissera la chance à d'autres joueurs de prouver qu'ils ont leur place pour l'Euro", se disait-on. Ou encore : "Quoi de mieux finalement, pour certains, que de bénéficier de temps de jeu lors du dernier match amical avant la sélection des 23 de Marc Wilmots ?" Des questions très théoriques, ayant eu pour réponses de nombreuses déceptions. Jamais, sous l'ère Wilmots, les Diables Rouges n'ont semblé aussi fragiles que mardi...

Des tests défensifs peu concluants

Guillaume Gillet, après son très bon début de saison dans le milieu de terrain nantais lui valant d'être élu "Joueur du mois de février" en Ligue 1, a reçu sa chance face au Portugal. Titularisé au back droit, il a déçu. Alors certes, c'est l'équipe (quasiment) dans son entièreté qui était "à la ramasse", mais il n'a su tirer son épingle du jeu ! Pire... Le danger venait principalement de son flanc. "En même temps, c'était Cristiano Ronaldo en face" argumenteront quelques fervents défenseurs du Liégeois. Et, personne ne peut leur donner tort, mais il serait erroné de penser que la Belgique affrontera "des pieds carrés" lors de la compétition européenne.

La remarque est la même pour Thomas Vermaelen. Le joueur du FC Barcelone a été aligné au back gauche. Force est de constater que le défenseur central de formation ne peut compter sur sa polyvalence, pour forcer sa sélection à l'Euro 2016. Dépassé de tous côtés, la première période a été laborieuse. Repositionné dans l'axe durant la seconde mi-temps, l'homme a dévoilé toutes ses qualités et a peut-être sauvé sa sélection pour l'Euro malgré peu de temps de jeu du côté de la Catalogne.

Notons également que Jordan Lukaku a effectué une belle rentrée au jeu en seconde mi-temps, offrant la balle de but à son frère, Romelu. Est-il une option pour l'Euro ? Il a certainement marqué des points. D'autant que le constat est là, et ne date pas de mardi : les arrières latéraux sont le talon d'Achille de la Belgique. Aucun des backs d'habitude titularisés ne l'est de formation. Ainsi Jan Vertonghen et Toby Alderweireld "impressionnent" chez les Spurs en défense centrale. Du moins, c'était le cas avant leurs blessures respectives. Les indisponibilités à répétition de Kompany, le manque de temps de jeu de Vermaelen, l'inexpérience de Denayer, la lenteur de Lombaerts... Autant de raisons de penser que l'on pourrait avoir besoin des deux joueurs de Tottenham au poste de "défenseur central". Dans cette optique, l'option du cadet Lukaku peut être véritablement envisagée.

Un milieu "étonnant"

Les trois milieux de terrain préférentiels ont pu être alignés face au Portugal. Ainsi, le triangle Nainggolan - Witsel - Fellaini a été reconduit. Et que dire si ce n'est qu'ils n'ont pas joué à leur niveau ? C'est "étonnant" tant c'était brouillon. Les observateurs attendaient mieux des trois joueurs. Si les uns ont constaté un manque de rythme chez Fellaini, les autres ont pointé un manque de précision chez Nainggolan. En dépit d'une combattivité débordante, ce sont bien les trois joueurs qui ont été acculés, mangés par le milieu de terrain portugais. Il serait tout de même peu probable que ces trois joueurs ne soient pas repris dans la sélection des 23 de Marc Wilmots. Pour cause, ils ont déjà prouvé à maintes reprises qu'ils pouvaient être complémentaires et être l'une des armes des Diables Rouges. Attention, cela dit, pour Marouane Fellaini, fort en peine cette saison du côté de Manchester United. Jusqu'ici, cela ne se ressentait pas en équipe nationale. Cela a été le cas mardi.

Des flancs ?

S'il est légitime de se demander si la Belgique a joué avec des flancs, cela est dû au fait qu'aussi bien Mertens que Chadli ont été inexistants. D'accord, le terme est fort. Peut-être trop fort, mais jamais les Belges n'ont été capables d'amener le danger dans le rectangle adverse. Or, ces deux joueurs jouent très peu en équipe nationale et une véritable chance leur a été offerte de prétendre à une place à l'Euro. Alors certes, Mertens devrait logiquement en faire partie, mais les choses sont bien moins évidentes pour Chadli qui a du mal à prouver qu'il a sa place en sélection nationale. Néanmoins, à leur décharge, leur travail défensif était conséquent. Il était important d'essayer, tant bien que mal, de couvrir des backs bien trop légers.

Romelu confirme

Fort esseulé, l'aîné des Lukaku a connu une rencontre difficile. Lui, qui avait pourtant à coeur de marquer à nouveau avec les Diables Rouges et confirmer son état de forme du côté d'Everton (18 goals en Premier League). Fort utile en conservation de balle, il est parvenu à peser dans la défense adverse et à inscrire son petit but, certes anecdotique dans le résultat mais ô combien important pour la confiance du joueur. Il s'érige en tant que titulaire indiscutable pour l'Euro 2016.

Michy Batshuayi est, lui, monté au jeu en cours de partie. S'il n'a su être décisif et n'a su apporter offensivement, il se positionne en tant que véritable option pour Marc Wilmots. Le buteur de l'Olympique Marseille est doté de qualités techniques, de vitesse, faisant défaut aux attaquants que sont Lukaku ou Benteke. Son profil est, dès lors, "intéressant".

Quid des joueurs délaissés ?

Il serait tout bonnement impossible de tous les citer. Un joueur a brillé par son manque de temps de jeu : Moussa Dembélé. Dès sa montée au jeu, à dix minutes du terme de la rencontre, il a démontré qu'il avait des qualités. Ses prestations à Tottenham suffisent à le prouver. Sa conservation de balle et son niveau technique sont "remarquables". On lui reproche de freiner le jeu... Mais quoi qu'il en soit, c'est de lui dont l'équipe nationale aurait eu besoin face au Portugal. Il est bouché par un milieu de terrain bien fourni mais devrait tout de même être de la partie à l'Euro.

Qu'en est-il de Mirallas ? Le Belge, bien que peu utilisé à Everton, a déjà démontré que l'on pouvait compter sur lui. Il semble être sorti des plans de Marc Wilmots, depuis que d'autres ont percé. C'est le cas notamment de Yannick Ferreira Carrasco, actuellement blessé.

Certains ont regretté l'absence de Laurent Ciman dans l'effectif belge, tandis que les blessures des défenseurs centraux belges auraient pu lui offrir la possibilité de s'exprimer. Il n'en a rien été et il serait, dès lors, étonnant que le joueur de l'Impact Montréal soit repris dans sélection de Wilmots en France.

Quentin Droussin

On le sait... Le 22 mars dernier a été une journée historiquement noire pour la Belgique. Deux attentats frappent notre pays, notre capitale. Le dernier bilan fait état de 32 morts, plus de 300 blessés. Une semaine plus tard, la Belgique doit accueillir le Portugal dans le cadre d'un match de préparation pour l'Euro 2016. Il n'en est rien. Les risques sont trop élevés. Dans la foulée, un accord est trouvé entre les deux Fédérations de Football : la rencontre se jouera à Leiria. Jouer un match une semaine après des attentats implique forcément une dimension symbolique . Un maillot belge d'échauffement floqué du message "In memory of all victims - Brussels, 22.03.2016", des drapeaux belges distribués dans le stade, une minute de silence en marge de la rencontre, des hymnes nationaux respectés... Le contexte obligeait. Mais tout de même, une telle compassion, une telle solidarité... Cela touche, cela émeut. La rencontre part d'ores et déjà sur de bonnes bases. Du point de vue humain.Sportivement, les choses sont moins évidentes pour les Diables Rouges (défaite 2-1). Peut-être une corrélation y-a-il entre les deux aspects, ne permettant pas aux joueurs de surpasser leurs émotions ? Le raccourci est facile. Mais si cette raison peut être avancée, celle des nombreuses blessures (8) frappant l'effectif belge peut également en être une. En soi, "rien de dramatique". "Cela laissera la chance à d'autres joueurs de prouver qu'ils ont leur place pour l'Euro", se disait-on. Ou encore : "Quoi de mieux finalement, pour certains, que de bénéficier de temps de jeu lors du dernier match amical avant la sélection des 23 de Marc Wilmots ?" Des questions très théoriques, ayant eu pour réponses de nombreuses déceptions. Jamais, sous l'ère Wilmots, les Diables Rouges n'ont semblé aussi fragiles que mardi... Des tests défensifs peu concluantsGuillaume Gillet, après son très bon début de saison dans le milieu de terrain nantais lui valant d'être élu "Joueur du mois de février" en Ligue 1, a reçu sa chance face au Portugal. Titularisé au back droit, il a déçu. Alors certes, c'est l'équipe (quasiment) dans son entièreté qui était "à la ramasse", mais il n'a su tirer son épingle du jeu ! Pire... Le danger venait principalement de son flanc. "En même temps, c'était Cristiano Ronaldo en face" argumenteront quelques fervents défenseurs du Liégeois. Et, personne ne peut leur donner tort, mais il serait erroné de penser que la Belgique affrontera "des pieds carrés" lors de la compétition européenne. La remarque est la même pour Thomas Vermaelen. Le joueur du FC Barcelone a été aligné au back gauche. Force est de constater que le défenseur central de formation ne peut compter sur sa polyvalence, pour forcer sa sélection à l'Euro 2016. Dépassé de tous côtés, la première période a été laborieuse. Repositionné dans l'axe durant la seconde mi-temps, l'homme a dévoilé toutes ses qualités et a peut-être sauvé sa sélection pour l'Euro malgré peu de temps de jeu du côté de la Catalogne. Notons également que Jordan Lukaku a effectué une belle rentrée au jeu en seconde mi-temps, offrant la balle de but à son frère, Romelu. Est-il une option pour l'Euro ? Il a certainement marqué des points. D'autant que le constat est là, et ne date pas de mardi : les arrières latéraux sont le talon d'Achille de la Belgique. Aucun des backs d'habitude titularisés ne l'est de formation. Ainsi Jan Vertonghen et Toby Alderweireld "impressionnent" chez les Spurs en défense centrale. Du moins, c'était le cas avant leurs blessures respectives. Les indisponibilités à répétition de Kompany, le manque de temps de jeu de Vermaelen, l'inexpérience de Denayer, la lenteur de Lombaerts... Autant de raisons de penser que l'on pourrait avoir besoin des deux joueurs de Tottenham au poste de "défenseur central". Dans cette optique, l'option du cadet Lukaku peut être véritablement envisagée. Un milieu "étonnant"Les trois milieux de terrain préférentiels ont pu être alignés face au Portugal. Ainsi, le triangle Nainggolan - Witsel - Fellaini a été reconduit. Et que dire si ce n'est qu'ils n'ont pas joué à leur niveau ? C'est "étonnant" tant c'était brouillon. Les observateurs attendaient mieux des trois joueurs. Si les uns ont constaté un manque de rythme chez Fellaini, les autres ont pointé un manque de précision chez Nainggolan. En dépit d'une combattivité débordante, ce sont bien les trois joueurs qui ont été acculés, mangés par le milieu de terrain portugais. Il serait tout de même peu probable que ces trois joueurs ne soient pas repris dans la sélection des 23 de Marc Wilmots. Pour cause, ils ont déjà prouvé à maintes reprises qu'ils pouvaient être complémentaires et être l'une des armes des Diables Rouges. Attention, cela dit, pour Marouane Fellaini, fort en peine cette saison du côté de Manchester United. Jusqu'ici, cela ne se ressentait pas en équipe nationale. Cela a été le cas mardi. Des flancs ? S'il est légitime de se demander si la Belgique a joué avec des flancs, cela est dû au fait qu'aussi bien Mertens que Chadli ont été inexistants. D'accord, le terme est fort. Peut-être trop fort, mais jamais les Belges n'ont été capables d'amener le danger dans le rectangle adverse. Or, ces deux joueurs jouent très peu en équipe nationale et une véritable chance leur a été offerte de prétendre à une place à l'Euro. Alors certes, Mertens devrait logiquement en faire partie, mais les choses sont bien moins évidentes pour Chadli qui a du mal à prouver qu'il a sa place en sélection nationale. Néanmoins, à leur décharge, leur travail défensif était conséquent. Il était important d'essayer, tant bien que mal, de couvrir des backs bien trop légers. Romelu confirmeFort esseulé, l'aîné des Lukaku a connu une rencontre difficile. Lui, qui avait pourtant à coeur de marquer à nouveau avec les Diables Rouges et confirmer son état de forme du côté d'Everton (18 goals en Premier League). Fort utile en conservation de balle, il est parvenu à peser dans la défense adverse et à inscrire son petit but, certes anecdotique dans le résultat mais ô combien important pour la confiance du joueur. Il s'érige en tant que titulaire indiscutable pour l'Euro 2016. Michy Batshuayi est, lui, monté au jeu en cours de partie. S'il n'a su être décisif et n'a su apporter offensivement, il se positionne en tant que véritable option pour Marc Wilmots. Le buteur de l'Olympique Marseille est doté de qualités techniques, de vitesse, faisant défaut aux attaquants que sont Lukaku ou Benteke. Son profil est, dès lors, "intéressant". Quid des joueurs délaissés ? Il serait tout bonnement impossible de tous les citer. Un joueur a brillé par son manque de temps de jeu : Moussa Dembélé. Dès sa montée au jeu, à dix minutes du terme de la rencontre, il a démontré qu'il avait des qualités. Ses prestations à Tottenham suffisent à le prouver. Sa conservation de balle et son niveau technique sont "remarquables". On lui reproche de freiner le jeu... Mais quoi qu'il en soit, c'est de lui dont l'équipe nationale aurait eu besoin face au Portugal. Il est bouché par un milieu de terrain bien fourni mais devrait tout de même être de la partie à l'Euro. Qu'en est-il de Mirallas ? Le Belge, bien que peu utilisé à Everton, a déjà démontré que l'on pouvait compter sur lui. Il semble être sorti des plans de Marc Wilmots, depuis que d'autres ont percé. C'est le cas notamment de Yannick Ferreira Carrasco, actuellement blessé. Certains ont regretté l'absence de Laurent Ciman dans l'effectif belge, tandis que les blessures des défenseurs centraux belges auraient pu lui offrir la possibilité de s'exprimer. Il n'en a rien été et il serait, dès lors, étonnant que le joueur de l'Impact Montréal soit repris dans sélection de Wilmots en France. Quentin Droussin