Habitué à distribuer les compliments au rythme où son numéro 7 enchaîne les caviars, Roberto Martínez ne semble pourtant pas en faire de trop quand il qualifie Kevin De Bruyne de "meilleur meneur de jeu du monde". Jamais à court d'arguments pour parler de football, le Catalan précise le fond de sa pensée: "Il est capable de donner une passe décisive avant même que n'importe qui d'autre n'ait eu le temps de la voir". Presque une définition de cette fine cuiller de caviar déposée au bord des lèvres de Thorgan Hazard contre un Danemark mis au tapis. Parce que comme tout le monde, les défenseurs des Vikings n'avaient vu que la frappe. De Bruyne, lui, était déjà ailleurs. "Parfois, je vois le futur proche", confesse presque le meilleu...

Habitué à distribuer les compliments au rythme où son numéro 7 enchaîne les caviars, Roberto Martínez ne semble pourtant pas en faire de trop quand il qualifie Kevin De Bruyne de "meilleur meneur de jeu du monde". Jamais à court d'arguments pour parler de football, le Catalan précise le fond de sa pensée: "Il est capable de donner une passe décisive avant même que n'importe qui d'autre n'ait eu le temps de la voir". Presque une définition de cette fine cuiller de caviar déposée au bord des lèvres de Thorgan Hazard contre un Danemark mis au tapis. Parce que comme tout le monde, les défenseurs des Vikings n'avaient vu que la frappe. De Bruyne, lui, était déjà ailleurs. "Parfois, je vois le futur proche", confesse presque le meilleur passeur du monde au Telegraph. Arrivé à Manchester City dans la peau d'un générateur d'actions, le Belge a mis à profit sa cohabitation prolongée avec Pep Guardiola pour également devenir un générateur de jeu. De quoi donner naissance à un dilemme, également pressenti par KDB, qui affirmait déjà en 2012, depuis le centre d'entraînement du Werder Brême, qu'il était "peut-être un numéro 8". Capable d'être au four et au moulin, mais surtout d'augmenter la température du jeu ou de faire tourner la roue nationale mieux que n'importe lequel de ses coéquipiers, De Bruyne oblige son entraîneur à choisir la version qu'il préfère. Gourmands, et surtout aussi amoureux de son sens de l'organisation que de celui de la rupture, Guardiola et Martínez essaient surtout de ne pas choisir. Chez les Diables, King Kev a fini par obtenir un rôle sur mesure, déformant légèrement les courbes du 3-4-2-1 de Roberto Martínez. D'abord plus important à l'élaboration du jeu, puisque Eden Hazard pouvait s'occuper de celle des occasions, le Citizen finit par remonter d'un cran sur l'échiquier diabolique quand la courbe de performances déclinante de Dries Mertens croise celle d'un Youri Tielemans en phase ascendante. La Belgique s'est trouvée un nouvel organisateur, et peut rapprocher De Bruyne des filets adverses. Souvent en souffrance à l'heure de ressortir de ballon contre des adversaires qui hésitent de moins en moins à la presser, la sélection belge doit pourtant pouvoir compter sur un KDB plus utile comme arc que comme flèche. Contrairement à Hazard, De Bruyne n'a pas la même aisance pour conserver le ballon dos au jeu, et ses qualités transforment donc le système belge en un 3-5-1-1 où il rejoint le milieu pour jouer l'architecte, avant de s'en éloigner pour prendre en charge les finitions. L'occasion idéale pour le placer partout et nulle part à la fois, avec derrière lui une structure qui lui permet surtout d'être là où le jeu a besoin de lui.