Ton dernier match en Premier League date du 26 décembre 2014, contre Manchester City. Trois jours plus tard, le manager Alan Irvine a été limogé. Est-ce que ce fut un moment charnière pour toi ?

POCOGNOLI : Alan Irvine et le directeur technique, Terry Burton, m'avaient convaincu de venir à West Bromwich. J'ai quasiment tout joué jusqu'au départ d'Irvine mais Pulis n'en a pas tenu compte. C'est incompréhensible. Il m'a privé sans raison valable de la chance d'exercer mon métier.

L'as-tu senti arriver ?

POCOGNOLI : Un peu. Pulis est de ces managers qui veulent de la sécurité. Le nul est sacro-saint pour lui. Il a un autre cheval de bataille : il aime aligner des défenseurs centraux sur les flancs. De grands gaillards costauds, qui pensent avant tout à défendre. Lors de notre premier entretien, il m'a littéralement dit : "Tu es trop offensif pour mon schéma tactique." Je n'entre donc pas dans ses plans. J'ai d'abord pensé que j'étais nouveau dans le football anglais et qu'il ne me connaissait pas mais j'ai vite changé d'avis. Il ne veut tout simplement pas entendre parler d'un back qui monte.

Tu as l'air de prendre ça avec philosophie ?

POCOGNOLI : Beaucoup de joueurs passeraient leur temps à se lamenter à la maison. Je ne veux pas me laisser aller. Je n'ai pas le choix : je dois me taire et travailler d'arrache-pied. Je n'épargne personne à l'entraînement. Je m'astreins à des séances de jogging et, en été, j'ai même entretenu mon rythme avec les réserves, à deux reprises. Je veux être prêt en toutes circonstances.

Connais-tu les projets de West Brom à ton égard ?

POCOGNOLI : Le club cherche un nouvel arrière gauche depuis des mois alors que je n'ai pas encore joué une minute dans ce championnat. C'est le monde à l'envers ! On m'a fait jouer en Coupe pour me mettre en vitrine. J'ai saisi ma chance et maintenant, le club va peut-être comprendre qu'il n'a pas besoin de nouveau joueur à mon poste. Si j'avais mal joué, il aurait pu dire : "Vous voyez bien qu'il est à sa place sur le banc ou dans la tribune." Même s'il aurait été légitime que je ne retrouve pas l'intégralité de mes sensations lors de mon premier match après un an d'absence.

On te pousse donc poliment vers la sortie ?

POCOGNOLI : La direction se livre à des petits jeux psychologiques avec moi. Depuis novembre, c'est toujours le même refrain : ne veux-tu pas jouer un mois dans un club de division deux ? Ou deux mois à l'autre bout de l'Angleterre ?

Si Tony Pulis reste manager, tu n'as pourtant plus d'avenir à West Brom ?

POCOGNOLI : Envers et contre tout, je reste convaincu qu'en travaillant dur et en restant exemplaire, je recevrai tôt ou tard une nouvelle chance. Bien sûr, un moment donné, ce sera terminé. Je suis donc ouvert à une nouvelle aventure. Je connais les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Angleterre.

Pourquoi ne pas découvrir la Serie A ? Je suis d'origine italienne. Ça ne doit pas nécessairement être un club qui dispute la Ligue des Champions chaque saison. Il faut être modeste quand on n'a plus joué depuis un an. Dans ma situation, je dois soupeser toutes les propositions.

Par Alain Eliasy

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Sébastien Pocognoli dans votre Sport/Foot Magazine

Ton dernier match en Premier League date du 26 décembre 2014, contre Manchester City. Trois jours plus tard, le manager Alan Irvine a été limogé. Est-ce que ce fut un moment charnière pour toi ?POCOGNOLI : Alan Irvine et le directeur technique, Terry Burton, m'avaient convaincu de venir à West Bromwich. J'ai quasiment tout joué jusqu'au départ d'Irvine mais Pulis n'en a pas tenu compte. C'est incompréhensible. Il m'a privé sans raison valable de la chance d'exercer mon métier.L'as-tu senti arriver ?POCOGNOLI : Un peu. Pulis est de ces managers qui veulent de la sécurité. Le nul est sacro-saint pour lui. Il a un autre cheval de bataille : il aime aligner des défenseurs centraux sur les flancs. De grands gaillards costauds, qui pensent avant tout à défendre. Lors de notre premier entretien, il m'a littéralement dit : "Tu es trop offensif pour mon schéma tactique." Je n'entre donc pas dans ses plans. J'ai d'abord pensé que j'étais nouveau dans le football anglais et qu'il ne me connaissait pas mais j'ai vite changé d'avis. Il ne veut tout simplement pas entendre parler d'un back qui monte.Tu as l'air de prendre ça avec philosophie ?POCOGNOLI : Beaucoup de joueurs passeraient leur temps à se lamenter à la maison. Je ne veux pas me laisser aller. Je n'ai pas le choix : je dois me taire et travailler d'arrache-pied. Je n'épargne personne à l'entraînement. Je m'astreins à des séances de jogging et, en été, j'ai même entretenu mon rythme avec les réserves, à deux reprises. Je veux être prêt en toutes circonstances.Connais-tu les projets de West Brom à ton égard ?POCOGNOLI : Le club cherche un nouvel arrière gauche depuis des mois alors que je n'ai pas encore joué une minute dans ce championnat. C'est le monde à l'envers ! On m'a fait jouer en Coupe pour me mettre en vitrine. J'ai saisi ma chance et maintenant, le club va peut-être comprendre qu'il n'a pas besoin de nouveau joueur à mon poste. Si j'avais mal joué, il aurait pu dire : "Vous voyez bien qu'il est à sa place sur le banc ou dans la tribune." Même s'il aurait été légitime que je ne retrouve pas l'intégralité de mes sensations lors de mon premier match après un an d'absence.On te pousse donc poliment vers la sortie ?POCOGNOLI : La direction se livre à des petits jeux psychologiques avec moi. Depuis novembre, c'est toujours le même refrain : ne veux-tu pas jouer un mois dans un club de division deux ? Ou deux mois à l'autre bout de l'Angleterre ?Si Tony Pulis reste manager, tu n'as pourtant plus d'avenir à West Brom ?POCOGNOLI : Envers et contre tout, je reste convaincu qu'en travaillant dur et en restant exemplaire, je recevrai tôt ou tard une nouvelle chance. Bien sûr, un moment donné, ce sera terminé. Je suis donc ouvert à une nouvelle aventure. Je connais les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Angleterre.Pourquoi ne pas découvrir la Serie A ? Je suis d'origine italienne. Ça ne doit pas nécessairement être un club qui dispute la Ligue des Champions chaque saison. Il faut être modeste quand on n'a plus joué depuis un an. Dans ma situation, je dois soupeser toutes les propositions.Par Alain EliasyRetrouvez l'intégralité de l'interview de Sébastien Pocognoli dans votre Sport/Foot Magazine