"La Pro League a entrepris des actions, nécessaires, que les supporters attendaient", a expliqué Pierre François. "Mon collègue, Marc Coucke et moi-même prendront des mesures concrètes avant la trêve hivernale, le 17 décembre. L'image de notre compétition est en jeu et je sais que les instances internationales nous observent de très près." Depuis la mi-octobre, une vaste enquête a permis de mettre à jour des pratiques douteuses dans le milieu de football belge, touchant agents de joueurs, arbitres, entraîneurs et dirigeants. La justice fédérale a entrepris de multiples actions et le ministère des Finances réclame aussi des mesures de la part des dirigeants du football belge. "L'autorité fédérale devrait créer un institut pour les agents", a précisé Pierre François.

"Nous voulons nous affranchir de la dépendance des agents"

"La FIFA devrait aussi prendre des dispositions sur la question pour le 30 novembre, plus particulièrement sur la relation entre les clubs et les agents. Nous voulons jouer un rôle de pionnier en la matière. Nous voulons nous affranchir de cette dépendance des agents et prônons la création d'un 'ordre des agents' autonome. Il faudrait pouvoir délivrer un certificat pour les agents, une reconnaissance officielle. Ces dispositions sont en voie d'achèvement et seront formulées par le panel d'expert", a expliqué Pierre François qui fait partie de ce panel créé à cet effet par la Pro League aux côtés du ministre d'Etat Melchior Wathelet senior et l'avocat du sport Wouter Lambrecht. "Je comprends la préoccupation du monde politique sur le statut des footballeurs", a-t-il poursuivi. "Nous plaidons pour une adaptation équilibrée qui rencontre le point du vue des politiques et du public, mais qui tient compte aussi de l'aspect concurrentiel sur le plan international.Sans une position concurrentielle équilibrée, il ne faut plus rêver d'une nouvelle génération de Diables Rouges."

Investir dans les centres de formations

Nils Van Branteghem, directeur financier de la Pro League, a insisté de son côté sur le fait que les réductions des cotisations sociales sont réinvesties pour les jeunes au sein des clubs de la Pro League. "Plus que jamais", a-t-il martelé. "Nos clubs disposent de plus de 10.000 jeunes et de 453 entraîneurs de jeunes."

"Le coût total de la formation au sein de la Pro League se monte à 26,2 millions d'euros. Et nous sommes contrôlés par le ministère des Finances. Le manque de flux vers les équipes premières n'est pas dû à un manque d'investissements, mais est la conséquence du succès des footballeurs belges dans les compétitions internationales et le manque de protection de notre formation des jeunes."