1. À quel point le déroulement de la saison vous a-t-il surpris?
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1. À quel point le déroulement de la saison vous a-t-il surpris? On a entamé l'exercice avec énormément de confiance dans le noyau, en qualité comme en profondeur. C'était un des meilleurs groupes de notre histoire. L'année du titre, le noyau avait cependant plus d'automatismes. Mais on a cette fois tâtonné plus longtemps que je ne le pensais, ce qui explique notre irrégularité. Même quand on est devenus champions d'automne, on n'avait pas le sentiment que tout était au point. On ne contôlait pas nos matches, même si on les gagnait souvent. Le puzzle ne s'est mis en place qu'à Charleroi. 2. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris cette saison? La différence que fait la confiance dans la tête des joueurs et son impact sur le jeu. Tout le monde atteint un niveau élevé, mais l'aspect mental détermine l'issue d'un match. 3. Quel a été le tournant, le moment durant lequel tout aurait pu mal tourner? Y a-t-il eu un moment où la position de Van den Brom a vacillé? Il y a eu deux tournants. Quand on a été champions d'automne, on manquait de solidité. L'issue n'était jamais acquise. Sans cette régularité, tout pouvait encore aller de travers. Le second moment-clé est survenu à Charleroi. D'un coup, on a développé un bon football tout en gagnant. C'était le résultat d'entretiens intenses entre Dimitri de Condé, John van den Brom et les joueurs. Un moment important dans le processus qu'on suit maintenant. Tout le monde doit comprendre que Genk n'est pas seulement un club formateur, qu'il veut aussi des trophées. À un moment donné, il y a eu une trop grande différence entre la qualité présente et les résultats. On a résolu le problème grâce à ces nombreux entretiens. John a une grande qualité: c'est un véritable entraîneur de vestiaire. Il a l'oeil, il partage la vision de De Condé et surtout, il a l'art de s'attirer la totale confiance des joueurs. On a aussi un bon vestiaire, qui est resté soudé même durant les mois les plus difficiles. 4. L'année dernière, vous vouliez conserver Joakim Maehle et Jhon Lucumí. Quel est votre objectif cet été? Poursuivre notre développement sportif. Si nous recevons une offre intéressante pour Jhon Lucumí et Paul Onuachu, on en discutera. Il n'y aura pas d'exode, pas plus que la saison dernière, contrairement à ce que certains ont dit. Les changements apportés au noyau ont été beaucoup plus progressifs que ce que la presse a écrit. On tente d'acheter tôt et de vendre le plus tard possible, pour que nos talents restent plus longtemps qu'avant. On peut se le permettre financièrement. On travaille avec des jeunes dotés d'un énorme potentiel qui doivent également atteindre un rendement élevé pendant leur passage ici. On croit davantage au potentiel qu'au rendement immédiat. 5. Auriez-vous culpabilisé si vous aviez été champions dimanche, alors que vous avez entamé les play-offs avec dix points de retard sur le Club? Absolument pas. Sur l'ensemble de la saison, le Club mérite son titre, mais les règles sont ce qu'elles sont. Ce n'est pas parce qu'on gagne au sprint qu'on ne mérite pas son succès. On sait que le Club est contre la division des points, alors que Genk est partisan des play-offs et de cette division. Je comprends que ça pose problème à certains, mais il existe aussi des formules dans lesquelles toutes les équipes partent avec zéro point. Je constate que cette année, les play-offs 1 et 2 ont été de bonnes compétitions, avec une bonne couverture médiatique. C'est grâce à la division des points que tant d'équipes peuvent croire longtemps en leurs chances. Elle constitue un atout pour maintenir le suspense. Le Club nourrit une belle ambition en voulant devenir le Bayern de Belgique, mais avoir le même champion neuf saisons d'affilée ne serait pas bénéfique pour notre compétition.