Philippe Montanier, fusible trop facile ?

Difficile d'en vouloir au stratège français. Si en cinq mois, Philippe Montanier a montré ses limites en tant que tacticien, il est loin d'être le seul à blâmer. Et à coup sûr, son départ ne résoudra pas à lui seul les maux liégeois. Ce n'est pas la faute du Normand si le Standard a investi douze millions d'euros en trois ans sur des attaquants qui ne marquent pas, de Duje Cop (3,1 millions d'euros à Cagliari) à Jackson Muleka (deux millions au TP Mazembe), en passant par Felipe Avenatti (3,5 millions à Bologne) et Obbi Oularé (3,4 millions à Watford). À eux quatre cette saison, les quatre joueurs facturent cinq petits buts seulement en championnat. Un désert offensif dans lequel Philippe Montanier semblait visiblement perdu.
...

Difficile d'en vouloir au stratège français. Si en cinq mois, Philippe Montanier a montré ses limites en tant que tacticien, il est loin d'être le seul à blâmer. Et à coup sûr, son départ ne résoudra pas à lui seul les maux liégeois. Ce n'est pas la faute du Normand si le Standard a investi douze millions d'euros en trois ans sur des attaquants qui ne marquent pas, de Duje Cop (3,1 millions d'euros à Cagliari) à Jackson Muleka (deux millions au TP Mazembe), en passant par Felipe Avenatti (3,5 millions à Bologne) et Obbi Oularé (3,4 millions à Watford). À eux quatre cette saison, les quatre joueurs facturent cinq petits buts seulement en championnat. Un désert offensif dans lequel Philippe Montanier semblait visiblement perdu. Rien ne dit que le futur successeur du désormais ex-coach du Standard trouvera la solution. Rien ne dit non plus qu'à plus long terme, les décideurs liégeois ne regretteront pas leur empressement à se séparer d'un homme d'expérience, qui avait pour lui le mérite de travailler à peu de frais et de prôner le consensus. Un homme de raison donc, dans un club dont on ne sait plus trop où se situe les vraies têtes pensantes. Cela pourrait manquer dans les prochains mois.Aux nombres d'occasions créées ce dimanche contre le Beerschot, on a tendance à penser que oui. C'est peut-être naïf de se baser sur une prestation qui, aussi remarquable soit-elle, ne résume en rien les semaines précédentes. Reste qu'avec 27 tirs tentés (pour seulement six cadrés), les hommes de Vincent Kompany ont dominé comme ils ne l'avaient jamais fait cette saison. Et si la dernière impression doit toujours être la bonne, alors les Bruxellois sont sur le bon chemin.À elles seules, les prestations individuelles de Lukas Nmecha, Paul Mukairu, Francis Amuzu et Percy Tau laissent croire que ce quatuor peut mener Anderlecht bien plus haut que ce que le niveau collectif affiché depuis le début de saison laissait encore penser il y a peu. Parce que Lukas Nmecha est peut-être actuellement l'attaquant le plus complet du championnat, parce que quoi qu'on en dise, Francis Amuzu progresse, et parce que Paul Mukairu semble être une pépite dont on ne connaît pas encore les limites. Bien sûr, s'il devait se confirmer, le départ de Percy Tau, attendu du côté de Brighton dans les prochaines heures, finirait par peser. Mais hier, et c'est symptomatique, l'ancien Brugeois était peut-être le moins bon du quatre offensif de Kompany. La preuve qu'Anderlecht a de la ressource. La confirmation aussi, et surtout, qu'on ne sait jamais sur quel pied danser quand on doit faire avec une équipe sans réel fil conducteur.19 journées sur 34 suffisent-elles à avoir une vision claire de ce à quoi ressembleront les futurs PO1 ? Autrement dit, est-ce parce qu'ils figurent actuellement parmi les quatre premiers que Bruges, Genk, Charleroi et Anderlecht participeront aux réjouissances de fin de saison ? On a envie de dire que ça sent bon pour les deux premiers, dont la position au classement reflète la qualité d'un effectif sur papier supérieur à la concurrence. Au moins financièrement. Un argument chiffré qui doit inquiéter du côté des deux Sporting. Si Charleroi valide sa place dans le top 4, il faudra parler d'authentique exploit dans le chef de Karim Belhocine, qui a raison quand il pointe le manque de profondeur de son effectif en comparaison à celui d'un Ivan Leko (ou de son successeur) à l'Antwerp. Si le vivier des jeunes semble infini à Anderlecht, tous ont déjà montré qu'ils n'étaient pas encore prêts. En résumé, on voit mal l'Antwerp ne pas finir par intégrer un top 4 qu'il a toutes les qualités pour compléter, mais on peut aussi se demander jusqu'où peut aller Hein Vanhazebrouck avec ses Buffalos. Son retard actuel de points (sept sur Anderlecht) n'est pas éliminatoire à ce stade, vu qu'il en reste plus de six fois plus à prendre. Ne pas évoquer le Beerschot ou OHL à ce stade comme candidat au top 4 serait malhonnête. Mais cela refléterait aussi cette impression de fin d'année que ces deux équipes ont, à un moment, évolué en surrégime. Et qu'il leur sera compliqué de tenir sur la longueur.