L'arrêt des compétitions sportives pendant le confinement, ça a poussé les caricaturistes sportifs à devoir se réinventer?

Oui, clairement. Pendant cette période, j'ai toujours regardé ce qu'il se passait à côté des compétitions en elles-mêmes. Il y a toujours moyen de faire quelque chose. Quand il n'y a plus rien sur le terrain, il faut regarder ce qu'il se passe en dehors, en coulisses. En Belgique, on a eu l'affaire des licences, la saga d'Anderlecht, le départ de Michel Preud'homme du banc du Standard, le choix de Felice Mazzù... Donc, il y a toujours eu l'actu sportive, au final.

La situation vous pousse à être plus créatifs encore ?

Personne ne s'attendait à ça. Mais pour les dessinateurs, ça ouvre des portes, d'autres perspectives. Je ne l'ai pas pris comme un handicap. Le gel hydroalcoolique, les masques,... ça apporte aussi un nouveau fond d'inspiration. En remplaçant la balle par le coronavirus, par exemple, il y a moyen de faire des tas de dessins.

Que retrouve-t-on dans ce nouveau livre "Croquis", sorti début juin en librairie ?

Des gags inédits, tous dessinés au crayon. Tout le livre est en noir et blanc. Je voulais retrouver ce côté un peu 'brut' du crayon. Aucun dessin n'est gommé.

La nouveauté, c'est qu'on peut apprendre à croquer nous-mêmes tous les grands sportifs belges ?

Exact. A la base, j'avais démarré un tuto pour dessiner Maggie De Block. Ça a très bien fonctionné sur les réseaux sociaux. A partir de là, on s'est dit qu'on allait continuer ce concept pour que tout le monde puisse croquer les grands noms du sport belge. Michel Preud'homme, Vincent Kompany, Franky Vercauteren, Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Thibaut Courtois, Kim Clijsters, David Goffin, Roberto Martinez, les Borlée, etc. Il y a un petit bonus aussi avec quelques politiques. Sophie Wilmès, Elio Di Rupo,... même Emmanuel André !

Comment on apprend à bien croquer, justement ? Ça demande beaucoup d'entraînement...

En général, il y a 6 étapes à suivre. On additionne les éléments petit à petit pour arriver au résultat final. Mais il y a des visages super simples à faire. Kompany, c'est un rond pour la tête avec un petit carré pour la mâchoire. Des petits yeux qui tombent, une petite barbichette, et vous avez un Vincent Kompany!

C'est qui, le sportif belge le plus simple à caricaturer ?

Marouane Fellaini. Tout le monde peut y arriver. Si tu sais dessiner un arbre, tu sais dessiner Marouane (rires). Maintenant, il s'est coupé les cheveux donc c'est un peu plus compliqué. Roberto Martinez, c'est assez facile aussi. Axel Witsel, il est un peu plus compliqué à réaliser au niveau du visage, par contre.

Qui est le plus compliqué, du coup?

Felice Mazzù. Il n'est pas si évident que ça à dessiner. Karel Van Eetvelt, le nouveau CEO d'Anderlecht, il va me poser pas mal de soucis aussi.

Comment on s'y prend, en tant que caricaturiste, quand un nouveau personnage arrive dans le monde du sport belge ?

Je regarde une photo, et en une seconde je peux dire s'il va me poser des soucis ou pas. C'est un peu comme un joueur qui arrive dans une nouvelle équipe, il doit se faire au système de jeu. Pour un dessinateur, il doit étudier le nouveau personnage.

Philippe Montanier, le nouveau coach du Standard, je peux déjà dire qu'il ne va pas être simple à dessiner.

Philippe Montanier, qui vient de signer au Standard, vous avez déjà essayé de la caricaturer ?

Je peux déjà dire qu'il ne va pas être simple à dessiner. Il y a du pain sur la planche. Mais j'ai déjà vu qu'il avait un nez assez long et tombant, donc je pense que je vais jouer là-dessus. C'est au niveau du regard que je vais devoir travailler. Je dois encore regarder des vidéos de lui, sur Youtube, pour le voir parler. Je suis un peu comme un lion qui va sauter sur sa proie. Je tourne autour pour l'instant, mais je ne sais pas quand je vais le croquer ! Je finirai par l'avoir (rires). Avec Preud'homme qui quitte le banc, je perds un peu mon fonds de commerce.

Une caricature de presse "classique", vous la faites en combien de temps ?

Le plus dur, ce n'est pas le dessin. C'est de trouver l'idée, la vanne. C'est ne pas se répéter aussi. Il ne faut pas être trop gentil, ni trop méchant, mais réussir mettre le curseur au bon endroit. Tout en étant pertinent. Le but, ça reste de faire sourire.

Vous avez d'autres projets qui arrivent ?

On va essayer de lancer une chaîne Youtube. Sur Instagram, je fais déjà des petites capsules où on me voit dessiner en accéléré. Ça fonctionne pas mal, les gens aiment bien.

Pad'R., DR
Pad'R. © DR
L'arrêt des compétitions sportives pendant le confinement, ça a poussé les caricaturistes sportifs à devoir se réinventer?Oui, clairement. Pendant cette période, j'ai toujours regardé ce qu'il se passait à côté des compétitions en elles-mêmes. Il y a toujours moyen de faire quelque chose. Quand il n'y a plus rien sur le terrain, il faut regarder ce qu'il se passe en dehors, en coulisses. En Belgique, on a eu l'affaire des licences, la saga d'Anderlecht, le départ de Michel Preud'homme du banc du Standard, le choix de Felice Mazzù... Donc, il y a toujours eu l'actu sportive, au final. La situation vous pousse à être plus créatifs encore ? Personne ne s'attendait à ça. Mais pour les dessinateurs, ça ouvre des portes, d'autres perspectives. Je ne l'ai pas pris comme un handicap. Le gel hydroalcoolique, les masques,... ça apporte aussi un nouveau fond d'inspiration. En remplaçant la balle par le coronavirus, par exemple, il y a moyen de faire des tas de dessins. Que retrouve-t-on dans ce nouveau livre "Croquis", sorti début juin en librairie ?Des gags inédits, tous dessinés au crayon. Tout le livre est en noir et blanc. Je voulais retrouver ce côté un peu 'brut' du crayon. Aucun dessin n'est gommé. La nouveauté, c'est qu'on peut apprendre à croquer nous-mêmes tous les grands sportifs belges ? Exact. A la base, j'avais démarré un tuto pour dessiner Maggie De Block. Ça a très bien fonctionné sur les réseaux sociaux. A partir de là, on s'est dit qu'on allait continuer ce concept pour que tout le monde puisse croquer les grands noms du sport belge. Michel Preud'homme, Vincent Kompany, Franky Vercauteren, Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Thibaut Courtois, Kim Clijsters, David Goffin, Roberto Martinez, les Borlée, etc. Il y a un petit bonus aussi avec quelques politiques. Sophie Wilmès, Elio Di Rupo,... même Emmanuel André ! Comment on apprend à bien croquer, justement ? Ça demande beaucoup d'entraînement... En général, il y a 6 étapes à suivre. On additionne les éléments petit à petit pour arriver au résultat final. Mais il y a des visages super simples à faire. Kompany, c'est un rond pour la tête avec un petit carré pour la mâchoire. Des petits yeux qui tombent, une petite barbichette, et vous avez un Vincent Kompany!C'est qui, le sportif belge le plus simple à caricaturer ? Marouane Fellaini. Tout le monde peut y arriver. Si tu sais dessiner un arbre, tu sais dessiner Marouane (rires). Maintenant, il s'est coupé les cheveux donc c'est un peu plus compliqué. Roberto Martinez, c'est assez facile aussi. Axel Witsel, il est un peu plus compliqué à réaliser au niveau du visage, par contre. Qui est le plus compliqué, du coup?Felice Mazzù. Il n'est pas si évident que ça à dessiner. Karel Van Eetvelt, le nouveau CEO d'Anderlecht, il va me poser pas mal de soucis aussi. Comment on s'y prend, en tant que caricaturiste, quand un nouveau personnage arrive dans le monde du sport belge ? Je regarde une photo, et en une seconde je peux dire s'il va me poser des soucis ou pas. C'est un peu comme un joueur qui arrive dans une nouvelle équipe, il doit se faire au système de jeu. Pour un dessinateur, il doit étudier le nouveau personnage. Philippe Montanier, qui vient de signer au Standard, vous avez déjà essayé de la caricaturer ? Je peux déjà dire qu'il ne va pas être simple à dessiner. Il y a du pain sur la planche. Mais j'ai déjà vu qu'il avait un nez assez long et tombant, donc je pense que je vais jouer là-dessus. C'est au niveau du regard que je vais devoir travailler. Je dois encore regarder des vidéos de lui, sur Youtube, pour le voir parler. Je suis un peu comme un lion qui va sauter sur sa proie. Je tourne autour pour l'instant, mais je ne sais pas quand je vais le croquer ! Je finirai par l'avoir (rires). Avec Preud'homme qui quitte le banc, je perds un peu mon fonds de commerce. Une caricature de presse "classique", vous la faites en combien de temps ?Le plus dur, ce n'est pas le dessin. C'est de trouver l'idée, la vanne. C'est ne pas se répéter aussi. Il ne faut pas être trop gentil, ni trop méchant, mais réussir mettre le curseur au bon endroit. Tout en étant pertinent. Le but, ça reste de faire sourire. Vous avez d'autres projets qui arrivent ?On va essayer de lancer une chaîne Youtube. Sur Instagram, je fais déjà des petites capsules où on me voit dessiner en accéléré. Ça fonctionne pas mal, les gens aiment bien.