Le terme est souvent usurpé. Une sorte de fourre-tout, où s'entassent les joueurs trop prudents pour être présentés comme des milieux offensifs, mais pas assez aboyeurs pour entrer dans la catégorie défensive du dossier "milieux de terrain". Au bout de l'exercice de nomenclature, nombreux sont donc ceux qui sont étiquetés comme des "milieux relayeurs". Pourtant, les véritables relayeurs sont très rares. Patrik Hrosovsky est l'un de ceux-là.
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Le terme est souvent usurpé. Une sorte de fourre-tout, où s'entassent les joueurs trop prudents pour être présentés comme des milieux offensifs, mais pas assez aboyeurs pour entrer dans la catégorie défensive du dossier "milieux de terrain". Au bout de l'exercice de nomenclature, nombreux sont donc ceux qui sont étiquetés comme des "milieux relayeurs". Pourtant, les véritables relayeurs sont très rares. Patrik Hrosovsky est l'un de ceux-là. Quand il débarque à Genk, dans la foulée d'un titre qui bouleverse le noyau limbourgeois, le Slovaque doit succéder à Ruslan Malinovskyi dans la salle des machines. L'audacieux Bryan Heynen s'infiltre, l'impressionnant Sander Berge ferme les portes, et Patrik sert de courroie de transmissions entre les différentes parties d'une équipe qui, sous les ordres de Felice Mazzù, prend la mauvaise habitude de se couper en deux. Plus esthète qu'athlète, Hrosovksy se noie entre les lignes du football intensif de Pro League, et glisse rapidement dans la case des déceptions du mercato. Écarté au coup d'envoi de la saison du 4-4-2 d' Hannes Wolf, où les milieux sont plus destinés à courir après le ballon qu'à le faire bouger, l'ancien maître à jouer du Viktoria Plzen s'installe quand l'équipe s'équilibre, ne quittant jamais le onze lors de la série de dix succès consécutifs du Racing. Indispensable dans le 3-4-2-1 mis en place par Jess Thorup puis prolongé par John van den Brom, où ses récupérations entre des lignes compactes et sa faculté à alimenter rapidement ses attaquants font des merveilles, il disparaît une nouvelle fois des plans limbourgeois au début de l'année 2021, avant de profiter du retour d'une défense à quatre pour reprendre les clés du jeu de Genk. Devant la défense aux accents sud-américains, sa gestion du rythme fait des merveilles. Les courses verticales d'Heynen le cantonnent à un rôle de contrôleur qui exacerbe ses qualités à la distribution, tout en dissimulant soigneusement son manque de présence aux abords de la surface adverse, déjà suralimentée par les infiltrations d'Heynen et Kristian Thorstvedt, les slaloms de Theo Bongonda et Junya Ito, sans oublier l'imposant double mètre de Paul Onuachu. En passes courtes, sortant occasionnellement la longue vue pour renverser le jeu, le Slovaque fait jouer les autres à merveille. Le seul problème, c'est qu'il n'y a que deux défenseurs centraux pour surveiller ses arrières et que fermer les portes de sa surface n'est pas au rayon de ses spécialités. Pour Patrik, la défense à trois était probablement le meilleur des schémas dans la quête de l'équilibre défensif. Un homme de plus n'est jamais superflu pour un relais.