Cela fait une semaine que le drapeau belge flotte sur Den Dreef. En accueillant les Diables rouges pour trois matches, Louvain est provisoirement devenue la capitale du football national. La pelouse souffre, mais elle est considérée comme la meilleure du pays. Louvain, qui sera ville Sportive européenne en 2021, espère connaître davantage de grands moments à l'avenir.
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Cela fait une semaine que le drapeau belge flotte sur Den Dreef. En accueillant les Diables rouges pour trois matches, Louvain est provisoirement devenue la capitale du football national. La pelouse souffre, mais elle est considérée comme la meilleure du pays. Louvain, qui sera ville Sportive européenne en 2021, espère connaître davantage de grands moments à l'avenir. "Je comprends que vous aimeriez titrer que nous voulons jouer la Ligue des Champions dans X années, mais nous ne dirons pas cela", dit Peter Willems, le CEO. "Cette saison, nous visons juste le maintien. N'oubliez pas que nous n'avons eu que cinq jours pour nous préparer à la D1A." Contrairement à d'autres clubs appartenant à des entités étrangères, OHL n'est pratiquement dirigé que par des Belges: le Chief Commercial Officer Filip Van Doorslaer, le directeur technique Wim De Corte et le responsable des jeunes Henk Mariman. Sans parler de l'entraîneur, Marc Brys.Peter Willems a même joué à Oud-Heverlee, jusqu'en réserves. Le club était alors en D3 et n'avait pas encore fusionné avec le Daring et le Stade Louvain. "Sans cela, je n'aurais peut-être pas accepté ce poste", dit celui qui fut manager marketing à l'UEFA. "J'ai été séduit par la vision des propriétaires d'OHL. J'ai compris qu'ils ne cherchaient pas juste à acheter et à vendre des joueurs. Et ils tiennent leurs promesses." Le stade a été transformé, les vestiaires et la salle de presse sont du niveau de la Champions League. Le centre d'entraînement est moderne et le club est structuré. "La preuve que les fondations sont bonnes, c'est que malgré la montée, nous n'avons pas dû engager", dit Willems. "Maintenant, nous voulons développer l'aspect sportif." Tout cela est bien beau, mais c'est surtout l'environnement économique qui détermine le potentiel d'un club. Avec ses 97.000 habitants, Louvain est la huitième ville belge. La dixième si on sépare Bruxelles en 19 communes. Pour Filip Van Doorslaer, c'est suffisant pour se stabiliser en D1A. "Selon l'étude de Trudo Dejonghe, il y a de la place pour un club de D1A à Louvain. La structure est là, mais nous manquons encore d'ambiance dans les tribunes. Avec du public, la victoire sur Bruges aurait eu un autre impact, nous aurions vécu une soirée inoubliable dans l'histoire du club." Sur les dix dernières années, en D1A, le club n'a franchi que deux fois la barre des 8.000 spectateurs. Van Doorslaer prône la patience. "La fusion ne date que de 2002, en D3. Nous ne sommes pas un club traditionnel. C'est quelque chose qui se construit et c'est plus facile en D1A." En 2017, le club a connu de grosses difficultés financières. Les nouveaux dirigeants travaillent dur pour recréer de la confiance. "Filip a joué un rôle de rassembleur important", dit le CEO. "Nous avons pu refaire d'OHL le club de chacun." Van Doorslaer: "Il a fallu parler ouvertement avec beaucoup de monde. J'ai senti beaucoup d'implication. Nous rencontrons nos supporters tous les mois, ils peuvent nous poser toutes les questions qu'ils veulent. Nous devons être accessibles et montrer que King Power tient ses promesses. L'infrastructure s'améliore, l'école des jeunes progresse. Nous devons encore travailler le marketing et les fans, mais l'opérationnel fonctionne." OHL a son mode de fonctionnement, mais financièrement, il dépend toujours de King Power. "Ils comblent les trous", dit Peter Willems. "Le marketing doit nous rapporter plus. Cette semaine, on connaîtra les résultats financiers du dernier exercice. La perte est importante, mais c'est calculé. Nous sommes plus structurés que de nombreux clubs, nous avons trente employés à temps plein. Ça a un coût. À OHL, on ne consacre pas 70% du budget au sportif. Nous voulons construire un club, pas une équipe. Nous voulons impliquer l'Université dans le projet parce qu'un club est important pour la communauté dont il fait partie. Nous collaborons avec les autorités. Nous tentons de progresser ensemble." Le 16 mai 2017, le groupe thaïlandais King Power, introduit par Dirk Degraen, a acheté le club pour un montant non cité, mais évalué à 7,5 millions d'euros. Ce groupe avait aussi acheté Leicester City à Milan Mandaric en 2010. Le bourgmestre, Louis Tobback, était heureux: "Sans les investisseurs thaïlandais, je ne sais pas si l'aventure allait durer longtemps. Il était impossible de trouver meilleure solution." Quand on lui demandait pourquoi il reprenait un club belge de D1A inconnu, le nouveau propriétaire, Vichai Srivaddhanaprabha, déclarait: "Il y a dix ans, Leicester était à peine sur Google Maps. Aujourd'hui, tout le monde connaît cette ville. Louvain est proche de Bruxelles, l'équipe nationale belge est bonne et le championnat de Belgique aussi. Il y a du potentiel." Le responsable du département médias de Leicester était déjà présent lorsque le club a été repris par King Power. "Nous nous posions les mêmes questions que Louvain: pourquoi nous? Qu'est-ce qui va changer? Les investisseurs thaïlandais ont toujours fait preuve de beaucoup de respect envers les supporters et les gens en place." À Louvain aussi, tout le monde a conservé son boulot, mais le budget sportif a augmenté. "Notre objectif n'est pas d'échanger des joueurs entre Leicester et OHL", disait le président Aiyawatt, un des fils du fondateur de King Power, décédé dans un accident d'hélicoptère. Vichai aimait venir à Louvain. Il ne manquait pratiquement aucun match et aimait se promener au Béguinage. Juste après sa mort, la famille a fait savoir à OHL qu'elle poursuivrait son action. King Power a d'abord observé. Il a ensuite élargi l'équipe de communication, la faisant passer à quatre personnes, même si le club n'était qu'en D1B. D'autres départements ont suivi. Lorsque le club a failli descendre, personne n'a paniqué. Pas un club satellite Peter Willems insiste: OHL n'est pas dirigé depuis la Thaïlande ou l'Angleterre. Chaque mois, un conseil d'administration de six personnes se réunit: les deux fils de Vichai ( Aiyawatt Top, qui est aussi président d'OHL, et son frère Apichet), la CEO de Leicester City Susan Whelan, son directeur sportif Jon Rudkin, Peter Willems et l'ex-président Chris Vandebroek. "Chaque réunion est un échange d'idées. On nous demande ce dont nous avons besoin et ce que ça coûte. On ne coupe pas dans les dépenses du personnel, on engage." OHL n'est pas non plus un satellite de Leicester City. Le nombre de joueurs venus d'Angleterre est limité. Actuellement, ils ne sont que trois: Daniel Iversen, Kamal Sowah et Josh Eppiah. Mais si OHL, actuellement huitième, a déjà réussi sa saison, c'est aussi grâce à Marc Brys et à son staff. Peter Willems: "Nous cherchions un entraîneur qui puisse tirer le meilleur de son groupe. Marc était notre numéro un, nous n'avons parlé avec personne d'autre. Nous devions engager tout son staff, c'était une plus-value pour le club. Ce sont des gens qui travaillent dur." Pour Peter Willems, le fait que Brys soit resté est très important pour l'avenir du club. "Nous lui avons clairement dit que, petit à petit, nous voulions faire partie du top 5. Nous voulons être un club stable, capable de faire trembler les grands. Nous ne nous fixons cependant pas de deadline. Nous voulons progresser chaque année, mais cela ne concerne pas seulement l'équipe première. Il y les jeunes, les femmes, la communauté." Filip Van Doorslaer: "C'est ça qui fait la différence entre les propriétaires d'OHL et les autres. Ce qui compte, pour nous, c'est de nous inscrire dans la durée. De nombreux clubs ont joué la Coupe d'Europe, mais n'existent plus aujourd'hui." Peter Willems: "Nous sommes ambitieux, mais nous ne voulons pas crier trop fort. Il y a quelques mois, nous étions en D1B. Essayons d'abord de nous stabiliser."