"Je ne ressens plus aucune douleur depuis trois semaines. " Dans la bouche d'Obbi Oulare, c'est une vraie punchline, une véritable info, une sacrée bonne nouvelle. Il a lâché ça récemment, avant le déplacement du Standard à Bruges. Un Oulare qui ne souffre pas, ça n'était plus arrivé depuis une éternité. Le site Transfermarkt fait dans l'analytique pure et a comptabilisé ses jours d'absence depuis qu'il a commencé son interminable série de prêts depuis Watford: Zulte Waregem, Willem II, Antwerp et Standard, Il en est à plus de 500 journées sans pouvoir jouer au foot.

Le géant de Sclessin en duel face au Malinois Thibaut Peyre. © belgaimage

Et si c'était aujourd'hui, enfin, le bout de ses galères ? Le colosse a en tout cas retrouvé le sourire. On a l'impression de voir un Oulare serein comme il ne l'avait plus été depuis son départ de Bruges pour Watford en 2015. Il était parti en Premier League avec un enthousiasme fou, à peine paralysé par son transfert à 8 millions. Entre-temps, il n'a fait que ramer.

On remonte à un an, le 8 décembre 2018. Deux semaines après avoir fait ses débuts avec le maillot du Standard, après sa longue convalescence consécutive à son opération de la hanche, il marque son premier but rouche, sur le terrain de Saint-Trond. Cette fois, c'est sûr, il est parti. Quelques jours plus tard, il se fracture la jambe en Turquie dans un match d'Europa League. Nouvelle galère de plusieurs mois.

Cet été, il est un des hommes en forme de la préparation. Jusqu'à un match contre Strasbourg et une nouvelle blessure, à la cuisse. A nouveau quelques dizaines de jours d'arrêt. On a donc dû attendre mi-octobre pour le voir dans l'équipe. Et mi-novembre pour qu'il joue son premier match complet, contre Malines.

Il s'était secrètement mis en tête de revenir dans le groupe pour le match à Arsenal, il a été un rien trop court. Mais il était là pour les chocs avec Francfort et son assist à Sclessin pour Maxime Lestienne, dans le temps additionnel, a valu la victoire aux Liégeois.

Voici toutes les raisons qui font que les joueurs du Standard revoient au quotidien un gars avec la banane.

Sécurité d'emploi

Pour lui, sa deuxième opération à la hanche au printemps de l'année dernière (il avait déjà subi une opération similaire à l'âge de 15 ans) va le débarrasser définitivement de ses rechutes continuelles. " On a fini par se rendre compte que toutes mes blessures partaient de là ", explique-t-il à la DH. " J'ai longtemps reporté cette deuxième opération, et maintenant que c'est fait, ça va beaucoup mieux. "

Tous les spécialistes qu'il a consultés lui ont confirmé que six blessures au moins, toutes du côté droit, provenaient d'un déséquilibre et d'un manque de souplesse. Il a avoué que pendant sept ans, jusqu'à l'opération de 2018, il souffrait chaque matin au saut du lit. Il sait qu'il multiplie les risques de blessures par son style de jeu mais il ne veut rien changer : " Ne pas mettre le pied équivaut à prendre des risques musculaires. " Oulare va au duel, gaiement, et ça restera comme ça.

A côté de ça, il y a sa nouvelle sécurité d'emploi qui lui permet de vivre beaucoup plus sereinement que les dernières années. Il avait déjà signé un contrat de longue durée à Watford (cinq ans) mais il avait compris dès son arrivée là-bas que ça allait être très compliqué. Il n'avait pas rencontré l'entraîneur avant de signer, et dès le premier entraînement, il a su qu'il n'entrerait pas dans les plans.

" Il ne connaissait pas mon nom et il ne savait même pas à quelle place je jouais ", poursuit-il dans la DH. " Je m'entraînais en sachant que je n'avais aucune chance de jouer. " Pendant ses prêts, il a vécu sous pression, sans connaître son avenir. Tout ça, c'est fini. " Un footballeur préfère toujours être dans un club où il fait partie d'un projet de longue durée. Aujourd'hui, je suis au Standard avec un contrat de quatre ans. Je ne dois plus me dire que j'ai x mois pour me montrer puis que je devrai retourner à Watford. "

Son dixième club à 23 ans

Dans la presse flamande, il a abordé en long et en large cette nouvelle stabilité. " J'en avais ras-le-bol de déménager continuellement. Ça a commencé quand mon père était footballeur. J'ai 23 ans et j'ai peut-être déjà vécu dans plus de 23 maisons différentes. Quand on me demande d'où je suis originaire, je dis que je suis né à Waregem mais que je n'ai grandi nulle part. Je n'ai pas de chez moi.

Ça m'a aussi aidé. Grâce à tous ces changements, je m'adapte facilement à un nouvel environnement et je suis très sociable. Mais bon, six clubs en cinq ans, c'est beaucoup trop. Appartenir maintenant définitivement au Standard et pouvoir travailler avec un entraîneur qui me connaît, c'est un poids qui tombe de mes épaules. Chaque fois que tu changes de club, tu as l'impression que tu dois à nouveau faire tes preuves. "

Il a récemment détaillé ses déménagements de gosse, de l'époque où son père jouait. " Quand il est parti en Espagne, on l'a tous suivis, on vivait à Las Palmas. Quand il était en Turquie, on allait le retrouver une semaine sur deux. Quand il était en Angleterre, on faisait aussi des navettes. " Il s'est retrouvé seul à 16 ans, lors de son bref passage au Standard. Un épisode à oublier.

" Aux entraînements, ça allait. A l'école, ça allait plus ou moins. Mais à l'internat, ça n'allait pas du tout. Je ne m'y suis jamais adapté, je suis trop famille pour ça, j'étais trop attaché à mes parents pour vivre sans eux à cet âge-là. " Instabilité au niveau de ses domiciles, instabilité aussi au niveau de ses équipes de foot. Aujourd'hui, Obbi Oulare est dans son dixième club, à 23 ans. " Pendant mes années de jeune, c'est presque toujours moi qui ai décidé de changer. "

Belgique ou Guinée ?

Pour lui, les Espoirs, c'est fini. Il a franchi la limite d'âge après être passé juste à côté de l'EURO cet été en Italie (voir encadré). Les Diables sont dans un coin de sa tête. " Si j'avais fait d'autres choix de carrière, ça aurait peut-être déjà pu se faire. Et ça aurait pu se faire aussi si j'avais joué avec Watford. "

Il a déclaré un jour qu'il voulait " marcher sur les traces de Romelu Lukaku et Christian Benteke. " Mais si ça ne fonctionne pas, il peut avoir un plan B : l'équipe nationale de Guinée. Il possède la double nationalité. Et son père est chaud. Souleymane Oulare a été récemment nommé responsable de la formation des jeunes à la fédération guinéenne.

" J'aimerais que mon fils choisisse la Guinée plutôt que la Belgique ", avance le paternel à la DH. " C'est à lui de trancher. Mais il ne doit pas attendre des années pour le faire. La Belgique a une équipe magnifique mais Obbi doit tenir compte de la concurrence. C'est en tout cas une chance pour lui que Roberto Martinez suive de près le championnat belge. Il a déjà été très élogieux en parlant d'Obbi, c'est positif. "

Puisqu'on parle de son père... Souleymane voit des similitudes entre son parcours et celui d'Obbi. Des ressemblances aussi entre leurs caractéristiques physiques et techniques. " Moi aussi, j'étais puissant, explosif. Ça se paie. Je me faisais surtout des petites déchirures. J'accélérais subitement, ça me permettait de passer les défenseurs, puis je payais le prix. J'ai adapté mon jeu, je me suis mis à plus anticiper. J'ai conseillé à Obbi de faire la même chose. Il ne doit pas attendre que le ballon soit parti pour se mettre en mouvement, il doit prendre les devants. C'est comme ça qu'on évite ces blessures typiques. "

Il ajoute que son fils ne serait sans doute pas au Standard aujourd'hui s'il n'avait pas multiplié les pépins physiques. " Il a toutes les qualités pour jouer au plus haut niveau. Il est rapide, il a une bonne technique malgré sa taille et il joue des deux pieds. Il aurait eu un autre trajet sans ses blessures. Mais il n'est pas trop tard, il n'a que 23 ans. "

Au même âge, le père n'avait encore connu, chez nous, que des clubs comme Saint-Nicolas, Beveren et Waregem. Puis il a explosé avec Genk. Conclusion du fiston : " Je ne dis pas que je vais avoir la même trajectoire que mon père mais j'espère, au minimum, que les blessures à répétition vont arrêter de hanter mes jours. "

© belgaimage

La déception de l'EURO et la réponse de Johan Walem

Obbi Oulare aurait pu être, avec Yari Verschaeren, l'invité surprise du groupe qui est parti cet été à l'EURO U21 en Italie. Johan Walem l'a présélectionné puis l'a finalement laissé en Belgique au moment d'annoncer son groupe de 23. Une éjection de dernière minute que le géant a eu du mal à digérer.

Il s'est exprimé à ce sujet dans Het Nieuwsblad à la fin du mois d'octobre : " Je respecte les choix du sélectionneur. Par contre, c'était difficile d'accepter l'explication qu'il m'a donnée. Je n'étais soi-disant pas prêt physiquement. Ouais, mais ça il aurait dû le savoir quand il m'a convoqué, non ? Son excuse m'a déçu. "

On confronte Johan Walem à ce malentendu. " Avec le staff médical et le préparateur physique, on en est arrivés à la conclusion qu'il n'était tout simplement pas prêt. Il me l'a d'ailleurs avoué lui-même. L'affaire Oulare, c'est ma déception de l'EURO parce qu'en ne le prenant pas, je me mettais en difficulté, à partir du moment où je n'avais pas un autre joueur avec le même profil. Si c'était à refaire, peut-être que je le prendrais, mais si je l'avais fait, je n'aurais pas été tranquille, vu son état physique au moment de la préparation du tournoi.

Il n'avait pratiquement pas joué pendant la campagne de qualification à cause de ses blessures. Malgré ça, malgré le fait que je voulais récompenser le groupe qui s'était qualifié, j'ai envisagé de l'emmener en Italie. Ça veut dire que je croyais en lui. Je lui ai donné quinze jours à Tubize pour se remettre à niveau. Dans notre dernier match de préparation, en France, je lui ai donné du temps de jeu, une mi-temps. Il n'a... rien foutu là-bas. J'attendais autre chose d'un joueur qui revenait de si loin. "

Le coach ajoute que le Standard n'a pas vu sa décision d'un mauvais oeil. " Le club est reconnaissant, les gens du Standard savaient que si Oulare allait à l'EURO, ça risquait d'avoir des conséquences négatives pour lui pendant la préparation. Moi, je n'avais pas envie de leur rendre un joueur blessé, après tous les efforts qu'il avait faits pendant les mois précédents pour revenir. Et il a quand même fini par se faire une blessure musculaire pendant l'été, c'est encore une preuve qu'il n'était pas tout à fait apte.

Il va peut-être m'en vouloir pour toujours mais je ne pouvais pas prendre un risque pareil. Mentalement, il était prêt, c'est clair, il avait une faim énorme. Mais son corps ne voulait pas. Le travail qu'il a fait avec nous à Tubize, il l'a fait à 50 ou 60 % de son potentiel. Alors qu'il faut être à 70 ou 80 %. Et ce sont les pourcents les plus difficiles à récupérer. Quand je lui ai annoncé ma décision de ne pas l'emmener, il était déçu mais il comprenait aussi. Donc, les déclarations qu'il a faites récemment, elles m'étonnent un peu.

Sa carrière ne s'arrête pas à un Championnat d'Europe U21, j'espère que cette expérience difficile lui servira. Je sais de quoi je parle. Deux fois, en 1994 puis en 1998, j'ai sauté au dernier moment du noyau pour la Coupe du monde. C'est terrible sur le moment même, je n'en pouvais plus. Pourtant, je sortais de grosses saisons en club, j'avais joué 35 matches. Obbi Oulare était très loin du compte. Mais des expériences pareilles peuvent t'endurcir mentalement si tu prends le recul nécessaire, si tu tires les bonnes conclusions, si tu comprends que tu dois être encore plus déterminé. "

Oulare quand même aux Jeux Olympiques ?

Obbi Oulare rêvait de l'EURO Espoirs et y voyait une planche vers les Jeux de Tokyo. Raté à tous les niveaux. Dans un rêve encore plus fou, il se voyait au Japon avec sa petite soeur, tous deux au village !

Explication. Mariam Oulare est une promesse de notre athlétisme. Au début de cette année, à 16 ans, elle a battu deux fois en quelques jours le record de Belgique U18 du 60 mètres. Un record qui appartenait à Kim Gevaert depuis 1995. Une seule scolaire, dans le monde, a fait mieux l'hiver dernier ! Elle réside près de Lille, où la famille s'était posée quand Obbi était au centre de formation du LOSC. Mais elle n'a jamais envisagé de prendre la nationalité française.

Elle a chopé le virus de l'athlétisme via sa grande soeur Tako, cinq ans plus âgée, qui a dû stopper son parcours sportif assez tôt à cause d'une blessure. Tako étudie aujourd'hui la criminologie à New York. Mariam ne s'est jamais vraiment imaginée aux Jeux Olympiques de l'année prochaine. Mais elle affirme que l'objectif Paris 2024 doit être dans ses cordes.

"Je ne ressens plus aucune douleur depuis trois semaines. " Dans la bouche d'Obbi Oulare, c'est une vraie punchline, une véritable info, une sacrée bonne nouvelle. Il a lâché ça récemment, avant le déplacement du Standard à Bruges. Un Oulare qui ne souffre pas, ça n'était plus arrivé depuis une éternité. Le site Transfermarkt fait dans l'analytique pure et a comptabilisé ses jours d'absence depuis qu'il a commencé son interminable série de prêts depuis Watford: Zulte Waregem, Willem II, Antwerp et Standard, Il en est à plus de 500 journées sans pouvoir jouer au foot. Et si c'était aujourd'hui, enfin, le bout de ses galères ? Le colosse a en tout cas retrouvé le sourire. On a l'impression de voir un Oulare serein comme il ne l'avait plus été depuis son départ de Bruges pour Watford en 2015. Il était parti en Premier League avec un enthousiasme fou, à peine paralysé par son transfert à 8 millions. Entre-temps, il n'a fait que ramer. On remonte à un an, le 8 décembre 2018. Deux semaines après avoir fait ses débuts avec le maillot du Standard, après sa longue convalescence consécutive à son opération de la hanche, il marque son premier but rouche, sur le terrain de Saint-Trond. Cette fois, c'est sûr, il est parti. Quelques jours plus tard, il se fracture la jambe en Turquie dans un match d'Europa League. Nouvelle galère de plusieurs mois. Cet été, il est un des hommes en forme de la préparation. Jusqu'à un match contre Strasbourg et une nouvelle blessure, à la cuisse. A nouveau quelques dizaines de jours d'arrêt. On a donc dû attendre mi-octobre pour le voir dans l'équipe. Et mi-novembre pour qu'il joue son premier match complet, contre Malines. Il s'était secrètement mis en tête de revenir dans le groupe pour le match à Arsenal, il a été un rien trop court. Mais il était là pour les chocs avec Francfort et son assist à Sclessin pour Maxime Lestienne, dans le temps additionnel, a valu la victoire aux Liégeois. Voici toutes les raisons qui font que les joueurs du Standard revoient au quotidien un gars avec la banane. Pour lui, sa deuxième opération à la hanche au printemps de l'année dernière (il avait déjà subi une opération similaire à l'âge de 15 ans) va le débarrasser définitivement de ses rechutes continuelles. " On a fini par se rendre compte que toutes mes blessures partaient de là ", explique-t-il à la DH. " J'ai longtemps reporté cette deuxième opération, et maintenant que c'est fait, ça va beaucoup mieux. " Tous les spécialistes qu'il a consultés lui ont confirmé que six blessures au moins, toutes du côté droit, provenaient d'un déséquilibre et d'un manque de souplesse. Il a avoué que pendant sept ans, jusqu'à l'opération de 2018, il souffrait chaque matin au saut du lit. Il sait qu'il multiplie les risques de blessures par son style de jeu mais il ne veut rien changer : " Ne pas mettre le pied équivaut à prendre des risques musculaires. " Oulare va au duel, gaiement, et ça restera comme ça. A côté de ça, il y a sa nouvelle sécurité d'emploi qui lui permet de vivre beaucoup plus sereinement que les dernières années. Il avait déjà signé un contrat de longue durée à Watford (cinq ans) mais il avait compris dès son arrivée là-bas que ça allait être très compliqué. Il n'avait pas rencontré l'entraîneur avant de signer, et dès le premier entraînement, il a su qu'il n'entrerait pas dans les plans. " Il ne connaissait pas mon nom et il ne savait même pas à quelle place je jouais ", poursuit-il dans la DH. " Je m'entraînais en sachant que je n'avais aucune chance de jouer. " Pendant ses prêts, il a vécu sous pression, sans connaître son avenir. Tout ça, c'est fini. " Un footballeur préfère toujours être dans un club où il fait partie d'un projet de longue durée. Aujourd'hui, je suis au Standard avec un contrat de quatre ans. Je ne dois plus me dire que j'ai x mois pour me montrer puis que je devrai retourner à Watford. " Dans la presse flamande, il a abordé en long et en large cette nouvelle stabilité. " J'en avais ras-le-bol de déménager continuellement. Ça a commencé quand mon père était footballeur. J'ai 23 ans et j'ai peut-être déjà vécu dans plus de 23 maisons différentes. Quand on me demande d'où je suis originaire, je dis que je suis né à Waregem mais que je n'ai grandi nulle part. Je n'ai pas de chez moi. Ça m'a aussi aidé. Grâce à tous ces changements, je m'adapte facilement à un nouvel environnement et je suis très sociable. Mais bon, six clubs en cinq ans, c'est beaucoup trop. Appartenir maintenant définitivement au Standard et pouvoir travailler avec un entraîneur qui me connaît, c'est un poids qui tombe de mes épaules. Chaque fois que tu changes de club, tu as l'impression que tu dois à nouveau faire tes preuves. " Il a récemment détaillé ses déménagements de gosse, de l'époque où son père jouait. " Quand il est parti en Espagne, on l'a tous suivis, on vivait à Las Palmas. Quand il était en Turquie, on allait le retrouver une semaine sur deux. Quand il était en Angleterre, on faisait aussi des navettes. " Il s'est retrouvé seul à 16 ans, lors de son bref passage au Standard. Un épisode à oublier. " Aux entraînements, ça allait. A l'école, ça allait plus ou moins. Mais à l'internat, ça n'allait pas du tout. Je ne m'y suis jamais adapté, je suis trop famille pour ça, j'étais trop attaché à mes parents pour vivre sans eux à cet âge-là. " Instabilité au niveau de ses domiciles, instabilité aussi au niveau de ses équipes de foot. Aujourd'hui, Obbi Oulare est dans son dixième club, à 23 ans. " Pendant mes années de jeune, c'est presque toujours moi qui ai décidé de changer. " Pour lui, les Espoirs, c'est fini. Il a franchi la limite d'âge après être passé juste à côté de l'EURO cet été en Italie (voir encadré). Les Diables sont dans un coin de sa tête. " Si j'avais fait d'autres choix de carrière, ça aurait peut-être déjà pu se faire. Et ça aurait pu se faire aussi si j'avais joué avec Watford. " Il a déclaré un jour qu'il voulait " marcher sur les traces de Romelu Lukaku et Christian Benteke. " Mais si ça ne fonctionne pas, il peut avoir un plan B : l'équipe nationale de Guinée. Il possède la double nationalité. Et son père est chaud. Souleymane Oulare a été récemment nommé responsable de la formation des jeunes à la fédération guinéenne. " J'aimerais que mon fils choisisse la Guinée plutôt que la Belgique ", avance le paternel à la DH. " C'est à lui de trancher. Mais il ne doit pas attendre des années pour le faire. La Belgique a une équipe magnifique mais Obbi doit tenir compte de la concurrence. C'est en tout cas une chance pour lui que Roberto Martinez suive de près le championnat belge. Il a déjà été très élogieux en parlant d'Obbi, c'est positif. " Puisqu'on parle de son père... Souleymane voit des similitudes entre son parcours et celui d'Obbi. Des ressemblances aussi entre leurs caractéristiques physiques et techniques. " Moi aussi, j'étais puissant, explosif. Ça se paie. Je me faisais surtout des petites déchirures. J'accélérais subitement, ça me permettait de passer les défenseurs, puis je payais le prix. J'ai adapté mon jeu, je me suis mis à plus anticiper. J'ai conseillé à Obbi de faire la même chose. Il ne doit pas attendre que le ballon soit parti pour se mettre en mouvement, il doit prendre les devants. C'est comme ça qu'on évite ces blessures typiques. " Il ajoute que son fils ne serait sans doute pas au Standard aujourd'hui s'il n'avait pas multiplié les pépins physiques. " Il a toutes les qualités pour jouer au plus haut niveau. Il est rapide, il a une bonne technique malgré sa taille et il joue des deux pieds. Il aurait eu un autre trajet sans ses blessures. Mais il n'est pas trop tard, il n'a que 23 ans. " Au même âge, le père n'avait encore connu, chez nous, que des clubs comme Saint-Nicolas, Beveren et Waregem. Puis il a explosé avec Genk. Conclusion du fiston : " Je ne dis pas que je vais avoir la même trajectoire que mon père mais j'espère, au minimum, que les blessures à répétition vont arrêter de hanter mes jours. "