QUE MANQUE-T-IL ENCORE AU STANDARD DE LUKA ELSNER POUR ENFIN S'IMPOSER ?

On parle souvent du choc psychologique provoqué par un changement de coach. Une assertion qui revient quasiment à chaque fois dans les pages des quotidiens sportifs mais qui ne se vérifie que rarement sur le terrain. Les deux derniers matches du Standard l'illustrent encore. Si les Rouches n'ont pas encore connu la défaite depuis l'intronisation de Luka Elsner, ils n'ont pas plus goûté à la victoire. Mais surtout, le jeu des Liégeois n'a pas spécialement rassuré non plus, surtout face à deux adversaires qui n'étaient pas spécialement plus qu'eux dans une spirale positive. Autant contre OHL qu'au Cercle, le Standard n'a jamais eu la maîtrise du ballon, mais face aux Louvanistes ils s'étaient procurés pas mal d'occasions mais en avaient concédé aussi beaucoup. Et si ce dernier point n'a pas changé à Bruges, l'animation offensive fut en revanche vraiment pauvre. On savait que les chantiers étaient importants à Sclessin et que le coaching désastreux d'Mbaye Leye n'expliquait pas à lui seul les résultats insuffisants du club de bord de Meuse. Au Jan Breydel stadion, les Rouches ont pourtant été lancés rapidement par un très joli but de Samuel Bastien mais ils n'ont pas sû tenir leur avantage et sont ensuite devenus beaucoup plus timorés. Beaucoup de joueurs ont affiché leurs limites comme le flanc gauche composé d'Nkounkou et Rafia. Le premier a été secoué par un Rabbi Matondo, qui apporte énormément de percussion au Cercle, alors que le second fut inexistant sur son côté gauche. Peu inspiré, le Standard a cherché la solution de facilité dans le jeu long sauf qu'il ne pouvait pas vraiment compter sur un Joao Klauss en quête d'un second souffle. En plus de la question de la qualité du noyau liégeois, il faut aussi admettre le doute habite les Rouches au moindre contre-coup. Malgré le retour d'un Noé Dussenne, censé apporter plus de stabilité à l'arrière (mais faut pas non plus attendre trop de miracles de sa part), Al-Dakhil continue d'accumuler les moments de flottement. Sur ses sept derniers matches, le jeune défenseur a écopé de quatre avertissements et d'une carte rouge, la faute à des erreurs de lecture de jeu souvent évitables. Bref, il manque encore de tout à ce Standard qui aurait pu repartir de son périple en Venise du Nord avec une défaite si Arnaud Bodart n'avait pas eu un arrêt salvateur en fin de rencontre. Et l'éclaircie pourrait ne pas être en vue dans les prochaines semaines puisque le club liégois recevra Courtrai, l'ancien club d'Elsner et Eupen avant d'effectuer de périlleux déplacements au Club de Bruges et La Gantoise.

Deniz Undav et Dante Vanzeir ont marqué à 16 reprises et délivré 12 assists cette saison., iStock
Deniz Undav et Dante Vanzeir ont marqué à 16 reprises et délivré 12 assists cette saison. © iStock

L'UNION A-T-ELLE LA MEILLEURE DIVISION OFFENSIVE DE PRO LEAGUE ?

C'est l'Union qui sourit. En s'imposant dans les Cantons de l'Est pendant que Bruges concédait à nouveau des points contre l'Antwerp, les Bruxellois prennent la tête de la Pro League. Et encore une fois, c'est le duo Deniz Undav et Dante Vanzeir qui a déposé sa carte de visite au Kehrweg. L'Allemand a été bon pour un but et un assist alors que le Belge a délivré un nouvel assist où il a encore démontré sa capacité à se faire oublier des défenseurs adverses pour dévorer l'espace. Homme du match de la remontada contre Seraing, Kaoru Mitoma a provoqué le pénalty converti par Undav. Le Japonais va encore apporter plus de force de frappe à un secteur où Lapoussin et Nielsen apportent aussi une pierre à l'édifice. Mais pour en revenir à Undav et Vanzeir, les deux compères en sont pour le moment à 16 buts et 12 passes décisives, soit quasiment 60% des réalisations des pensionnaires du Parc Duden qui possèdent désormais la meilleure division offensive de l'élite. Les rivaux ne peuvent pas compter sur un tel duo de choc. Anderlecht, deuxième meilleure attaque, possède plus de joueurs alimentant le marquoir mais ses deux plus productifs Raman et Zirkzee ne comptent que 4 buts et deux passes décisives au compteur. L'Antwerp, malgré son mercato flamboyant n'a que Michael Frey qui se montre réellement efficace. Le Suisse a marqué plus de la moitié des buts des siens pendant que Samatta (0 but, 1 assist), Eggenstein (0 but, 0 assist) et Balikwisha (0 but, 0 assist) ne justifient pas encore leur venue. Du côté de Bruges, c'est aussi la soupe à la grimace dans la division offensive. Les champions en titre ont beau séduire sur la scène européenne et sembler un cran au-dessus de tout le monde sur la scène belge, ils ne sont que sixième meilleure attaque de Pro League. Les Blauw en Zwart ne peuvent compter que sur des éléments dont l'efficacité n'est pas la qualité première. Charles De Ketelaere (4 buts, 3 assists), Noa Lang (3 buts, 5 assists) peuvent faire beaucoup mieux en considération de leur immense potentiel tandis que le poste de numéro 9 continue d'accumuler les flops. Après Okereke et Kremencik, les Brugeois pensaient avoir dégoté celui qui alimenterait régulièrement le marquoir avec Bas Dost. Mais après des débuts prometteurs, le Néerlandais a disparu de la circulation et n'a marqué qu'une seule fois cette saison. A se demander si le problème est dû au manque de flair des recruteurs brugeois ou à l'incapacité de Philippe Clement de trouver un système permettant à ses targetmen de s'illustrer. En attendant, Felice Mazzu a trouvé son duo à la Koller-Radzinski (dans un registre bien différent) qui peut lui permettre d'avoir de belles ambitions cette saison, tout en ayant des alternatives derrière.

Laurent Depoitre ne pèse plus seulement sur les défenses adverses que par ses kilos superflus., iStock
Laurent Depoitre ne pèse plus seulement sur les défenses adverses que par ses kilos superflus. © iStock

LA GANTOISE EST-ELLE ENFIN LANCEE ?

Le retour d'Hein Vanhaezebrouck sur le terrain de ses exploits ne semblait pas une réussite jusqu'il y a peu. Un début de saison poussif, une qualification en Conference League par le chas de l'aiguille, les Buffalos ne semblaient pas en mesure de revendiquer une place en Playoffs1. Depuis lors, le travail de longue haleine de Vanhaezebrouck semble porter ses fruits. En octobre, les Gantois étaient confrontés à un calendrier de tous les dangers avec des déplacements à l'Antwerp, au Partizan Belgrade et à Genk et la réception d'un Eupen en pleine bourre. Mais à l'exception d'une défaite encourageante au Bosuil, ils ont tout gagné et surtout leur jeu est en net progrès. Contre un Genk qui accumule les contre-performances, La Gantoise a tenu le choc en première période avant de marcher sur son adversaire en seconde. Laurent Depoitre, pataud en ce début de saison semble retrouver en partie les cannes qui lui avaient permis d'être un des meilleurs attaquants belges il y a cinq ans. Le Tournaisien est aussi bien épaulé par un Tarik Tissoudali qui apporte sa vitesse et sa technique. Le jeune Matisse Samoise séduit sur un flanc droit où il a relégué un Castro-Montes qui s'était révélé lors des deux dernières saisons. Et puis au milieu, les tauliers que sont Vadis-Odjidja et Sven Kums semblent retrouver une seconde jeunesse. Mais c'est surtout la ligne arrière qui a retrouvé son équilibre avec seulement 1 but pris depuis qu'Okumu a retrouvé sa place dans le trio défensif aux côtés d'Hanche-Olsen et Ngadeu. Bref, avec des succès aussi bien convaincants dans les chiffres que dans la manière, Gand peut de nouveau nourrir de belles ambitions. Le top 4 n'est jamais qu'à trois points dans une Pro League où une hiérarchie peine à se dessiner.

QUE MANQUE-T-IL ENCORE AU STANDARD DE LUKA ELSNER POUR ENFIN S'IMPOSER ?On parle souvent du choc psychologique provoqué par un changement de coach. Une assertion qui revient quasiment à chaque fois dans les pages des quotidiens sportifs mais qui ne se vérifie que rarement sur le terrain. Les deux derniers matches du Standard l'illustrent encore. Si les Rouches n'ont pas encore connu la défaite depuis l'intronisation de Luka Elsner, ils n'ont pas plus goûté à la victoire. Mais surtout, le jeu des Liégeois n'a pas spécialement rassuré non plus, surtout face à deux adversaires qui n'étaient pas spécialement plus qu'eux dans une spirale positive. Autant contre OHL qu'au Cercle, le Standard n'a jamais eu la maîtrise du ballon, mais face aux Louvanistes ils s'étaient procurés pas mal d'occasions mais en avaient concédé aussi beaucoup. Et si ce dernier point n'a pas changé à Bruges, l'animation offensive fut en revanche vraiment pauvre. On savait que les chantiers étaient importants à Sclessin et que le coaching désastreux d'Mbaye Leye n'expliquait pas à lui seul les résultats insuffisants du club de bord de Meuse. Au Jan Breydel stadion, les Rouches ont pourtant été lancés rapidement par un très joli but de Samuel Bastien mais ils n'ont pas sû tenir leur avantage et sont ensuite devenus beaucoup plus timorés. Beaucoup de joueurs ont affiché leurs limites comme le flanc gauche composé d'Nkounkou et Rafia. Le premier a été secoué par un Rabbi Matondo, qui apporte énormément de percussion au Cercle, alors que le second fut inexistant sur son côté gauche. Peu inspiré, le Standard a cherché la solution de facilité dans le jeu long sauf qu'il ne pouvait pas vraiment compter sur un Joao Klauss en quête d'un second souffle. En plus de la question de la qualité du noyau liégeois, il faut aussi admettre le doute habite les Rouches au moindre contre-coup. Malgré le retour d'un Noé Dussenne, censé apporter plus de stabilité à l'arrière (mais faut pas non plus attendre trop de miracles de sa part), Al-Dakhil continue d'accumuler les moments de flottement. Sur ses sept derniers matches, le jeune défenseur a écopé de quatre avertissements et d'une carte rouge, la faute à des erreurs de lecture de jeu souvent évitables. Bref, il manque encore de tout à ce Standard qui aurait pu repartir de son périple en Venise du Nord avec une défaite si Arnaud Bodart n'avait pas eu un arrêt salvateur en fin de rencontre. Et l'éclaircie pourrait ne pas être en vue dans les prochaines semaines puisque le club liégois recevra Courtrai, l'ancien club d'Elsner et Eupen avant d'effectuer de périlleux déplacements au Club de Bruges et La Gantoise.L'UNION A-T-ELLE LA MEILLEURE DIVISION OFFENSIVE DE PRO LEAGUE ?C'est l'Union qui sourit. En s'imposant dans les Cantons de l'Est pendant que Bruges concédait à nouveau des points contre l'Antwerp, les Bruxellois prennent la tête de la Pro League. Et encore une fois, c'est le duo Deniz Undav et Dante Vanzeir qui a déposé sa carte de visite au Kehrweg. L'Allemand a été bon pour un but et un assist alors que le Belge a délivré un nouvel assist où il a encore démontré sa capacité à se faire oublier des défenseurs adverses pour dévorer l'espace. Homme du match de la remontada contre Seraing, Kaoru Mitoma a provoqué le pénalty converti par Undav. Le Japonais va encore apporter plus de force de frappe à un secteur où Lapoussin et Nielsen apportent aussi une pierre à l'édifice. Mais pour en revenir à Undav et Vanzeir, les deux compères en sont pour le moment à 16 buts et 12 passes décisives, soit quasiment 60% des réalisations des pensionnaires du Parc Duden qui possèdent désormais la meilleure division offensive de l'élite. Les rivaux ne peuvent pas compter sur un tel duo de choc. Anderlecht, deuxième meilleure attaque, possède plus de joueurs alimentant le marquoir mais ses deux plus productifs Raman et Zirkzee ne comptent que 4 buts et deux passes décisives au compteur. L'Antwerp, malgré son mercato flamboyant n'a que Michael Frey qui se montre réellement efficace. Le Suisse a marqué plus de la moitié des buts des siens pendant que Samatta (0 but, 1 assist), Eggenstein (0 but, 0 assist) et Balikwisha (0 but, 0 assist) ne justifient pas encore leur venue. Du côté de Bruges, c'est aussi la soupe à la grimace dans la division offensive. Les champions en titre ont beau séduire sur la scène européenne et sembler un cran au-dessus de tout le monde sur la scène belge, ils ne sont que sixième meilleure attaque de Pro League. Les Blauw en Zwart ne peuvent compter que sur des éléments dont l'efficacité n'est pas la qualité première. Charles De Ketelaere (4 buts, 3 assists), Noa Lang (3 buts, 5 assists) peuvent faire beaucoup mieux en considération de leur immense potentiel tandis que le poste de numéro 9 continue d'accumuler les flops. Après Okereke et Kremencik, les Brugeois pensaient avoir dégoté celui qui alimenterait régulièrement le marquoir avec Bas Dost. Mais après des débuts prometteurs, le Néerlandais a disparu de la circulation et n'a marqué qu'une seule fois cette saison. A se demander si le problème est dû au manque de flair des recruteurs brugeois ou à l'incapacité de Philippe Clement de trouver un système permettant à ses targetmen de s'illustrer. En attendant, Felice Mazzu a trouvé son duo à la Koller-Radzinski (dans un registre bien différent) qui peut lui permettre d'avoir de belles ambitions cette saison, tout en ayant des alternatives derrière. LA GANTOISE EST-ELLE ENFIN LANCEE ?Le retour d'Hein Vanhaezebrouck sur le terrain de ses exploits ne semblait pas une réussite jusqu'il y a peu. Un début de saison poussif, une qualification en Conference League par le chas de l'aiguille, les Buffalos ne semblaient pas en mesure de revendiquer une place en Playoffs1. Depuis lors, le travail de longue haleine de Vanhaezebrouck semble porter ses fruits. En octobre, les Gantois étaient confrontés à un calendrier de tous les dangers avec des déplacements à l'Antwerp, au Partizan Belgrade et à Genk et la réception d'un Eupen en pleine bourre. Mais à l'exception d'une défaite encourageante au Bosuil, ils ont tout gagné et surtout leur jeu est en net progrès. Contre un Genk qui accumule les contre-performances, La Gantoise a tenu le choc en première période avant de marcher sur son adversaire en seconde. Laurent Depoitre, pataud en ce début de saison semble retrouver en partie les cannes qui lui avaient permis d'être un des meilleurs attaquants belges il y a cinq ans. Le Tournaisien est aussi bien épaulé par un Tarik Tissoudali qui apporte sa vitesse et sa technique. Le jeune Matisse Samoise séduit sur un flanc droit où il a relégué un Castro-Montes qui s'était révélé lors des deux dernières saisons. Et puis au milieu, les tauliers que sont Vadis-Odjidja et Sven Kums semblent retrouver une seconde jeunesse. Mais c'est surtout la ligne arrière qui a retrouvé son équilibre avec seulement 1 but pris depuis qu'Okumu a retrouvé sa place dans le trio défensif aux côtés d'Hanche-Olsen et Ngadeu. Bref, avec des succès aussi bien convaincants dans les chiffres que dans la manière, Gand peut de nouveau nourrir de belles ambitions. Le top 4 n'est jamais qu'à trois points dans une Pro League où une hiérarchie peine à se dessiner.