Mbaye Leye est un ancien de la D1 belge. Il en est à son troisième passage au stade Arce-en-ciel. Dans l'intervalle, il a transité par Gand, le Standard et Lokeren. Mais il est toujours revenu à ses premières amours. "J'ai eu l'occasion de jouer au Moyen-Orient, où j'aurais pu gagner plus, mais je ne m'y suis pas risqué. Achever ma carrière au Gaverbeek, ce serait chouette. Mais en football, on ne sait jamais."

Leye a une raison supplémentaire de prolonger son bail : il est capitaine depuis la saison dernière. Après son premier passage, il a rejoint Gand, ce qui n'a pas fait plaisir à FranckyDury. En 2015, des années plus tard, ce même entraîneur lui a confié le brassard. Comme quoi, l'homme n'est pas rancunier.

Reconnaissez-le: vous rêvez du titre, non?

MBAYE LEYE: Non, non! Ce sont surtout les journalistes qui parlent du titre, pas moi. J'ai déjà terminé deuxième du championnat de Belgique à trois reprises, avec Gand, le Standard et, il y a trois ans, avec Zulte Waregem. Je n'ai pas envie de rater le coche une fois de plus mais on est encore loin du dénouement. A l'époque, personne ne croyait au titre au Gaverbeek. Même pas quand, au début des play-offs, j'ai émis cette ambition en public. Les cartes sont redistribuées à présent. Le championnat vient à peine de commencer et il serait prématuré de faire des prédictions. Un capitaine peut rêver d'un scénario à la Leicester mais c'est encore une utopie. Je ne dis pas que nous ne pouvons pas devenir champions mais pour l'heure, il faut être réaliste, pas sombrer dans l'utopie.

L'équipe est pourtant mieux équilibrée qu'il y a trois ans.

LEYE: C'est exact. Nous sommes plus forts collectivement. Notre base est plus large et le danger surgit de partout. Ce n'était pas le cas en 2013. Thorgan Hazard était notre plaque tournante et l'équipe travaillait à son service.

Vous êtes le relais de Francky Dury dans le vestiaire?

LEYE: Oui, en un certain sens. Notre coach vient rarement dans le vestiaire. Après une défaite, par exemple, il ne va pas surgir dans le vestiaire pour nous expliquer de suite ce qui n'a pas fonctionné. Il ne le fait que le lendemain. Entre-temps, j'ai l'occasion de discuter avec certains, pour analyser cette défaite. Ceux qui sont moins bien placés pour faire des remarques à l'entraîneur me les transmettent. Je peux donc exposer à l'entraîneur ce que pense le groupe et ce qu'il ressent. Je cherche un équilibre.

Quel est votre capitaine préféré?

LEYE: Je ne copie personne mais j'éprouve un profond respect pour Paolo Maldini, qui a été le capitaine du grand AC Milan. Il est de ces joueurs qui montent en tête sur le terrain, qui respectent leur adversaire et qui soudent leur équipe.

Maldini était le ciment de l'AC Milan. Que faites-vous à Zulte Waregem pour souder le groupe?

LEYE: C'est simple. J'ai fondé un groupe WhatsApp, dont tous les joueurs du noyau A font partie. Ce groupe s'appelle TEAM ESSEVEE. Il permet à chacun de se sentir impliqué dans tout ce qui se passe. J'ai cherché un moyen de réunir tous les petits groupes que comporte le vestiaire. Il y en a partout. Un joueur a plus d'affinités avec l'un qu'avec l'autre. Parfois, il y a un clivage culturel dans le vestiaire, parfois aussi un religieux. Ce groupe WhatsApp surmonte ces différences.

Même en été, quand les joueurs sont en vacances, on peut y trouver les photos d'un joueur en Italie ou de moi au Sénégal. D'autres postent un cliché d'une assiette de nourriture ou de leurs enfants. Notre groupe poste les trucs les plus fous mais c'est une manière agréable de se souder. Elle est durable, en plus. D'autre part, WhatsApp est une manière idéale de communiquer rapidement, de signaler très vite à tout le monde qu'il faut porter un short. (Rires)

Par Matthias Declercq

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Mbaye Leye dans votre Sport/Foot Magazine

Mbaye Leye est un ancien de la D1 belge. Il en est à son troisième passage au stade Arce-en-ciel. Dans l'intervalle, il a transité par Gand, le Standard et Lokeren. Mais il est toujours revenu à ses premières amours. "J'ai eu l'occasion de jouer au Moyen-Orient, où j'aurais pu gagner plus, mais je ne m'y suis pas risqué. Achever ma carrière au Gaverbeek, ce serait chouette. Mais en football, on ne sait jamais."Leye a une raison supplémentaire de prolonger son bail : il est capitaine depuis la saison dernière. Après son premier passage, il a rejoint Gand, ce qui n'a pas fait plaisir à FranckyDury. En 2015, des années plus tard, ce même entraîneur lui a confié le brassard. Comme quoi, l'homme n'est pas rancunier.Reconnaissez-le: vous rêvez du titre, non?MBAYE LEYE: Non, non! Ce sont surtout les journalistes qui parlent du titre, pas moi. J'ai déjà terminé deuxième du championnat de Belgique à trois reprises, avec Gand, le Standard et, il y a trois ans, avec Zulte Waregem. Je n'ai pas envie de rater le coche une fois de plus mais on est encore loin du dénouement. A l'époque, personne ne croyait au titre au Gaverbeek. Même pas quand, au début des play-offs, j'ai émis cette ambition en public. Les cartes sont redistribuées à présent. Le championnat vient à peine de commencer et il serait prématuré de faire des prédictions. Un capitaine peut rêver d'un scénario à la Leicester mais c'est encore une utopie. Je ne dis pas que nous ne pouvons pas devenir champions mais pour l'heure, il faut être réaliste, pas sombrer dans l'utopie.L'équipe est pourtant mieux équilibrée qu'il y a trois ans.LEYE: C'est exact. Nous sommes plus forts collectivement. Notre base est plus large et le danger surgit de partout. Ce n'était pas le cas en 2013. Thorgan Hazard était notre plaque tournante et l'équipe travaillait à son service.Vous êtes le relais de Francky Dury dans le vestiaire?LEYE: Oui, en un certain sens. Notre coach vient rarement dans le vestiaire. Après une défaite, par exemple, il ne va pas surgir dans le vestiaire pour nous expliquer de suite ce qui n'a pas fonctionné. Il ne le fait que le lendemain. Entre-temps, j'ai l'occasion de discuter avec certains, pour analyser cette défaite. Ceux qui sont moins bien placés pour faire des remarques à l'entraîneur me les transmettent. Je peux donc exposer à l'entraîneur ce que pense le groupe et ce qu'il ressent. Je cherche un équilibre. Quel est votre capitaine préféré?LEYE: Je ne copie personne mais j'éprouve un profond respect pour Paolo Maldini, qui a été le capitaine du grand AC Milan. Il est de ces joueurs qui montent en tête sur le terrain, qui respectent leur adversaire et qui soudent leur équipe.Maldini était le ciment de l'AC Milan. Que faites-vous à Zulte Waregem pour souder le groupe?LEYE: C'est simple. J'ai fondé un groupe WhatsApp, dont tous les joueurs du noyau A font partie. Ce groupe s'appelle TEAM ESSEVEE. Il permet à chacun de se sentir impliqué dans tout ce qui se passe. J'ai cherché un moyen de réunir tous les petits groupes que comporte le vestiaire. Il y en a partout. Un joueur a plus d'affinités avec l'un qu'avec l'autre. Parfois, il y a un clivage culturel dans le vestiaire, parfois aussi un religieux. Ce groupe WhatsApp surmonte ces différences.Même en été, quand les joueurs sont en vacances, on peut y trouver les photos d'un joueur en Italie ou de moi au Sénégal. D'autres postent un cliché d'une assiette de nourriture ou de leurs enfants. Notre groupe poste les trucs les plus fous mais c'est une manière agréable de se souder. Elle est durable, en plus. D'autre part, WhatsApp est une manière idéale de communiquer rapidement, de signaler très vite à tout le monde qu'il faut porter un short. (Rires)Par Matthias Declercq Retrouvez l'intégralité de l'interview de Mbaye Leye dans votre Sport/Foot Magazine