"Non, je ne suis pas un dikkenek"

23/01/19 à 10:00 - Mise à jour à 22/01/19 à 17:36

Assis sur le podium du meilleur espoir lors du dernier Soulier d'Or, Alexis Saelemaekers, hyperactif sur comme en dehors des terrains, est la révélation bruxelloise de l'année. Rencontre avec un vrai représentant de l'ADN anderlechtois.

"Non, je ne suis pas un dikkenek"

Alexis Saelemaekers © BELGAIMAGE

Alexis Saelemaekers à propos...

...de son arrivée tardive dans le monde du foot : "Mon père n'était pas très foot, il ne comprenait pas comment on pouvait prendre du plaisir à courir après un ballon. Il a fini par accepter que je m'inscrive dans un club à la condition que j'y apprenne le flamand et je me suis retrouvé à Beersel où... il n'y avait que des francophones. J'avais 11 ans, c'est relativement tard mais c'est aussi une force. Je pense que pour ceux qui sont dans le monde du foot depuis l'âge de 6-7 ans, le foot peut devenir une corvée. Alors que moi, j'avais cette faim quand je suis arrivé à Anderlecht."

...de sa réputation de dikkenek : "Beaucoup de monde parle de mes réactions épidermiques sur le terrain, c'est un problème que j'ai depuis tout petit. Mon père n'arrête pas de m'engueuler par rapport à ça. C'est quelque chose que je n'arrive pas à sortir de mon jeu. Quand je suis dans mon match, je suis complètement dedans. Et je peux péter un plomb quand ça va moins bien. Mais la plupart de mes réactions, c'est par rapport à moi-même, c'est que je ne suis pas content de mon niveau. Je ne suis pas un dikkenek, je suis quelqu'un qui vit le match à 100%. Mais j'essaie de travailler tout ça en dehors du foot."

...de l'ADN anderlechtois : "L'ADN du club, ce sont des joueurs qui sont bons techniquement et qui peuvent jouer en une touche-deux touches. Ça, c'est vraiment mon style de jeu. Et je sens que les supporters m'aiment bien pour ça. Et puis, je suis Bruxellois, ce qui est aussi une force, je suis un enfant de la maison."

...de Hein Vanhaezebrouck : "Quand une spirale négative s'installe, ça devient très compliqué d'en sortir. Au final, chaque joueur finit par douter de lui-même. Le coach tient des discours qui sont bons mais le message ne passe plus. Moi, il m'a souvent pris à part pour m'expliquer certaines choses. D'un point de vue humain, c'est l'un des coaches qui m'a le plus aidé dans ma carrière. Et il l'a fait avec de nombreux jeunes. Mais au bout d'un moment, il avait ses idées, il n'en changeait pas, ce qui a fait naître une incompréhension entre les joueurs et le coach."

...de Fred Rutten : "Il nous a directement remis en confiance. Sans nous parler de style de jeu mais bien de résultats. Désormais, c'est fini de jouer en fonction de l'adversaire, ce qui créait des mésententes entre les joueurs, car l'un pensait qu'il fallait jouer en pivot, l'autre par des ballons au-dessus de la défense. Désormais le coach ne nous parle plus de l'adversaire, on va jouer notre propre jeu. Avoir un nouveau coach, c'est repartir de zéro, ce qui remotive les joueurs qui se sentaient écartés, et ça booste tout le monde. "

Par Thomas Bricmont et Alain Eliasy

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