Mouscron n'a pas réussi d'exploit sur le terrain de Bruges. C'était mission impossible. Mais ce n'est pas dimanche que l'Excel est allé dans le mur. Depuis l'été dernier, on le sentait mal. Pourtant, il y a eu des sursauts intéressants avec, paradoxalement, pas mal de bons résultats contre les meilleures équipes du pays. L'Excel a battu deux fois le Standard et une fois Genk, a pris deux points contre Anderlecht, a arraché des nuls face à Bruges et l'Antwerp. Donc un bilan intéressant contre les participants aux play-offs 1.
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Mouscron n'a pas réussi d'exploit sur le terrain de Bruges. C'était mission impossible. Mais ce n'est pas dimanche que l'Excel est allé dans le mur. Depuis l'été dernier, on le sentait mal. Pourtant, il y a eu des sursauts intéressants avec, paradoxalement, pas mal de bons résultats contre les meilleures équipes du pays. L'Excel a battu deux fois le Standard et une fois Genk, a pris deux points contre Anderlecht, a arraché des nuls face à Bruges et l'Antwerp. Donc un bilan intéressant contre les participants aux play-offs 1. Entre-temps, il y a surtout eu de l'inconstance. Sur le terrain, dans le vestiaire, dans les bureaux. On a vite eu du mal à y voir clair dans les intentions de Gérard Lopez, devenu propriétaire du club il y a moins d'un an, sur le gong pour que Mouscron puisse recevoir sa licence. Dans quel but venait-il? On ne l'a jamais vraiment su parce que Lopez, comme tous les propriétaires précédents depuis la première collaboration avec Lille, a toujours refusé les interviewes. Mauvais signe. Au Canonnier, c'est opaque depuis des années, avec un président et un directeur général qui n'ont pas grand-chose à dire. Patrick Declerck et Paul Allaerts s'expriment volontiers dans la presse, eux, mais ils ont à peine droit à la parole dans les réunions au plus haut niveau. Comme les proprios précédents, Lopez a vu l'Excel comme une immense vitrine. Pour des joueurs du LOSC qu'il imaginait (naïvement) aux portes de la Ligue 1 ou d'un transfert vers un autre bon club. Le bilan sportif est cruel pour cette douzaine de gars dont la plupart n'étaient tout simplement pas prêts. Notre D1A n'est pas un championnat de CFA. Hervé Koffi, Saad Agouzoul et Jean Onana ont apporté quelque chose. Les autres, rien ou pas grand-chose. Le casting du coach n'était pas le bon non plus. Fernando Da Cruz, lui aussi prêté par Lille, a le profil pour former, pas pour entraîner une équipe engagée dans un championnat à enjeu. On s'en est vite rendu compte. Il a arraché quelques points en début de saison, mais la manière, ultra défensive, était horrible. Le remplacer par Jorge Simão n'était sans doute pas une meilleure idée. Parce que l'homme ne connaissait rien à notre football. Et il a commencé dans les pires conditions possibles, avec un groupe décimé par le Covid, puis une accumulation de matches en peu de temps. Mouscron n'a jamais su enchaîner deux victoires dans ce championnat. Et ça fait plusieurs semaines que la grogne s'était installée dans le vestiaire. À cause de retards de paiement et aussi d'un manque de vision qui irritait certains joueurs. Fabrice Olinga a bien résumé les choses, dans SudPresse, après la défaite fatale à Bruges: "Dès le début de la saison, on savait que ça allait être difficile. Nos soi-disant dirigeants n'ont pas fait le travail nécessaire dès le début." On ne sait pas qui va maintenant diriger. On ne connaît pas les intentions de Gérard Lopez puisqu'il ne dit toujours rien. Même la direction locale n'est pas au courant de ses plans. Pas plus que les autorités communales, propriétaires des installations, qui réclament pourtant des comptes et de la clarté. Si l'Excel obtient finalement sa licence, il évoluera la saison prochaine en D1B. Mais c'est loin d'être sûr. Soit Lopez présente les garanties financières réclamées par la Commission des Licences, soit il trouve un repreneur capable de les apporter. Son club, rétrogradé (et c'est la première fois que Mouscron connaît une descente sur le terrain depuis 45 ans! ), ne vaut plus grand-chose. C'est peut-être la bonne occasion pour des entrepreneurs de la région qui sont prêts à s'unir pour repartir sur des bases plus stables. Les conditions de licence sont moins strictes pour la D1B, c'est peut-être ce qui pourrait sauver ce club traditionnellement dans la tourmente financière.