Ces témoins sont unanimes : "Quand la direction dit qu'une bonne moitié du groupe ne supportait plus l'entraîneur, c'est la réalité."

Engueulades Van Wijk / Mbuyu

Depuis novembre, le torchon brûlait entre Van Wijk et Dimitri Mbuyu, qui s'est rendu plus d'une fois dans le vestiaire pour calmer le coach. Pour résumer le discours du conseiller sportif à Van Wijk : "Arrête de gueuler, et si tu n'es pas content, tu te casses."

L'impact de Nicaise

Van Wijk a souhaité la venue de Benjamin Nicaise. Un agent l'a mis en garde : "Fais gaffe, il a un sacré caractère." Van Wijk lui a répondu : "Je sais gérer les gars difficiles." Quelques mois plus tard, le Hollandais a dit à la même personne : "J'aurais dû t'écouter, c'est une catastrophe." Le Français aurait rassemblé "une petite milice contre l'entraîneur, une dizaine de réservistes qui se sont rebellés avec lui." Dennis van Wijk ne souhaitait pas non plus que Nicaise devienne consultant dans La Tribune mais la direction n'a pas tenu compte de son avis. Nicaise ne veut pas réagir : "Je ne vois pas l'intérêt de m'exprimer sur des rumeurs."

Drôle de jeu de Mogi Bayat

Durant l'été, Philippe Vande Walle est en voiture et reçoit un appel de Mogi Bayat qui lui conseille de casser son contrat pour aller au Standard. Le kit mains libres est branché et Van Wijk est avec l'entraîneur des gardiens : il est furieux. Il n'accepte pas non plus qu'après avoir amené Nicaise, Bayat ait fait venir Daouda Mbow, censé jouer au même poste. Et il constate que sur les huit joueurs amenés par Bayat, il n'y a pas beaucoup de renforts. Le coach aurait lâché un jour : "Ce Bayat finira par prendre une balle dans la tête..." Entre Bayat et Mbuyu, ce n'est pas mieux. Le conseiller sportif n'apprécie pas de devoir discuter avec l'agent privilégié qui aurait dit à Leone que Mbuyu n'en touchait pas une. Une conversation qui est revenue aux oreilles du conseiller sportif.

Méthodes hollandaises

Van Wijk n'est pas un poète. Quand ça ne va pas, les murs tremblent, les portes claquent. Au début, ses coups de sang effrayaient. A la fin, ils faisaient rire des joueurs sachant qu'il tirait ses dernières cartouches. Il a aussi une conception du jeu très hollandaise. Dès que l'équipe a commencé à moins marquer, elle a reculé au classement car elle encaissait toujours autant. Des joueurs ont demandé au coach d'être moins audacieux, il n'a pas voulu les écouter.

Van Wijk entraîneur indoor parano

On reprochait à Van Wijk de ne pas être assidu sur le terrain d'entraînement, de brosser parfois des séances du début de semaine pour rester dans son bureau. Et il ne guidait pas systématiquement le décrassage du dimanche, laissant la besogne à ses adjoints. Un joueur l'a dit au président, qui a répondu : "Je suis au courant."

Un agent nous dit : "Le comportement de Van Wijk a évolué en cours de saison. Dès qu'il se sent déstabilisé, il devient vulnérable, moins bon, suspicieux, un peu parano. Dans le vestiaire, la moindre bêtise provoquait une altercation." Et aussi : "Cela faisait plusieurs semaines qu'il sentait l'ombre d'Enzo Scifo et il le vivait mal. A la fin, il n'épargnait plus personne, il était particulièrement trash avec le magasinier, par exemple. Il sentait le vent tourner et perdait les pédales. Il a essayé de rattraper le coup en relançant des joueurs sur lesquels il ne comptait pas au premier tour. Il pensait qu'en mettant quelques ennemis dans sa poche, l'ambiance allait s'améliorer. Son raisonnement était : -Les mécontents vont enfin fermer leur gueule. Mais c'était trop tard."

Un mercato étonnant

Fin décembre, Mons avait encaissé 31 buts. Le foot offensif prôné par Van Wijk n'était pas la seule explication : plusieurs défenseurs avaient aussi montré leurs limites. Mais le club n'en a pas tenu compte durant le mercato, il n'a transféré que deux attaquants : Aloys Nong et Mustapha Jarju. Le coach a moyennement apprécié.

Perbet devenu invisible

Jérémy Perbet a ramé pendant plusieurs semaines, ratant des occasions faciles et le penalty de la qualification pour la finale de la Coupe. Le problème était surtout dans la tête. Il n'a pas apprécié que la direction ne le tienne pas au courant de l'offre des Russes de Samara. Il ne voulait pas partir à tout prix dès maintenant mais souhaitait que la direction fasse un geste, via une petite augmentation de salaire. Cela lui a été refusé et il trouve injuste que des joueurs moins performants soient mieux payés que lui.

Objectifs atteints


"A Noël, le groupe savait que Van Wijk ne prolongerait pas", dit un témoin. "La direction a entretenu le suspense mais son cas était réglé. Cela ne l'a pas aidé dans sa relation avec les joueurs. Mais lui-même n'était pas très enthousiaste pour rester. Il aurait voulu gagner la Coupe puis se barrer par la grande porte. Il avait atteint ses objectifs : la montée puis le maintien avec un foot spectaculaire. Au bout du compte, son départ arrange tout le monde. Il n'était plus heureux, les joueurs sont débarrassés d'un coach avec lequel ça ne passait plus, la direction peut préparer plus vite que prévu la saison prochaine avec Scifo."

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial sur Mons dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Pierre Danvoye, Sport/Foot Magazine

Ces témoins sont unanimes : "Quand la direction dit qu'une bonne moitié du groupe ne supportait plus l'entraîneur, c'est la réalité." Engueulades Van Wijk / Mbuyu Depuis novembre, le torchon brûlait entre Van Wijk et Dimitri Mbuyu, qui s'est rendu plus d'une fois dans le vestiaire pour calmer le coach. Pour résumer le discours du conseiller sportif à Van Wijk : "Arrête de gueuler, et si tu n'es pas content, tu te casses." L'impact de Nicaise Van Wijk a souhaité la venue de Benjamin Nicaise. Un agent l'a mis en garde : "Fais gaffe, il a un sacré caractère." Van Wijk lui a répondu : "Je sais gérer les gars difficiles." Quelques mois plus tard, le Hollandais a dit à la même personne : "J'aurais dû t'écouter, c'est une catastrophe." Le Français aurait rassemblé "une petite milice contre l'entraîneur, une dizaine de réservistes qui se sont rebellés avec lui." Dennis van Wijk ne souhaitait pas non plus que Nicaise devienne consultant dans La Tribune mais la direction n'a pas tenu compte de son avis. Nicaise ne veut pas réagir : "Je ne vois pas l'intérêt de m'exprimer sur des rumeurs." Drôle de jeu de Mogi Bayat Durant l'été, Philippe Vande Walle est en voiture et reçoit un appel de Mogi Bayat qui lui conseille de casser son contrat pour aller au Standard. Le kit mains libres est branché et Van Wijk est avec l'entraîneur des gardiens : il est furieux. Il n'accepte pas non plus qu'après avoir amené Nicaise, Bayat ait fait venir Daouda Mbow, censé jouer au même poste. Et il constate que sur les huit joueurs amenés par Bayat, il n'y a pas beaucoup de renforts. Le coach aurait lâché un jour : "Ce Bayat finira par prendre une balle dans la tête..." Entre Bayat et Mbuyu, ce n'est pas mieux. Le conseiller sportif n'apprécie pas de devoir discuter avec l'agent privilégié qui aurait dit à Leone que Mbuyu n'en touchait pas une. Une conversation qui est revenue aux oreilles du conseiller sportif. Méthodes hollandaises Van Wijk n'est pas un poète. Quand ça ne va pas, les murs tremblent, les portes claquent. Au début, ses coups de sang effrayaient. A la fin, ils faisaient rire des joueurs sachant qu'il tirait ses dernières cartouches. Il a aussi une conception du jeu très hollandaise. Dès que l'équipe a commencé à moins marquer, elle a reculé au classement car elle encaissait toujours autant. Des joueurs ont demandé au coach d'être moins audacieux, il n'a pas voulu les écouter. Van Wijk entraîneur indoor parano On reprochait à Van Wijk de ne pas être assidu sur le terrain d'entraînement, de brosser parfois des séances du début de semaine pour rester dans son bureau. Et il ne guidait pas systématiquement le décrassage du dimanche, laissant la besogne à ses adjoints. Un joueur l'a dit au président, qui a répondu : "Je suis au courant." Un agent nous dit : "Le comportement de Van Wijk a évolué en cours de saison. Dès qu'il se sent déstabilisé, il devient vulnérable, moins bon, suspicieux, un peu parano. Dans le vestiaire, la moindre bêtise provoquait une altercation." Et aussi : "Cela faisait plusieurs semaines qu'il sentait l'ombre d'Enzo Scifo et il le vivait mal. A la fin, il n'épargnait plus personne, il était particulièrement trash avec le magasinier, par exemple. Il sentait le vent tourner et perdait les pédales. Il a essayé de rattraper le coup en relançant des joueurs sur lesquels il ne comptait pas au premier tour. Il pensait qu'en mettant quelques ennemis dans sa poche, l'ambiance allait s'améliorer. Son raisonnement était : -Les mécontents vont enfin fermer leur gueule. Mais c'était trop tard." Un mercato étonnant Fin décembre, Mons avait encaissé 31 buts. Le foot offensif prôné par Van Wijk n'était pas la seule explication : plusieurs défenseurs avaient aussi montré leurs limites. Mais le club n'en a pas tenu compte durant le mercato, il n'a transféré que deux attaquants : Aloys Nong et Mustapha Jarju. Le coach a moyennement apprécié. Perbet devenu invisible Jérémy Perbet a ramé pendant plusieurs semaines, ratant des occasions faciles et le penalty de la qualification pour la finale de la Coupe. Le problème était surtout dans la tête. Il n'a pas apprécié que la direction ne le tienne pas au courant de l'offre des Russes de Samara. Il ne voulait pas partir à tout prix dès maintenant mais souhaitait que la direction fasse un geste, via une petite augmentation de salaire. Cela lui a été refusé et il trouve injuste que des joueurs moins performants soient mieux payés que lui. Objectifs atteints "A Noël, le groupe savait que Van Wijk ne prolongerait pas", dit un témoin. "La direction a entretenu le suspense mais son cas était réglé. Cela ne l'a pas aidé dans sa relation avec les joueurs. Mais lui-même n'était pas très enthousiaste pour rester. Il aurait voulu gagner la Coupe puis se barrer par la grande porte. Il avait atteint ses objectifs : la montée puis le maintien avec un foot spectaculaire. Au bout du compte, son départ arrange tout le monde. Il n'était plus heureux, les joueurs sont débarrassés d'un coach avec lequel ça ne passait plus, la direction peut préparer plus vite que prévu la saison prochaine avec Scifo."Retrouvez l'intégralité du dossier spécial sur Mons dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.Pierre Danvoye, Sport/Foot Magazine