Si la joie était au rendez-vous à l'arrivée, un court moment dans le stade dans l'attente des chronos, le doute s'était un peu installé. Camille Laus venait de se faire souffler la 3e place et la qualification directe pour la finale. "Je savais avant la course que les Pays-Bas étaient 4es en 3:27, on pouvait passer", expliqua Laus. "Donc, quand j'ai vu l'Ukrainienne me dépasser sur la ligne - je ne l'avais pas du tout senti revenir - j'ai regardé les temps et elles avaient fait 3:26 et quelque chose. Comme je savais que cela se jouait à un ou deux centièmes, je savais que c'était bon". La Belgique était la première équipe qualifiée au temps puisque seules les trois premières des deux séries avaient leur billet automatique. Les Pays-Bas, 4e de la 1e série en 3:27:40, sont les autres finalistes retenus grâce à leur prestation chronométrique. L'ambition des Belgian Cheetahs dans la capitale du Qatar était de se frayer un chemin jusqu'en finale. Celle-ci offrait une première porte d'entrée aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Les Cheetahs avaient obtenu leur ticket pour Doha grâce à leur 10e place (2e de la finale B) aux Relais mondiaux de Yokohama le 12 mai dernier. Avec le 12e temps d'engagement des seize équipes présentes à Doha, la mission des Cheetahs n'était pas aisée, même si elles comptaient sur les progrès chronométriques effectués par chacune d'entre elle depuis le printemps. Camille Laus, à l'origine du projet de ce relais en mars 2018, rappelait avec à propos que "quand on met en place un projet avec envie et passion, on peut y arriver. Dès le départ on avait dit qu'on voulait aller au Jeux. Personne n'y croyait. C'est une belle récompense." Kevin Borlée, son compagnon, qui a qualifié les Tornados pour la finale et donc aussi les Jeux soulignait: "On ne donnait pas cher de leur peau. On ne voulait même pas les envoyer et elles sont en finale." La Ligue belge (LRBA) avait hésité à sélectionner les relais féminin et mixte car un de leur critère - une performance dans le Top 12 mondial - n'était pas remplie. Les Belges savaient qu'elles devaient effectuer la course parfaite pour passer. "Elle n'a pas été parfaite parce que ce centième à l'arrivée, je ne le digère pas" a commenté Camille Laus, victime d'un malaise à l'arrivée et conduite à l'infirmerie où elle a été prise de vomissements avant de retrouver ses équipières et rencontrer la presse. "C'est un sentiment incroyable, on va à Tokyo", résumait la cadette de l'équipe Paulien Couckuyt qui a donné le témoin en 3e position après le 3e relais. "On est un vrai groupe" insistait Imke Vervaet, "c'est cela qui nous permet de nous dépasser. On est des vraies copines." Le précédent record de Belgique était de 3:27.69. Il avait été établi par Cynthia Bolingo, Hanne Claes, Justien Grillet et Camille Laus le 11 août 2018 en finale de l'Euro de Berlin où nos représentantes avaient pris la 4e place. On apprenait après la course que l'Italie 5e (3:27.57) a déposé réclamation estimant avoir été gênée lors du 2e passage de témoin. Le jury de l'IAAF n'a pas encore rendu sa décision. (Belga)