"Si elle est confirmée, c'est la pire solution pour les championnats nationaux européens que j'ai pour mission de défendre. Je vous laisse imaginer ce qui va se passer en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie... On va s'arrêter début novembre, après 13 ou 14 journées de championnat. Et on reprendra deux mois plus tard, en janvier. Pendant ce temps-là, les joueurs ne jouent pas, les clubs n'ont plus de recettes, les fans de foot sont privés de compétitions nationales et les télévisions vont être furieuses et vont demander des ristournes."

"La décision prise mardi est d'autant plus incompréhensible que nous, l'EPFL et l'ECA (l'association des clubs européens, ndlr), avions remis le 13 décembre à la FIFA une étude très poussée réalisée avec les services météorologiques suisses qui montrait qu'une Coupe du monde organisée du 4 mai au 4 juin était parfaitement possible. Cela prenait en compte la température, les questions d'ensoleillement et d'humidité et cela montrait que ce n'était pas plus inconfortable qu'en 2014 au Brésil ou lors de Coupes du Monde précédentes, au Mexique ou aux Etats-Unis par exemple. Nous croyions beaucoup à cette solution, qui a été écartée d'un revers de la main pour des raisons qui m'échappent."

"Je rappelle que 75% des joueurs lors d'un Mondial viennent des championnats européens. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond", a conclu le Français.

L'option novembre-décembre "seule solution viable"

La FIFPro, le syndicat mondial des joueurs de football, a réagi mardi dès l'annonce de la recommandation du groupe de travail de la FIFA d'organiser le Mondial-2022 au Qatar en novembre-décembre. "C'est la seule solution viable pour protéger la santé et la sécurité des joueurs qui participeront à la Coupe du monde", précise la FIFPro dans son communiqué. "C'est seulement le premier, très important pas", a estimé le Secrétaire-général Theo van Seggelen. Le syndicat estime en effet que plusieurs défis restent à résoudre. A commencer par la proposition de discussion sur la diminution du nombre de jours de compétition durant le Mondial. Le changement de calendrier pourrait augmenter la charge de travail des joueurs, un sujet que souhaite discuter la FIFPro.

Le syndicat veut également que le Qatar respecte les standards de la FIFA dans son championnat, en matière de contrat et de résolution conflits. Il souhaite qu'une association indépendante des joueurs puisse voir le jour au Qatar. Plus généralement, la FIFPro souhaite que les droits de l'homme soient respectés au Qatar.

L'option novembre-décembre soutenue par l'UEFA

L'UEFA a fait savoir mardi qu'elle était favorable à la recommandation du groupe de travail de la FIFA sur le Mondial 2022 de football au Qatar, qui privilégie un tournoi de fin novembre à fin décembre.

"L'UEFA soutient la recommandation faite par la task-force de la FIFA d'organiser le Mondial-2022 au Qatar de fin-novembre à fin-décembre 2022", écrit l'instance européenne dans un communiqué. "L'UEFA considère que, pour le bien des joueurs et des supporters, le tournoi doit se jouer en hiver et attend désormais la décision définitive du comité exécutif de la FIFA", ajoute-t-elle. La confédération européenne ajoute qu'elle "ne voit pas de problèmes majeurs au fait de reprogrammer ses compétitions pour la saison 2022-23".

La FIS soulagée par l'option novembre-décembre

Gian Franco Kasper, le président suisse de la Fédération internationale de ski (FIS), s'est déclaré soulagé par l'annonce du choix du groupe de travail (Task Force) de la FIFA de privilégier l'option novembre et décembre pour organiser le Mondial 2022 de football au Qatar.

"Nous sommes ravis que la proposition de la FIFA d'organiser la Coupe du monde 2022 ne va se heurter avec les Jeux Olympiques", a-t-il brièvement fait savoir dans un communiqué à Falun où se déroulent les Mondiaux de ski nordique. "Mais il est trop tôt pour voir les effets que cette proposition aura sur les Coupes du monde FIS, en novembre-décembre, tant que les dates exactes ne seront pas établies."

Les Coupes du monde FIS et les autres sports d'hiver débutent traditionnellement en octobre et novembre. Le déroulement de la Coupe du monde de football au même moment pourrait nuire au volume des diffusions et des chiffres d'audience des sports d'hiver.

Le patron du championnat anglais "très déçu" de l'option novembre-décembre

Richard Scudamore en 2010.
Richard Scudamore en 2010.

Richard Scudamore, le patron de la Premier League, le richissime championnat de première division anglaise, s'est déclaré "très déçu" mardi après la recommandation du groupe de travail de la Fifa d'organiser le Mondial-2022 au Qatar en novembre-décembre.

"Très déçu, c'est le mot, je pense, de la part de tous les championnats européens, et spécialement des clubs européens qui fournissent la plupart des joueurs pour les Coupes du monde", a déclaré Scudamore, pourtant membre lui-même de ce groupe de travail. Il a même critiqué au passage l'UEFA: "La FIFA garde son calendrier international, leur Coupe du monde reste intacte, et même l'UEFA, qui, je pense, nous a un peu laissé tomber, a poussé (pour novembre-décembre). Ainsi leur Ligue des champions peut débuter (à l'automne) puis continuer (à partir de février), comme à chaque fois..."

Soulignant la durée très courte de la réunion, Richard Scudamore a estimé que les grands championnats européens avaient en fait été mis devant le fait accompli: "En fait, on nous a informés" de la décision, "d'où notre déception", a insisté le directeur exécutif de la Premier League, selon qui en fait personne "n'a rien lâché" à part eux.

La décision de déplacer la Coupe du monde de l'été à l'hiver avait conduit à des spéculations selon lesquelles les championnats européens allaient demander des compensations financières. Mais Richard Scudamore a précisé mardi à Doha que la Premier League n'avait rien demandé sur ce point et qu'ils allaient laisser la liberté "à d'autres de suivre ce chemin".

"Si elle est confirmée, c'est la pire solution pour les championnats nationaux européens que j'ai pour mission de défendre. Je vous laisse imaginer ce qui va se passer en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie... On va s'arrêter début novembre, après 13 ou 14 journées de championnat. Et on reprendra deux mois plus tard, en janvier. Pendant ce temps-là, les joueurs ne jouent pas, les clubs n'ont plus de recettes, les fans de foot sont privés de compétitions nationales et les télévisions vont être furieuses et vont demander des ristournes." "La décision prise mardi est d'autant plus incompréhensible que nous, l'EPFL et l'ECA (l'association des clubs européens, ndlr), avions remis le 13 décembre à la FIFA une étude très poussée réalisée avec les services météorologiques suisses qui montrait qu'une Coupe du monde organisée du 4 mai au 4 juin était parfaitement possible. Cela prenait en compte la température, les questions d'ensoleillement et d'humidité et cela montrait que ce n'était pas plus inconfortable qu'en 2014 au Brésil ou lors de Coupes du Monde précédentes, au Mexique ou aux Etats-Unis par exemple. Nous croyions beaucoup à cette solution, qui a été écartée d'un revers de la main pour des raisons qui m'échappent." "Je rappelle que 75% des joueurs lors d'un Mondial viennent des championnats européens. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond", a conclu le Français. L'option novembre-décembre "seule solution viable" La FIFPro, le syndicat mondial des joueurs de football, a réagi mardi dès l'annonce de la recommandation du groupe de travail de la FIFA d'organiser le Mondial-2022 au Qatar en novembre-décembre. "C'est la seule solution viable pour protéger la santé et la sécurité des joueurs qui participeront à la Coupe du monde", précise la FIFPro dans son communiqué. "C'est seulement le premier, très important pas", a estimé le Secrétaire-général Theo van Seggelen. Le syndicat estime en effet que plusieurs défis restent à résoudre. A commencer par la proposition de discussion sur la diminution du nombre de jours de compétition durant le Mondial. Le changement de calendrier pourrait augmenter la charge de travail des joueurs, un sujet que souhaite discuter la FIFPro. Le syndicat veut également que le Qatar respecte les standards de la FIFA dans son championnat, en matière de contrat et de résolution conflits. Il souhaite qu'une association indépendante des joueurs puisse voir le jour au Qatar. Plus généralement, la FIFPro souhaite que les droits de l'homme soient respectés au Qatar.L'option novembre-décembre soutenue par l'UEFA L'UEFA a fait savoir mardi qu'elle était favorable à la recommandation du groupe de travail de la FIFA sur le Mondial 2022 de football au Qatar, qui privilégie un tournoi de fin novembre à fin décembre. "L'UEFA soutient la recommandation faite par la task-force de la FIFA d'organiser le Mondial-2022 au Qatar de fin-novembre à fin-décembre 2022", écrit l'instance européenne dans un communiqué. "L'UEFA considère que, pour le bien des joueurs et des supporters, le tournoi doit se jouer en hiver et attend désormais la décision définitive du comité exécutif de la FIFA", ajoute-t-elle. La confédération européenne ajoute qu'elle "ne voit pas de problèmes majeurs au fait de reprogrammer ses compétitions pour la saison 2022-23".La FIS soulagée par l'option novembre-décembre Gian Franco Kasper, le président suisse de la Fédération internationale de ski (FIS), s'est déclaré soulagé par l'annonce du choix du groupe de travail (Task Force) de la FIFA de privilégier l'option novembre et décembre pour organiser le Mondial 2022 de football au Qatar. "Nous sommes ravis que la proposition de la FIFA d'organiser la Coupe du monde 2022 ne va se heurter avec les Jeux Olympiques", a-t-il brièvement fait savoir dans un communiqué à Falun où se déroulent les Mondiaux de ski nordique. "Mais il est trop tôt pour voir les effets que cette proposition aura sur les Coupes du monde FIS, en novembre-décembre, tant que les dates exactes ne seront pas établies." Les Coupes du monde FIS et les autres sports d'hiver débutent traditionnellement en octobre et novembre. Le déroulement de la Coupe du monde de football au même moment pourrait nuire au volume des diffusions et des chiffres d'audience des sports d'hiver.Le patron du championnat anglais "très déçu" de l'option novembre-décembreRichard Scudamore, le patron de la Premier League, le richissime championnat de première division anglaise, s'est déclaré "très déçu" mardi après la recommandation du groupe de travail de la Fifa d'organiser le Mondial-2022 au Qatar en novembre-décembre. "Très déçu, c'est le mot, je pense, de la part de tous les championnats européens, et spécialement des clubs européens qui fournissent la plupart des joueurs pour les Coupes du monde", a déclaré Scudamore, pourtant membre lui-même de ce groupe de travail. Il a même critiqué au passage l'UEFA: "La FIFA garde son calendrier international, leur Coupe du monde reste intacte, et même l'UEFA, qui, je pense, nous a un peu laissé tomber, a poussé (pour novembre-décembre). Ainsi leur Ligue des champions peut débuter (à l'automne) puis continuer (à partir de février), comme à chaque fois..." Soulignant la durée très courte de la réunion, Richard Scudamore a estimé que les grands championnats européens avaient en fait été mis devant le fait accompli: "En fait, on nous a informés" de la décision, "d'où notre déception", a insisté le directeur exécutif de la Premier League, selon qui en fait personne "n'a rien lâché" à part eux. La décision de déplacer la Coupe du monde de l'été à l'hiver avait conduit à des spéculations selon lesquelles les championnats européens allaient demander des compensations financières. Mais Richard Scudamore a précisé mardi à Doha que la Premier League n'avait rien demandé sur ce point et qu'ils allaient laisser la liberté "à d'autres de suivre ce chemin".