En quittant Gand, tu as dit que tu avais besoin de sortir de ta zone de confort. Tu avais l'impression d'être arrivé au bout de ton histoire là-bas, comme Hein Vanhaezebrouck ?
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En quittant Gand, tu as dit que tu avais besoin de sortir de ta zone de confort. Tu avais l'impression d'être arrivé au bout de ton histoire là-bas, comme Hein Vanhaezebrouck ? Quand je dis que je veux sortir de ma zone de confort, je veux faire comprendre que j'ai besoin d'un nouveau challenge. J'ai connu tellement de bonnes choses avec Gand ! Le titre, la Ligue des Champions, un gros parcours en Europa League. Je m'entendais bien avec tout le monde, j'avais un lien très fort avec les supporters. Tout ça, je veux aujourd'hui le remettre en jeu. Je veux me remettre en question, me mettre en danger. J'ai envie de me tester dans un autre environnement. Metz, c'est un tout nouveau challenge. Je veux tester mon caractère dans un pays où je n'ai jamais joué, tester mon niveau par rapport aux exigences de la Ligue 1. Et puis, il y a un gros défi : le maintien. Tu as raison quand tu me fais remarquer que j'étais arrivé au bout de mon histoire avec Gand. Tout comme Vanhaezebrouck, oui. On a été champions, mais entre-temps, presque tout le monde est parti. Parce que tout le monde était au bout d'un cycle, parce que le club avait besoin d'autre chose. Avant de prendre la décision de partir, tu n'as pas essayé de questionner Yves Vanderhaeghe pour qu'il t'explique ton faible temps de jeu avec lui ? On a discuté une ou deux fois peu de temps après son arrivée. Il m'a bien expliqué qu'il comptait sur moi, il m'a dit que j'avais des qualités évidentes. Mais bon, il a modifié le système de jeu, il est passé de deux numéros 10 à un seul, et à partir de ce moment-là, il y avait Yuya Kubo et moi pour une seule place. Kubo a beaucoup joué et il a enchaîné les bons matches, je ne pouvais donc pas contester les choix du coach. Surtout que les résultats ont commencé à suivre. J'ai essayé de me montrer quand je montais au jeu en championnat et je pense avoir apporté des bonnes choses chaque fois que j'ai été titularisé en Coupe de Belgique. Mais ça ne me suffisait pas, évidemment. Le site officiel de Gand parle du départ d'une légende. Vraiment ? Et pourquoi, alors ? Je pense que mes stats parlent pour moi. J'ai été Gantois, et souvent sur le terrain, pendant la période la plus faste de l'histoire de ce club, c'est déjà quelque chose. S'il y a eu 120.000 personnes dans le centre-ville au moment du titre, je n'y étais pas pour rien. Et puis, j'ai fait des choses intéressantes et décisives dans des matches clés. Contre Lyon, j'ai marqué à domicile le tout premier but de Gand en Ligue des Champions. Quand on a gagné là-bas, j'ai aussi scoré. Et j'ai mis le but décisif pour la qualification pour les huitièmes de finale, contre le Zenit. Il y a aussi eu la campagne fantastique en Europa League. J'ai marqué trois fois puis, au match aller contre Tottenham, j'ai donné l'assist sur le seul but du match, qui a finalement été décisif pour la qualification. Que l'option d'achat soit levée ou pas, il est fort possible que tu doives écrire en fin de saison sur ton CV : " Chute en Ligue 2 ". Ce n'est quand même jamais bon. J'y ai pensé, j'avoue. Je prends un risque. Mais finalement, je prends des risques depuis le début de ma carrière. Il fallait être culotté, par exemple, pour signer à Eupen en janvier, en D2, alors que le classement était catastrophique. Aujourd'hui, Metz est très mal classé, c'est clair. Mais je suis bien placé pour savoir que tout peut aller très vite. Il faudra seulement qu'on soit capables de gagner six ou sept matches et, à ce moment-là, le maintien ne sera plus une utopie. Ta progression a toujours été linéaire depuis ton arrivée en Belgique : Eupen, Charleroi, Gand. Aujourd'hui, tu luttes à nouveau pour le maintien, comme tu l'as fait à Eupen et à Charleroi. Tu te consoles en te disant que la Ligue 1 est de toute façon plus excitante que le championnat de Belgique ? Un peu, oui. Quand tu joues à Gand, tu es excité au moment où tu prépares un match contre Bruges ou Anderlecht. En France, des matches pareils, avec autant d'adrénaline, il y en a beaucoup. Je ne vais pas te citer tous les gros cubes de Ligue 1. Tout va plus vite, il faut être plus costaud physiquement qu'en Belgique, je le sais. Mais il y a beaucoup de scores serrés, des nuls blancs, des 1-0, ça veut dire que les différences de niveau entre la plupart des équipes ne sont pas énormes, ça me rassure. Par Pierre Danvoye