285 km. C'est la distance qui sépare Bruges de Saint-Ode, petit village ardennais où est né et a grandi Thomas Meunier. Et pourtant notre international est peut-être le plus Brugeois des Brugeois. A seulement 24 ans, il est en tout cas le plus ancien du noyau. L'ailier qui monte s'est confié pendant plus d'une heure et demi. Avec justesse et sans langue de bois. Extrait.

Dans le championnat belge, qui peut espérer rejoindre un jour un club comme Tottenham ou Everton?

MEUNIER : Je pense à Praet, Tielemans. Leur talent est indéniable mais ils ont besoin d'être entouré pour évoluer à leur meilleur niveau. Il y a aussi Najar. Pour le reste? Chez nous? Hans Vanaken ou Laurens De Bock. On critique trop souvent Laurens alors qu'il est encore très jeune. Et il est capable de réaliser de très grosses prestations.

Et toi?

MEUNIER : Je pense que oui. En tout cas j'en ai l'ambition. Sans ma blessure du mois de juin, je suis convaincu que je serais à l'étranger.

Quelles sont les différences entre une équipe comme Bruges et Naples qui vous a sèchement battu ?

MEUNIER: Rien qu'au niveau des qualités individuelles, ça n'a rien à voir. Les contrôles de balle, les enchaînements. Je ne me rappelle pas avoir vu un joueur de Naples rater un contrôle. C'est aussi bien plus organisé, les joueurs assimilent beaucoup plus vite les différents schémas.

Quand tu retrouves les Diables, tu es frappé par la différence de niveau?

MEUNIER: Oui et j'y prends énormément de plaisir. Chez les Diables, ça va beaucoup plus vite, il n'y a pas de déchet, tout le monde parle, il y a de l'engagement. Entraînement ou non, ça met la semelle. Chez les Diables, tu as l'impression qu'ils ont conscience de la chance qu'ils ont de jouer au football dans des grands clubs et de gagner pas mal d'argent et surtout de réaliser leur rêve. Alors qu'en Belgique, on est parfois bien loti alors qu'on est encore nulle part.

C'est peut être ça finalement la différence entre un grand joueur et un joueur moyen: avoir conscience de cette chance.

MEUNIER : Combien de fois en Espoirs, on m'a dit Yassine El Ghanassy était Le futur talent. Et aujourd'hui, je ne sais même pas te dire où il est.

En Norvège...

MEUNIER : Ah oui. Il fait froid là-bas (il rit). Mais il était monstrueux à l'époque pourtant.

Donc c'est une histoire d'implication.

MEUNIER : Quand tu vois des joueurs comme Lukaku, Witsel, Vertonghen s'entraîner, ils ne lâchent rien. Et s'ils doivent te mettre un tackle-ciseau et te casser les deux jambes pour avoir la balle, ils le feront, entraînement ou pas.

Par Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Thomas Meunier dans votre Sport/Foot Magazine

285 km. C'est la distance qui sépare Bruges de Saint-Ode, petit village ardennais où est né et a grandi Thomas Meunier. Et pourtant notre international est peut-être le plus Brugeois des Brugeois. A seulement 24 ans, il est en tout cas le plus ancien du noyau. L'ailier qui monte s'est confié pendant plus d'une heure et demi. Avec justesse et sans langue de bois. Extrait.Dans le championnat belge, qui peut espérer rejoindre un jour un club comme Tottenham ou Everton? MEUNIER : Je pense à Praet, Tielemans. Leur talent est indéniable mais ils ont besoin d'être entouré pour évoluer à leur meilleur niveau. Il y a aussi Najar. Pour le reste? Chez nous? Hans Vanaken ou Laurens De Bock. On critique trop souvent Laurens alors qu'il est encore très jeune. Et il est capable de réaliser de très grosses prestations.Et toi?MEUNIER : Je pense que oui. En tout cas j'en ai l'ambition. Sans ma blessure du mois de juin, je suis convaincu que je serais à l'étranger.Quelles sont les différences entre une équipe comme Bruges et Naples qui vous a sèchement battu ?MEUNIER: Rien qu'au niveau des qualités individuelles, ça n'a rien à voir. Les contrôles de balle, les enchaînements. Je ne me rappelle pas avoir vu un joueur de Naples rater un contrôle. C'est aussi bien plus organisé, les joueurs assimilent beaucoup plus vite les différents schémas. Quand tu retrouves les Diables, tu es frappé par la différence de niveau?MEUNIER: Oui et j'y prends énormément de plaisir. Chez les Diables, ça va beaucoup plus vite, il n'y a pas de déchet, tout le monde parle, il y a de l'engagement. Entraînement ou non, ça met la semelle. Chez les Diables, tu as l'impression qu'ils ont conscience de la chance qu'ils ont de jouer au football dans des grands clubs et de gagner pas mal d'argent et surtout de réaliser leur rêve. Alors qu'en Belgique, on est parfois bien loti alors qu'on est encore nulle part.C'est peut être ça finalement la différence entre un grand joueur et un joueur moyen: avoir conscience de cette chance.MEUNIER : Combien de fois en Espoirs, on m'a dit Yassine El Ghanassy était Le futur talent. Et aujourd'hui, je ne sais même pas te dire où il est.En Norvège...MEUNIER : Ah oui. Il fait froid là-bas (il rit). Mais il était monstrueux à l'époque pourtant.Donc c'est une histoire d'implication.MEUNIER : Quand tu vois des joueurs comme Lukaku, Witsel, Vertonghen s'entraîner, ils ne lâchent rien. Et s'ils doivent te mettre un tackle-ciseau et te casser les deux jambes pour avoir la balle, ils le feront, entraînement ou pas.Par Thomas BricmontRetrouvez l'intégralité de l'interview de Thomas Meunier dans votre Sport/Foot Magazine