Qui l'eût cru? Après quinze journées, l'Union Saint-Gilloise trône toujours en tête de la Pro League devant le Club Bruges et l'Antwerp, et distance même largement le voisin anderlechtois et encore plus le Standard. Après leur plantureuse victoire en terres ostendaises (1-7), et suite aux défaites de ses principaux poursuivants, les hommes de Felice Mazzù ont même coiffé les lauriers honorifiques de champions d'automne.
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Qui l'eût cru? Après quinze journées, l'Union Saint-Gilloise trône toujours en tête de la Pro League devant le Club Bruges et l'Antwerp, et distance même largement le voisin anderlechtois et encore plus le Standard. Après leur plantureuse victoire en terres ostendaises (1-7), et suite aux défaites de ses principaux poursuivants, les hommes de Felice Mazzù ont même coiffé les lauriers honorifiques de champions d'automne.Une réussite qui fait rêver les supporters jaune et bleu à un destin à la Leicester City, champion d'Angleterre surprise en 2015-2016, ou au Lierse, champion de Belgique 1996-1997, pour les plus focalisés championnat noir-jaune-rouge d'entre-eux. Point commun entre les deux clubs? Un noyau resté intact du début à la fin de l'exercice. En revanche, le Beerschot, en tête après quatorze journées la saison dernière, a irrémédiablement fléchi en deuxième partie de saison. La vente durant le mercato de janvier de TarikTissoudali, l'un des hommes-clés des Rats, à La Gantoise étant, parmi d'autres, l'une des raisons de cette baisse de régime. Alors bien sûr, au sein du club saint-gillois, on est encore loin de parler du titre. Interrogé avant la trêve par Het Laatste Nieuws, le président anglais AlexMuzio affirmait "profiter du moment", mais ajoutait également qu'il fallait encore engranger "approximativement entre 24 et 26 points pour terminer dans le top 4". Felice Mazzù, lui, se montrait plus prudent à l'issue de la victoire contre Charleroi: "Il faut sécuriser notre place en D1A, une fois que ce sera fait, nous verrons bien." Solide derrière, efficace devant, l'Union s'est avant tout illustrée collectivement jusqu'à présent, mais certaines individualités se sont naturellement mises en évidence. Encore méconnu, hormis pour les suiveurs de la D1B, en début de saison, l'Allemand DenizUndav caracole en tête tant du classement des buteurs (quatorze goals) que de celui des passeurs (onze assists). Ex-Espoir de Genk, DanteVanzeir lui emboîte le pas avec dix pions et sept caviars offerts qui ont séduit jusqu'au sélectionneur national, RobertoMartínez. Si son entrée au jeu face au pays de Galles ne restera pas dans les annales, son nouveau statut d'international a encore un peu plus fait gonfler sa cote. L'Union va-t-elle devoir se séparer de l'un des membres du duo le plus prolifique de Pro League? C'est ce que craignait PhilippeAlbert il y a peu sur le plateau de La Tribune: "Vanzeir, Undav: il y a peut-être des grands clubs belges qui vont investir, qui ont peut-être des problèmes au niveau offensif. Je pense que l'Union ne pourra pas refuser des offres si elles sont conséquentes." Si MichelVanzeir, le père de Dante, a déjà affirmé au Belang van Limburg qu'il était "presque sûr à 100% qu'il ne serait pas transféré", qu'en dit-on du côté de la direction bruxelloise? "Dans le football, on ne sait jamais", affirme PhilippeBormans, CEO de l'Union. "Mais clairement, de notre côté, l'objectif est de garder tout le monde, au moins jusqu'à la fin de la saison. On est actuellement dans une position où tout se passe bien et on tient évidemment à continuer à faire vivre cet esprit, à conserver cette ambiance. Plutôt que de vendre des joueurs en vue, on est plutôt en train de penser à se renforcer. On a, par exemple, perdu SenneLynen sur blessure..." Contrairement à la plupart des autres clubs belges, l'Union ne devrait donc pas absolument faire rentrer de l'argent dans les caisses? "On a subi une perte l'année dernière en D1B et ce sera encore le cas, de façon plus limitée, en D1A cette saison", nuance Bormans. "On le savait d'avance, c'est comme ça. Mais nous avons un investisseur qui aide le club. On n'a pas la corde au cou et on n'a donc pas besoin dans l'immédiat des revenus des transferts pour survivre. Ça nous permet de réfléchir calmement et déterminer le moment idéal pour vendre nos joueurs. Ce qu'il faut de toute façon bien garder à l'esprit, c'est que le projet de l'Union est avant tout sportif, plus que financier. Notre ambition depuis le début, c'est de vivre une saison qui nous permette de progresser, de grandir. C'est le cas jusqu'à présent avec ces résultats formidables qui enchantent nos supporters." Des sympathisants unionistes qui se massent en nombre au stade Joseph Marien, qui affichait sold out contre Charleroi et le sera encore ce vendredi contre OHL. De quoi remettre sur le tapis la question d'un nouveau stade, chère au CEO. "Ça avance petit à petit", confirme-t-il. "Ça va prendre du temps, mais je veux être fixé cette saison. Les communes commencent à s'intéresser à la question et c'est une très bonne chose, car même si nous voulons financer ce stade par nos propres moyens, nous avons besoin de leur participation. Notre stade actuel n'est pas fait pour la D1A, mais nous cherchons une solution qui nous permette de nous établir proche de l'endroit actuel, c'est très important pour nos supporters." Un peuple unioniste qui pourrait toutefois être amené à parcourir quelques kilomètres de plus qu'à l'habitude cet été. C'est en tout cas tout ce qu'il souhaite puisqu'en cas de qualification européenne, l'Union jouera ses rencontres à domicile à Den Dreef ou au stade Roi Baudouin.