"Le sport est ma seule raison de vivre", avait-elle déclaré avant les Jeux Paralympiques de Rio en août 2016, son dernier défi sportif. Son adolescence a été rythmée de rendez-vous "d'un docteur à un autre, qui ne savait pas ce que j'avais et m'annonçait des mauvaises nouvelles". Jusqu'à ce qu'on mette un nom sur son mal: tétraplégie progressive. Durant sa revalidation à l'hôpital, elle découvre le sport adapté. D'abord le basket en fauteuil roulant, puis la natation. Ce qui la mène au triathlon. Elle devient championne du monde de paratriahtlon en 2006. Titre qu'elle prolonge l'année suivante. Le 13 octobre 2007, elle réalise un rêve: disputer l'une des épreuves les plus mythiques au monde, l'Ironman d'Hawai. "Malgré un ennui mécanique avec mon matériel, j'ai été plus loin que ce que j'avais pu rêver", racontait-elle. Après avoir nagé 3,8 km en 1 heure 17 minutes, elle avait accompli les 180 km du parcours à vélo. Mais arrivée hors délais de 15 minutes, elle avait dû renoncer à la dernière partie, les 42,195 km de course à pied. En 2009, Marieke Vervoort doit opérer un tournant dans sa carrière. Il n'est plus possible pour elle de poursuivre le triathlon. Elle se lance alors vers le blokart (char à voile) avant d'arriver sur les pistes d'athlétisme en 2012. Ses débuts dans la catégorie T52 des courses en fauteuil roulant sont fulgurants: record d'Europe sur 100m, 200m et 400m et record du monde du 800m à Lierre. La consécration arrive en septembre 2012, à Londres. D'abord avec une médaille d'argent sur 200m avant une médaille d'or sur 100m, avec un record paralympique à la clé. En fin d'année, elle est logiquement élue Sportive Paralympique belge de l'année. Une récompense qu'elle recevra à nouveau en 2015, l'année de ses trois titres mondiaux (100m, 200m et 400m) conquis à Doha, Qatar. Marieke Vervoort met un terme à sa carrière après les Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro, où elle remportait deux nouvelles médailles, en argent sur 400m et en bronze sur 100m. Elle décroche ainsi tous ses succès malgré la maladie qui ne cesse de la tourmenter. "Tout le monde me voit heureuse avec la médaille d'or mais ils ne voient pas le côté sombre. Je peux souffrir énormément, dormir parfois seulement 10 minutes par nuit et tout de même aller chercher l'or", avait-elle avoué avant les Jeux Paralympiques. A Rio, la presse internationale s'est passionnée pour son histoire. Marieke Vervoort ne l'avait pas caché: les papiers pour recourir à l'euthanasie étaient prêts depuis 2008. "Je profite de chaque instant. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, alors j'aurai mes papiers en main pour l'euthanasie", avait-t-elle expliqué. Marieke Vervoort voyait arriver la fin avec sérénité, pensant même à la veillée pour dire au-revoir à ses proches. "Les gens pleureront, mais je veux les remercier pour la vie que j'ai eue, pour le fait que je suis heureuse maintenant que je suis en paix", exprimait-elle en décembre 2017 au Telegraph. Et de conclure: "Le meilleur objectif que tu puisses avoir, c'est de rendre les gens heureux." En septembre dernier, Marieke Vervoort, "Wielemie", avait réalisé son dernier souhait en roulant à bord d'une Race Lamborghini Huracan Evolution sur le circuit de Zolder. "J'ai pu réaliser beaucoup de rêves. Celui-ci est le dernier", avait-elle déclaré. (Belga)