Quand il débarque à Anderlecht un jour d'hiver 2010 contre 1,2 million d'euros, Lukas Marecek emmène beaucoup d'espérance dans ses valises. International espoir, le jeune Tchèque est alors promis à un bel avenir au Parc Astrid. Malheureusement, après une quarantaine de matches inconstants, étalés sur trois saisons aux stats faméliques, le bilan est insuffisant. Via Heerenveen, Marecek s'en va donc se ressourcer dans son pays, au Sparta Prague. Cet hiver, barré après quatre années en tant que titulaire, il a fait son retour au Plat Pays par la petite porte, en signant à Lokeren.
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Quand il débarque à Anderlecht un jour d'hiver 2010 contre 1,2 million d'euros, Lukas Marecek emmène beaucoup d'espérance dans ses valises. International espoir, le jeune Tchèque est alors promis à un bel avenir au Parc Astrid. Malheureusement, après une quarantaine de matches inconstants, étalés sur trois saisons aux stats faméliques, le bilan est insuffisant. Via Heerenveen, Marecek s'en va donc se ressourcer dans son pays, au Sparta Prague. Cet hiver, barré après quatre années en tant que titulaire, il a fait son retour au Plat Pays par la petite porte, en signant à Lokeren. Quelle image gardez-vous de votre premier passage en Belgique ? LUKAS MARECEK : Je n'ai que des bons souvenirs : Anderlecht, les titres, l'Europa League... C'est vrai que je suis souvent passé du terrain au banc, mais avec Lucas Biglia, Jan Polak et Sacha Kljestan, la concurrence était rude. Vous avez aussi pâti de la comparaison incessante avec l'Argentin. MARECEK : J'ai attendu son départ, mais comme il n'est jamais parti, je me suis dit que je pouvais évoluer avec lui. Manifestement, ce n'était pas l'avis de l'entraîneur Ariël Jacobs. Je n'en ai jamais parlé avec lui. Il ne parlait tout simplement pas avec moi... Ça a dû arriver deux fois en trois ans, je ne sais pas pourquoi. Pour lui, je n'existais pas. J'ai eu l'occasion de me montrer quand Lucas s'est blessé. A ce moment-là, j'ai presque tout joué, je me sentais bien. Mais quand il est revenu, il a directement retrouvé le terrain... et moi les tribunes. Sans explication. Étrange. Certains vous reprochaient alors d'être trop poli et pas assez vicieux sur le terrain. MARECEK : Peut-être, oui. (Évasif) Ça aurait certainement été différent si j'avais été plus agressif... Lors de l'été 2012, après deux saisons et demi inconstantes, vous optez pour un prêt à Heerenveen. MARECEK : Ça m'a fait énormément de bien : j'avais vraiment besoin de jouer et Heerenveen m'a donné la possibilité de le faire en m'offrant plus d'attention et moins de pression. J'aimais le club, la ville, le pays... Je ne sais toujours pas pourquoi ils n'ont pas levé l'option, peut-être une question d'argent. À mon retour à Anderlecht, je me suis entraîné avec le noyau A pendant trois semaines. Puis, John van den Brom m'a appelé pour me signifier qu'il ne comptait pas sur moi lors du stage de préparation décisif pour la nouvelle saison. Je pouvais me trouver un nouveau club. Le Sparta Prague a-t-il été directement une évidence ? MARECEK : J'ai eu des touches en D2 allemande et en Italie, mais j'étais à chaque fois le deuxième choix. Finalement, la seule solution était de rejoindre le Sparta Prague... ce qui était loin d'être un pas en arrière : je retournais en République tchèque pour évoluer dans le meilleur club du pays. La première saison a été magnifique : on a réussi le triplé. Mais après, ça s'est gâté. Le Viktoria Plzen est parvenu à monter une grosse équipe stable et on n'a plus été capable de rivaliser. Quand on porte les couleurs du Sparta, on ne peut pas se permettre de louper autant de titres nationaux comme on l'a fait depuis 2014. Il me reste donc un goût amer. Qu'est-ce que ça fait d'évoluer avec Tomas Rosicky ? MARECEK : Il est incroyable. Dès qu'il a le ballon au pied, il n'a qu'un seul objectif : réussir la dernière passe. C'est ce que j'ai le plus observé chez lui pour m'améliorer. Il parvient si facilement à mettre ses coéquipiers en position idéale. Vous avez porté plusieurs fois le brassard de capitaine au Sparta. Vous êtes devenu un leader ? MARECEK : Je l'ai reçu parce que j'étais le joueur le plus expérimenté sur la pelouse. Tout le monde espère être capitaine, mais pour être honnête, je joue bien mieux quand je ne le suis pas (rires). Maintenant, si on me donne le brassard, je le prendrai. Titulaire à 15 reprises avec le Sparta cette saison, votre départ peut surprendre... MARECEK : Le club change, c'est un nouveau Sparta qui est en train de naître. De nouveaux dirigeants, coaches et plein de joueurs sont arrivés l'été dernier... Avec Tomas Rosicky comme bras droit du directeur sportif, le club veut retrouver une stature internationale et achète donc une majorité de footballeurs étrangers. Comment le club a-t-il justifié votre mise à l'écart ? MARECEK : On m'a dit texto : " Ok Lukas, merci pour ce que tu as fait pour le Sparta, mais nous allons te vendre. " Ça n'a pas été facile à digérer, mais avec un peu de recul, je repense aux mauvais souvenirs de la saison dernière, quand c'était la pagaille sur le terrain parce que personne ne se connaissait ni ne parlait la même langue. Quand on a évolué pour Anderlecht et le Sparta, ça doit faire bizarre de se retrouver à Lokeren... MARECEK : Je sais que Lokeren n'est pas le plus grand club de Belgique. Mais après quatre ans à jouer sous la pression du Sparta Prague où tu ne peux rien faire de travers, je vais me produire avec moins de stress, mais toujours pour un club de tradition. Ces dernières années, vous avez évolué au milieu mais aussi en défense centrale et au latéral droit. Votre polyvalence n'est-elle pas un handicap ? MARECEK : J'ai aimé découvrir ces places mais je veux désormais uniquement évoluer en 6 ou en 8, une position où j'ai plus d'espace pour tenir le ballon et créer le danger. J'ai plus d'expérience et de roublardise qu'il y a quatre ans, mais il va falloir que je travaille mes statistiques, qui sont horribles (six buts et huit assists sur l'ensemble de sa carrière, ndlr). Quand je suis dans les seize derniers mètres, j'ai tendance à chercher à tout prix la bonne passe alors que je devrais parfois être plus égoïste.Par Emilien Hofman