La semaine a été très chargée du côté de Genk. Elle s'est finalement bien terminée, avec cette victoire contre une équipe de Bruges qui était la plus impressionnante depuis le début des play-offs. Si les hommes d'Ivan Leko s'étaient imposés à la Luminus Arena, leur route vers le titre aurait déjà été toute tracée.

Mais Genk a remis les pendules à l'heure de très belle manière. Les Limbourgeois ont offert un match total, avec un pressing énorme qui a gêné les Brugeois. Le meilleur exemple, c'est cette relance ratée de Stefano Denswil, pourtant l'un des défenseurs du championnat les plus à l'aise, balle au pied, qui a amené le premier but du match.

Le plan de Philippe Clement a été respecté à la lettre, et appliqué avec une intensité qui a été décisive dans un match-clé pour la fin de la saison. Les hommes forts des derniers matches du Club ont été neutralisés : on n'a pas vu Krépin Diatta et Emmanuel Dennis, tandis que Siebe Schrijvers, qui avait l'habitude de créer le surnombre entre les lignes, a été dévoré entre Sander Berge et Jhon Lucumi.

En demandant à son gardien de dégager le plus loin possible, Clement a fait en sorte que la majorité des duels se déroulent dans le camp adverse, et son équipe a pris le dessus sur un penalty discutable, mais de façon méritée. Pourtant, entre le penalty bêtement concédé par Bryan Heynen et le but annulé de Sébastien Dewaest juste avant la mi-temps, Genk avait pris quelques coups sur la tête après une excellente entame de match.

Mais là aussi, j'ai reconnu la patte de Clement : déjà comme joueur, il était très fort pour se relever des coups durs. Au retour des vestiaires, Genk semblait avoir oublié toutes les mésaventures de la première période.

Quelques jours plus tôt, c'est le procureur Kris Wagner qui avait donné des sueurs froides au Racing en exigeant sept matches de suspension pour Ruslan Malinovskyi. La semaine a dû être horrible pour l'Ukrainien. Le plaidoyer de plus de deux heures du procureur pour exiger une suspension démesurée était grotesque.

Tout cela s'est heureusement bien terminé, grâce au bon sens dont a finalement fait preuve la commission des litiges. Je crains juste une chose : que ce monsieur Wagner doive encore décider d'une éventuelle suspension de joueur dans le futur. J'ai des doutes sur ses compétences à ce sujet, et je pense qu'il faudrait que les instances se posent les bonnes questions.

Le week-end avait commencé par le non-match d'Anderlecht, où les supporters ont pris l'initiative dans le sens négatif. Chez les Mauves, c'est la crise qui est totale. Je me demande comment Marc Coucke va pouvoir résoudre tout ça. Est-il encore l'homme de la situation ? Il faut en tout cas se poser des questions sur la situation du club, à court et à long termes.

À court terme, il n'y a pas grand-chose à faire. L'Europe semble désormais hors de portée et le seul problème qu'il reste à Anderlecht, c'est qu'il y a encore six matches à jouer et que la fin de saison va probablement être très longue. L'important, maintenant, ça va être de bien communiquer. Anderlecht doit retrouver son ADN, celui d'un club qui gagne des matches avec un football plein de style. Nulle part, je ne vois la classe qui a toujours été la marque de fabrique du Sporting. À ce titre, je peux comprendre la frustration des supporters, mais pas leur réaction.

Dans un tel contexte, entre les mauvais résultats et les sorties médiatiques d'Hein Vanhaezebrouck, en plus du manque de qualité et de mentalité de l'équipe, c'est regrettable que Marc Coucke ne soit pas présent physiquement pour communiquer et réagir. Plus que jamais, la crise est énorme du côté d'Anderlecht. La réflexion pour le futur doit se faire urgemment, et les plans à moyen et à long termes doivent être expliqués clairement pour que cette saison ne soit bientôt plus qu'un mauvais souvenir.