"Un bon cheval n'est pas forcément un bon cavalier." C'est par cette formule imagée que l'ancien entraîneur à succès Co Adriaanse a résumé ce qu'il pensait du travail d'entraîneur deMarco van Basten. L'ancien Ballon d'or a eu une brillante carrière en tant que joueur, mais n'a jamais pu vraiment convaincre sur le petit banc. Plus tard, Van Basten admettra aussi avec franchise qu'il n'était pas fait pour le métier d'entraîneur.
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"Un bon cheval n'est pas forcément un bon cavalier." C'est par cette formule imagée que l'ancien entraîneur à succès Co Adriaanse a résumé ce qu'il pensait du travail d'entraîneur deMarco van Basten. L'ancien Ballon d'or a eu une brillante carrière en tant que joueur, mais n'a jamais pu vraiment convaincre sur le petit banc. Plus tard, Van Basten admettra aussi avec franchise qu'il n'était pas fait pour le métier d'entraîneur.Le fait d'avoir atteint le plus haut niveau en tant que joueur ne signifie pas nécessairement que vous allez réussir en tant qu'entraîneur. Aux Pays-Bas, il existe d'innombrables exemples d'anciens footballeurs de haut niveau qui n'ont pas réussi à faire décoller leur carrière d'entraîneur : Jaap Stam (49 ans) a essayé sans succès à Reading, au PEC Zwolle, à Feyenoord et au FC Cincinnati ; Edgar Davids (49 ans) a été qualifié de "nomination catastrophique" par le président de la formation portugaise d'Olhanense et la lumière s'est rapidement éteinte pour Clarence Seedorf (46 ans), après des échecs à l'AC Milan, au Deportivo La Corogne...Des entraîneurs comme Phillip Cocu (51 ans) et Frank de Boer (52 ans) ont connu le succès respectivement au PSV et à l'Ajax, mais n'ont cependant pas réussi à s'imposer à l'étranger. Cocu a été renvoyé rapidement tant à Fenerbahçe qu'à Derby County. De Boer a enchaîné deux passages express à l'Inter et à Crystal Palace. La tentative de relancer sa carrière en MLS du côté d'Atlanta United a été arrêtée après seulement un an et demi. Mark van Bommel (45 ans) ne fait pas exception à la règle. La carrière d'entraîneur de l'ancien milieu de terrain du PSV, du FC Barcelone et du Bayern Munich a démarré sur les chapeaux de roue du côté d'Eindhoven, où il a cependant été remercié lors de sa deuxième saison. Et que dire de son aventure au VfL Wolfsburg qui n'aura duré que treize matchs. Où est-ce que ça a mal tourné pour l'ancien rugueux milieu ? "L'entraîneur de la caisse de résonance" est phénomène que l'on rencontre plus souvent en Eredivisie. Ruud van Nistelrooij va bientôt commencer sa première mission en tant que T1 au PSV, même si l'ancien attaquant de 45 ans pensait qu'il était probablement trop tôt pour effectuer ses débuts en tant qu'entraîneur principal d'une équipe aussi importante. Le PSV a donc trouvé une solution à ce problème puisque le vieux loup, Guus Hiddink, de trente ans son aîné, lui servira de "caisse de résonance". Hiddink avait déjà accompli cette tâche pendant les périodes ou Ernest Faber et Phillip Cocu avaient pris place sur le petit banc du Philips stadion.L'entraîneur chevronné qui assiste un entraîneur débutant, c'est quelque chose de typique aux Pays-Bas. Dick Advocaat a rempli ce rôle de vieux maître en coulisses à Feyenoord et au FC Utrecht.Lors de sa première saison en tant qu'entraîneur du PSV, Mark van Bommel a également été assisté par son beau-père Bert van Marwijk (66). Les deux hommes présentent d'ailleurs un très bon bilan pour leur association avec seulement trois matches perdus, 98 buts marqués en 34 matchs et 26 encaissés, ce qui en faisait la meilleure défense de la compétition néerlandaise. Offensivement, seul l'Ajax d'Erik ten Hag avait fait encore mieux puisqu'il avait fait trembler les filets à 119 reprises et pris trois points de plus que le PSV au classement final.Mais à l'automne 2019, la belle aura de van Bommel commence à s'effriter du côté d'Eindhoven, sans doute parce que van Marwijk n'est plus là à plein temps. En parallèle de son rôle d'adjoint au PSV, ce dernier est également le sélectionneur national des Émirats arabes unis et doit voyager avec cette équipe pendant des semaines.Après une défaite contre Feyenoord, Mark van Bommel est convoqué par le directeur général Toon Gerbrands. Il a pris ses précautions. Alors que Van Bommel est à l'intérieur, le communiqué de presse concernant son licenciement est déjà envoyé aux journalistes habituels du club. Il s'agit de garder le contrôle entre ses propres mains.Van Bommel est profondément affecté par ce renvoi et laisse éclater sa colère. Lorsque l'entraîneur en a assez, Gerbrands lui demande ce qui le dérange le plus dans cette situation. Van Bommel se montre très clair à ce sujet. Il n'a pas pu décider lui-même ses adieux, il n'en a pas eu le contrôle. Cette anecdote en dit long sur le caractère de Van Bommel, qui est décrit dans les médias néerlandais comme un maniaque du contrôle. Sur le Herdgang, le complexe d'entraînement du PSV, ils peuvent en parler. Dans le NRC Handelsblad, des sources anonymes parlent du "docteur Van Bommel" après son licenciement. L'ancien joueur aurait même interféré avec le personnel médical et les traitements qu'il prescrivait.Ibrahim Afellay, qui a connu Van Bommel au Philips stadion, a précisé les choses dans l'émission Studio Voetbal : "La tâche la plus importante que vous avez en tant qu'entraîneur est d'être capable de s'occuper des gens. Vous devez faire face à différents types de personnalités, différentes nationalités. Mais à un moment, il a commencé à dire au docteur comment il devait opérer." Le médecin belge Stijn Indeherberge remet ces témoignages en perspective dans Het Laatste Nieuws. Il était membre du staff médical du PSV pendant une des deux saisons où Van Bommel était en charge de l'équiper. "Le fait qu'on l'ait appelé 'docteur Van Bommel' était destiné à faire rire, car il est très professionnel dans tous les domaines. Il veut tout faire aussi bien que possible. Il travaille selon le principe que frotter permet de faire briller."Ce qui nous amène à un deuxième aspect de la personnalité de Van Bommel : son professionnalisme. A Eindhoven, il était souvent agacé par la culture du club, une atmosphère de convivialité typiquement brabançonne. Selon le nouveau guide de l'Antwerp, cette atmosphère familiale informelle devait disparaître. "S'il voulait dire quelque chose, il le disait à voix haute. L'approche douce n'est pas pour lui. Il discutait constamment de tout et de rien avec la direction, les entraîneurs des jeunes et le personnel médical", raconte Indherberge dans HLN. "Van Bommel est très exigeant sur tous les plans, y compris sur le plan médical. Si un scanner ne pouvait être réalisé qu'un jour plus tard, il fallait lui donner des explications. Pour moi, ce n'était pas un problème. Un jour plus tard, il l'avait déjà oublié", détaille le médecin belge.Le complexe d'entraînement a également été immédiatement verrouillé. Les supporters n'étaient plus autorisés à l'entraînement, et donc il n'y avait plus de regards indiscrets. Van Bommel avait le football ne tête, jour après jour, 24 heures sur 24. Parfois, il passait la nuit à Herdgang après un match du samedi soir, afin de pouvoir retourner le plus tôt possible au travail le dimanche matin. Il était constamment en contact avec tout le monde via WhatsApp et ne baissait jamais la garde. Sa réputation de professionnel était donc grande au PSV. Lorsqu'il a pris le relais de Phillip Cocu à l'été 2018, personne à Eindhoven ne semblait douter de ses qualités. Il était devenu le premier coach des U19 du PSV à se parer des lauriers nationaux. Mais le fait que Van Bommel remette souvent les choses en question ouvertement conduit inévitablement à des conflits. Au cours de la première saison, les choses sont encore restées sous contrôle parce que les résultats suivaient. Mais le temps est passé à l'orage la saison suivante quand la spirale n'était plus aussi positive. Victime de son stress, Van Bommel a montré un comportement de plus en plus extrême, selon les médias néerlandais. Les querelles, conflits et les accès de colère entre la presse et lui n'ont plus cessé de s'arrêter.Une chose est sûre : partout où Van Bommel va, il se fait des amis mais aussi pas mal d'ennemis. En tant que joueur, il était déjà un joueur plutôt clivant. Il n'hésitait pas à utiliser les médias pour influencer son entourage. Les Marco van Basten, Ruud van Nistelrooij et Klaas-Jan Huntelaar n'appréciaient pas la façon de communiquer de Van Bommel. Le fait que Van Basten ait réagi avec mépris au licenciement de Van Bommel à Wolfsburg est lié à cette mauvaise relation entre les deux hommes.Van Basten n'a d'ailleurs pas été tendre avec le nouvel entraîneur du Great Old sur Ziggo Sport : "Je n'ai pas beaucoup d'estime pour lui. Bien sûr, il a toujours eu d'autres idées que moi, mais c'est surtout la manière dont il travaille qui me pose problème. Je ne pense pas qu'il ait beaucoup de contenu à proposer sur les questions techniques et tactiques du football. Quand je l'entendais, il parlait souvent de toutes sortes de choses, sauf de football. À un certain moment, les joueurs commencent à s'en rendre compte."Au Jong PSV, Van Bommel était simplement apprécié pour la manière dont il transmettait son message et pour le cotenu de ses entraînements. A Wolfsburg, c'était apparemment un problème. D'après les médias allemands, le Néerlandais a fait une impression assez désastreuse après une défaite et est resté sur la même ligne de conduite. Ibrahim Afellay n'a pas été impressionné par les talents d'orateur de son entraîneur au PSV : "Il n'a pas réussi à bien faire passer son message", a-t-il déclaré dans l'émission Studio Voetbal. "En tant qu'entraîneur, vous avez une façon de jouer, une philosophie. Mais vous devez également être capable de transmettre cela aux joueurs. Ils doivent la comprendre."On attend avec impatience de voir comment cela va se passer au Bosuil.