Waasland-Beveren, Lokeren, le YRFC Malines et le Beerschot ont dépensé beaucoup d'argent dans l'espoir de retrouver la Jupiler Pro League ou de s'y maintenir mais c'est une femme qui va décider de leur avenir : Gaby Van den Bossche est la présidente du tribunal de commerce néerlandophone à Bruxelles. Jeudi, elle a reçu toutes les parties intervenant dans l'affaire en référé introduite par le YRFC Malines à l'encontre de l'Union belge.
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Waasland-Beveren, Lokeren, le YRFC Malines et le Beerschot ont dépensé beaucoup d'argent dans l'espoir de retrouver la Jupiler Pro League ou de s'y maintenir mais c'est une femme qui va décider de leur avenir : Gaby Van den Bossche est la présidente du tribunal de commerce néerlandophone à Bruxelles. Jeudi, elle a reçu toutes les parties intervenant dans l'affaire en référé introduite par le YRFC Malines à l'encontre de l'Union belge. Malines réclame la suspension de la procédure disciplinaire lancée par l'URBSFA dans le cadre de l'opération Mains Propres. Malines et Waasland-Beveren sont soupçonnés d'avoir arrangé le match qui les opposait lors de la dernière journée de la saison 2017-2018. Si la procédure disciplinaire est suspendue, l'URBSFA ne pourra pas rétrograder Malines ou Waasland Beveren cette saison. Le Beerschot ne montera donc pas tandis que Lokeren et Tubize n'échapperont pas à la relégation. En pénétrant dans la salle et en voyant une armée d'avocats, jeudi dernier, le greffier du tribunal des référés lance : " Je dois prendre mon sac de couchage ou ce sera fini avant la nuit ? " Pendant trois heures, la juge des référés a entendu les parties. Elle n'a posé qu'une question, montrant qu'elle trouvait une remarque de l'avocat de Malines pertinente. L'Union Belge se base sur un article disant que le Comité sportif ou la Commission des Litiges peuvent actionner la procédure d'urgence si nécessaire. Mais cet article ne parle pas de la Chambre d'appel de la Commission des Litiges. Pour Joost Everaert, l'avocat de Malines, " si la chambre d'appel de la Commission des Litiges se prononce en première instance, c'est qu'il s'agit d'affaires trop sérieuses pour appliquer la procédure rapide. " Elisabeth Matthys, un des trois avocats de l'Union Belge, admet que Malines a raison sur ce point. Mais pour elle, on ne peut pas vraiment parler de procédure d'urgence. Pourtant, ces termes ont été utilisés par Dirk Thijs, président de la chambre d'appel de la Commission des Litiges. " L'urgence, en sport, c'est un à deux jours ", dit Matthys, faisant référence aux suspensions pour cartes rouges. Le règlement de l'Union Belge ne définit pas effectivement ce qu'est l'urgence. Mais le vrai problème n'est pas là. " Même si nous avions eu plus de temps, nous n'aurions pas pu nous défendre correctement ", dit Everaert. Malines n'a pas eu accès au dossier pénal reprenant notamment les écoutes téléphoniques alors que l'Union Belge a eu accès à 35 pièces sur lesquelles elle base la procédure disciplinaire. Subsidiairement, Everaert remarque aussi que les enregistrements des écoutes téléphoniques ne figurent pas au dossier. Il n'y a que des transcriptions. Everaert pense que, pour l'Union Belge, le sort de Malines et déjà réglé. " C'est pour ça que nous vous demandons de l'aide ", dit-il à la juge des référés. Celle-ci rendra son ordonnance demain, le 23 mai. En attendant, les plaidoiries devant la Chambre d'appel de la Commission des Litiges ont débuté. Thijs a laissé à chacun le temps de s'exprimer. Samedi, le procureur fédéral répliquera. Lundi et mardi, les parties auront une dernière fois la parole. Le professeur Hugo Vandenberghe (77 ans) , ex-sénateur, est un des trois avocats de l'agent Walter Mortelmans, à l'encontre duquel le procureur réclame 3 ans de suspension. Vandenberghe met en doute l'indépendance de la Chambre d'appel de la Commission des Litiges car c'est le Comité Exécutif qui en a nommé les membres. En attendant, les amateurs de football se demandent si les questions de procédure ne prennent pas le pas sur le fond de l'affaire - la corruption présumée -. Heureusement, la procédure disciplinaire évoque celle-ci. L'avocat du Beerschot a ressorti la transcription d'un entretien téléphonique entre Dirk Huyck et Olivier Swolfs, respectivement président et directeur financier de Waasland Beveren. " On y dit que Waasland-Beveren touchera 200.000 euros si Malines se sauve et que Malines pourrait lui laisser les points l'année suivante. " On parle donc aussi de corruption pour la saison suivante. L'avocat de Lokeren évoque un autre entretien entre Huyck et Swolfs. Il rappelle une anecdote parue dans la presse selon laquelle après la victoire de Malines sur Waasland-Beveren (2-0), insuffisante parce que Eupen avait battu Mouscron 4-0, Olivier Somers ( actionnaire principal de Malines) a " donné un coup dans la nuque " de Huyck en lui disant : " Tu n'as pas de couilles, crapule. Les Wallons ont pu s'arranger, eux. " Pour lui, c'est donc clair : " Les choses sont prouvées, comment interpréter cela autrement ? " Plus clair encore, l'appel entre Huyck et Swolfs au lendemain du 2-0. " À une époque où les parties ne savaient pas qu'elles étaient sur écoute, Swolfs dit : Si on avait su, on aurait joué à fond. Et Huyck répond : " On aurait dû aussi, ingrat. " Sur le fond de l'affaire, les éléments accablent Malines et Waasland Beveren mais si la moitié des conversations dévoilées sont fausses ou incomplètes, quels éléments du dossier pénal pourront être convaincants ? Au moment de la mise sous presse de ce magazine, Malines et Waasland Beveren n'avaient pas encore plaidé.