L'attaquant français de Malines Nicolas Verdier (31 ans), loué par Eupen où ses équipiers le trouvaient trop individualiste, a loupé deux grosses occasions à la fin du match contre Waasland-Beveren. S'il les avait transformées, Malines se serait imposé 4-0 et les 16.000 supporters auraient explosé de joie. Mais il n'a pas inscrit le moindre but en six matches et c'était la consternation à l'AFAS Arena au moment du verdict : Malines descend.
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L'attaquant français de Malines Nicolas Verdier (31 ans), loué par Eupen où ses équipiers le trouvaient trop individualiste, a loupé deux grosses occasions à la fin du match contre Waasland-Beveren. S'il les avait transformées, Malines se serait imposé 4-0 et les 16.000 supporters auraient explosé de joie. Mais il n'a pas inscrit le moindre but en six matches et c'était la consternation à l'AFAS Arena au moment du verdict : Malines descend. La légion s'est cependant vite reprise et a entonné You'll never walk alone, applaudissant spontanément les joueurs. " Nous sommes des Kakkers, nous reviendrons ", disaient les fans. Les supporters de Malines ont toutes les raisons d'y croire : en 2003, c'est sous leur impulsion que le club a pu renaître de ses cendres. Quatre ans plus tard, il remontait de D3 en D1. Mark Uytterhoeven, qui était à Bali dimanche dernier, peut de nouveau se préparer à rassembler tout le monde. Les causes du scénario-catastrophe que Malines a connu remontent au début de saison. En période de préparation estivale, le club a été confronté à une série d'incidents qui ont influencé la suite. Mats Rits a été renversé alors qu'il se rendait à l'entraînement à vélo et a été absent pendant quelques semaines ; Ahmed El Messaoudi a été blessé au quadriceps ; Rob Schoofs, le joueur le plus cher de l'histoire du club (Malines a déboursé plus d'un million d'euros pour l'acheter à La Gantoise) manquait de rythme ; Seth De Witte, opéré des adducteurs fin mars, a été victime de complications et Dimitris Kolovos (transféré à titre définitif de l'Olympiacos en mai) était blessé au genou et n'a pu reprendre la compétition qu'en octobre. Les trois premiers cités n'atteindront leur meilleur niveau qu'en janvier. Fin octobre, déjà, le président Johan Timmermans tirait la sonnette d'alarme : " Nous devons absolument prendre des points rapidement ", disait-il, comme s'il avait une boule de cristal. " Sans quoi nous serons les candidats numéro un à la relégation. Je suppose que tout le monde comprend la gravité de la situation et je veux au moins un quatre sur six face à Eupen et Lokeren. " Mais ce fut 0 sur 6 (défaites 4-1 et 0-2) et Malines a compris qu'il devrait vivre avec les conséquences de cette dernière place. Celle-ci tombe au moment où le club change de statut, passant du statut d'ASBL à celui de SA. Pour le club, c'est une bonne chose mais, vu la situation sportive, ça tombe au plus mauvais moment car les décisions sont désormais prises par davantage de personnes, ce qui ne fait qu'augmenter le risque d'erreurs. Les investisseurs locaux Olivier Somers, Dieter Penninckx et Stefaan Vanroy apportent un capital de 7,5 millions d'euros. Début avril, on apprend que l'ancienne tribune d'honneur sera démolie et que la dernière phase de rénovation du stade va être entamée. Dont coût : environ 12 millions. En coulisses, on travaille dur mais on comprend rapidement que les affaires et le football sont deux mondes à part, régis par des règles et des usages différents. Beau parleur, Aleksandar Jankovic a impressionné Somers. Début novembre, il entame son deuxième mandat à Malines. Au cours du mercato d'hiver, il reçoit les renforts réclamés avec le retour de Verdier, l'engagement de Fatos Beqiraj (qui manquait pourtant de condition) et l'arrivée de Fabien Camus (qui n'avait plus joué depuis six mois) en remplacement de Yohan Croizet. Il s'avère cependant qu'avec Jankovic, le club a misé sur le mauvais cheval. Après un 10 sur 30 et cinq défaites consécutives, le Serbe est viré parce qu'il n'a pas l'habitude de lutter pour le maintien et ne supporte plus la mentalité dont son groupe fait preuve. Le directeur sportif, Rik Vande Velde, conseille alors à Vanroy, qui prend de plus en plus de pouvoir aux côtés de Dennis Hendrickx (issu du centre de formation), de contacter Dennis van Wijk pour jouer les pompiers de service. Malgré un calendrier difficile (avec notamment des candidats aux play-offs 1 comme Anderlecht, La Gantoise, le Standard et Charleroi), le Néerlandais engrange 9 points sur 18 mais ce n'est pas suffisant puisque Malines finit par descendre en raison d'une différence de buts moindre. Somers et Vanroy vont à présent devoir se mettre d'accord pour savoir si Van Wijk entraînera encore l'équipe en D1B car ils ne sont pas sur la même longueur d'ondes à ce sujet. Les travaux de démolition et de reconstruction peuvent donc débuter. En raison de la relégation, le budget va diminuer de moitié : il passera de 12 à 6 millions d'euros. De plus, on peut se demander ce que la nouvelle direction va faire avec un noyau trop important et de quels gros contrats (Schoofs, Yacouba Sylla, Beciraj et Germán Mera) elle se débarrassera. " Je pense cependant que nous en sortirons plus forts ", disait Somers la semaine dernière à la presse. " Le 20 décembre, nous avons entamé un nouveau parcours. Nous jouerons toujours devant 10.000 supporters de moyenne, comme l'Antwerp par le passé. Nous allons diminuer les salaires des joueurs. La seule chose que je regrette, c'est que nous allons perdre un an ou quelques années. "